[CRITIQUE] Fushigi no Umi no Nadia ~ Inherit the Blue Water

La série Fushigi no Umi no Nadia a toujours eu une petite place spéciale dans mon coeur, car malgré ses défauts ça reste quand même ma série préférée de la Gainax, et de loin. C’est pour cela que j’avais acheté la version collector du jeu sorti sur PS2, qui contient en fait deux jeux (le deuxième étant surtout une sorte de bonus pour fans purs et durs).
Et même si la majorité des adaptations d’anime en jeu vidéo sont des kusoge, mon « fangirlisme » envers Nadia passe avant. ;p
Il y a eu plusieurs jeux de Nadia dans le passé, plus ou moins réussis; si je ne me trompe pas, il y a eu le jeu d’aventure sur Megadrive, avec une fin assez différente de la série (où l’on apprend entre autre que Gargoyle est le frère jumeau du Capitaine Nemo… whaaaat?); celui sur NES, qui est une sorte de jeu de stratégie; et ceux sur PC Engine (avec son quizz) et PC98, basés eux aussi plus ou moins sur l’histoire originale; sans compter le jeu de mah-jong sorti sur Playstation et reprenant les personnages des différentes séries de la Gainax.
Le jeu sorti sur PS2, surnommé Inherit The Blue Water, est quant à lui une réécriture du scénario de la série; il inclut de nouveaux personnages, dont deux jeunes filles : Sofia Rockfeld, héritière d’une famille américaine très riche et célèbre, et Lazu, à la fois la maid et la garde du corps de cette dernière.

Et comme le disent les japonais, ce jeu, c’est un peu du 原作レイプ (« gensaku-rape »), ce qui se traduit littéralement par « viol de l’oeuvre originale ». C’est-à-dire une trahison pure et simple de l’oeuvre sur laquelle cela se base; voire parfois même un massacre, dans le pire des cas.
Car lorsqu’on lance ce jeu, ce qui choque en premier c’est de s’apercevoir que Fushigi no Umi no Nadia est devenu ici une sorte de visual novel avec des phases de drague à la Sakura Taisen (Jean, un héros de dating sim?), et des séquences de simulation de sous-marin quasiment inutiles. Pour finalement se rendre compte que ceci n’est qu’une première impression, et que le jeu dans sa globalité n’est finalement pas si daubesque que ça. Même si certains points du scénario restent quand même discutables.
La toute première chose qui m’a un peu dérangée, ce sont les deux nouveaux personnages : Sofia donne l’impression de n’être qu’un clone blond d’Asuka, et sa maid Lazu de n’être qu’un personnage issu du fantasme d’un otaku (maid + ponytail + meganekko + silent moe…). En fait, ces deux filles font au départ un peu tache dans le décor, et ne donnent pas du tout l’impression de jouer à un jeu basé sur Nadia.
Heureusement que cette impression s’estompe au fil du jeu, car ces deux personnages ont été parfaitement intégrés au scénario vu leur rôle, mais il faut tout de même un petit temps d’adaptation.

En parlant du scénario, il reprend donc les 39 épisodes de la série, condensés ici en 10 épisodes. Il ne reste donc que l’essentiel, et ils ont eu la très bonne idée de ne pas s’attarder sur la partie avec l’île déserte. Mais autant au départ ça peut aller, autant vers la fin l’histoire semble aller beaucoup trop vite.
Ce que j’ai tout de même apprécié, c’est que non seulement tous les textes du jeu sont doublés par les acteurs originaux, mais qu’en plus ils ont utilisé la bande-son de l’anime ainsi que son générique de début. Ils ont même conservé le format de la série TV, puisqu’on a également droit à l’eye-catch, ainsi qu’au titre de l’épisode et au résumé des épisodes précédents. Sauf qu’ici un « épisode » dure environ une heure, suivant la vitesse à laquelle on fait défiler les textes (vingt minutes si on saute tous les dialogues).
Pour le jeu en lui-même, on se retrouve donc dans la peau de Jean; à la manière visual novel, on doit engloutir une bonne quantité de texte non négligeable, avec quelques petits choix par-ci par-là pour pouvoir se diriger vers une fin liée à un personnage (même si pour la première partie, quoi que l’on fasse on finit obligatoirement avec Nadia, ce qui correspond à la fin de l’anime). Là où ça ressemble à du Sakura Taisen, à part le format très « épisode TV », c’est le fait que lorsque l’on doit répondre à une question, le temps est limité (seulement quelques secondes).

A noter qu’il y a également des petites phases jouables en sous-marin, où l’on doit diriger le Nautilus. Ces phases sont tellement simples (et pénibles :x), que je me demande vraiment quelle est leur utilité, vu qu’il s’agit seulement de diriger le Nautilus vers un point donné de la carte, tout en évitant au passage les sous-marins ennemis et autres mines.
Qu’ajouter de plus, si ce n’est qu’il semble y avoir une fin avec à priori chaque personnage féminin du jeu, même si pour le moment je n’ai obtenu que les plus faciles : celles de Nadia, de Marie et de Sofia. Le scénario réserve tout de même bien des surprises, avec des rebondissements et autres retournements de situation très tirés par les cheveux et qui feront bondir les puristes.
Car ce jeu s’adresse tout de même aux gros fans de la série, mais au final c’est plus à prendre comme une version alternative de l’histoire originale, et rien d’autre.

En fin de compte, j’ai tout de même bien plus aimé ce Inherit the Blue Water que ce que je n’aurais imaginé. Ne serait-ce que parce qu’après un début qui laisse un peu dubitatif, on retrouve vite ses marques (les musiques, les personnages… j’ai envie de me refaire la série, tiens). Et puis redécouvrir l’histoire sous un autre angle, c’est assez intéressant, même si c’est parfois du gros n’importe quoi. D’ailleurs, l’histoire de ce jeu est telle que ça méritait bien ça, pour finir :
***
Bonus – Les moments les plus WTF (spoilers inside) :

Gendou, mais que fais-tu là?

On apprend au cours du jeu qu’en fait Sofia n’est pas humaine, qu’elle est une sorte de clone d’un membre de la famille royale de l’ancienne Atlantide, et qu’elle a une pierre bleue à la place du coeur (similaire à celle de Nadia), qui lui permet d’ailleurs de vivre. Mais où vont-ils chercher tout ça?

Et Lazu, la bonniche de Sofia, n’était en fait qu’une espionne à la solde de Gargoyle (enfin bon, ce n’est pas comme si on ne le sentait pas venir, non plus), mais qui finalement trahira ce dernier en se sacrifiant pour Sofia.

な、な、なんですて??? ゚д゚
Parmi les fins du jeu, on peut en obtenir une où Jean finit avec Marie. Entre temps, Nadia s’est barrée aux Etats-Unis pour se marier avec un inconnu, et Grandis, Sanson et Hanson décident de former un trio de détectives. C’est assez… déconcertant.

Pour terminer, un petit mot sur le « Miss Nautilus Contest », le deuxième jeu que l’on peut trouver avec l’édition collector : je ne l’ai essayé que quelques minutes, et il s’agit donc simplement d’un quizz; les questions sont parfois assez difficiles car elles portent sur un point bien précis de l’anime (« quelle est la vitesse en noeud de la Red Noah? »). En tout cas, en répondant bien, on peut donc faire gagner des costumes aux personnages de la série.
L’intérêt est assez limité, à part pour ceux qui voudraient tester leurs connaissances sur la série et voir leur personnage préféré faire du cosplay… mais ça reste quand même un fan disc bien sympa.
12 commentaires
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Par Bruno76, 19 août 2008 @ 8 h 03 min
Je ne connaissais pas du tout ces jeux ! Merci pour cette description détaillée ;)
Par Amana, 19 août 2008 @ 10 h 30 min
Il va falloir que je me refasse la série moi-aussi tient!
Sinon un vrai WTF pour la dernière fin que tu nous présentes!
Un jeu qui vaut quand même le détour alors…
Juste pour ce nouveau scénario…..
Par Zechs Marquise, 19 août 2008 @ 12 h 52 min
En bref le principal intérêt c’est les dessins de Sadamoto.
Par contre je pensais pas que tu préférais Nadia à Gurren Lagann ^^.
Par Exelen, 19 août 2008 @ 14 h 32 min
Amana >> il faudrait que je fasse un de ces quatre la fin des autres personnages, je suis sûre que ça doit être tout aussi WTF (je serai curieuse de voir la fin Jean x Electra, il faudrait que j’essaye de l’avoir, si c’est possible o_O).
Zechs Marquise >> oui, je préfère largement Nadia à Gurren Lagann. Sûrement à cause de la nostalgie, et puis c’est l’une des rares séries qui m’ai fait pleurer comme une madeleine lors de ses deux derniers épisodes.
Par Amana, 19 août 2008 @ 18 h 15 min
ah! ah! C’est sur que come fin, ça aussi ça doit être bien choquant!
Sinon pour le perso’ de Sofia, malgrés son chara’design pas si moche (bien que trop déjà vu: ‘tsundere’ à couettes?), elle a pas l’air folichonne…. (1_l)’
Je me trompe?
Par Exelen, 19 août 2008 @ 19 h 03 min
Amana >> Sofia? Je n’ai détesté le perso, mais pas aimé non plus. Elle est trop tsundere pour moi, et puis ses fréquentes prises de bec avec Nadia étaient aussi un peu lourdes. Heureusement qu’elle s’arrange vers la fin du jeu, lorsqu’elle apprend qui elle est réellement. Sinon, c’est sûr qu’elle n’est vraiment pas originale.
Par Nemolecapitaine, 19 août 2008 @ 19 h 44 min
« Parmi les fins du jeu, on peut en obtenir une où Jean finit avec Marie »
W…..T…… F? o_O
Par AxelTerizaki, 20 août 2008 @ 11 h 19 min
A meido in my Nadia? OMH! :D
Par vidok, 20 août 2008 @ 13 h 28 min
Encore une fois, voici un jeu dont je ne connaissais que l’existence et le nom. Ça a l’air tout de même sympa à faire. ^^
Par lax, 20 août 2008 @ 20 h 52 min
La dernière fin mérite un WTF épique ! Vraiment tordus les jap des fois ^^ »
Par Kao-chan, 21 août 2008 @ 0 h 50 min
mais qu’est-ce qu’ils osent faire… +___=
Par G4tsu, 28 août 2008 @ 14 h 57 min
« Sauf qu’ici un « épisode » dure environ une heure, suivant la vitesse à laquelle on fait défiler les textes (vingt minutes si on saute tous les dialogues). » ou un peu moins de 3h si votre Japonais est un peu faiblard :’(