[COUP DE COEUR] Romeo no Aoi Sora

En cette période de fin d’année, et en attendant les autres bilans de 2009, petit retour dans le temps avec ce classique de l’animation japonaise que je viens de finir de regarder récemment. Et pour lequel j’ai vraiment eu un énorme coup de cœur. :3
Romeo no Aoi Sora, le Ciel Bleu de Roméo en bon français, a débarqué à la télévision japonaise en 1995. Cette série de 33 épisodes inédite en France fait partie des fameuses World Masterpiece Theater de la Nippon Animation, et ça faisait des années qu’elle me tentait : non seulement j’ai toujours été fan de son générique de début, mais en plus j’en entendais très souvent parler en bien. Et comme tous les World Masterpiece Theater, Romeo no Aoi Sora est une adaptation de roman de jeunesse (basé cette fois-ci sur une histoire vraie), dont je reparlerai plus en détail un peu plus bas à cause de ses grandes différences.
Alors, de quoi il en retourne exactement ?

Romeo no Aoi Sora, c’est l’histoire d’un jeune orphelin, Roméo, élevé par une famille de modestes paysans, dans un petit village d’Italie. Garçon turbulent mais courageux, il vit une vie tranquille et insouciante avec son amie d’enfance Anita, jusqu’au jour où tout bascule avec l’arrivée dans le village d’un homme sinistre tout habillé de noir, Luini. Surnommé le Dieu de la Mort, de nombreuses rumeurs courent sur lui, notamment le fait qu’il enlèverait des enfants pour les revendre.
Le destin de Roméo prendra un tout autre tournant le jour où son père croisera le chemin de cet homme en noir : ce dernier lui propose en effet de racheter son fils. Considérant Roméo comme son propre enfant, il refuse, clamant que même en tombant dans l’extrême pauvreté (la sécheresse a durement frappé ses champs), jamais il ne commettrait un acte aussi bas. Mais Luini décide de « tester » à sa manière le poids de ces paroles : il met le feu au dernier champ encore intact du pauvre paysan, qui se retrouve du jour au lendemain complètement ruiné. Blessé dans cet incident, le père de Roméo refuse toujours de vendre son fils.

Le destin s’acharnant sur son sort, il finit par tomber malade des suites de l’incident, mais le problème est que la famille de Roméo n’a pas l’argent nécessaire pour pouvoir se payer un médecin… C’est sans compter l’esprit de sacrifice de Roméo qui, après avoir eu vent des rumeurs concernant l’homme en noir, décide d’aller le voir afin de se vendre de lui-même : grâce à cet argent, il pourra sauver son père.
C’est ainsi que Roméo doit quitter son village afin de rejoindre Milan, où il y exercera le dur métier de ramoneur. Bien entendu, il ne travaillera que six mois, et Luini lui promit qu’il pourra ensuite rentrer dans son village. En chemin, il rencontrera le mystérieux Alfredo, lui aussi voué au même destin, et avec qui il jurera une amitié éternelle. Mais ce que Roméo et Alfredo ne savent pas encore, c’est que beaucoup d’enfants devenus ramoneurs ne reviennent pas chez eux…
Tous les deux devenus ramoneurs par la force des choses, une fois à Milan ils seront vendus à des « maîtres », dont ils seront les apprentis : Roméo se retrouvera avec Marcello Rossi, un homme au caractère faible qui se laisse mener par sa femme, tandis que Alfredo aura le malheur de se retrouver avec un maître ivrogne qui ne pense qu’à utiliser le peu d’argent qu’il lui reste dans la boisson, et qui le battra souvent.

Romeo no Aoi Sora, c’est avant tout un anime sur l’amitié. L’amitié pure et sincère entre les deux personnages principaux, Roméo et Alfredo, sans ces nombreux sous-entendus douteux qui peuplent malheureusement certaines séries. C’est également un anime sur la solidarité : à Milan, Roméo formera un groupe avec les autres enfants ramoneurs, et se feront appeler les Frères Noirs, en référence à leur visage constamment couvert de suie. Ils seront constamment opposés à un autre groupe d’enfants, le Gang des Loups, et une bonne portion de l’anime traitera de la rivalité entre les deux groupes.
De nombreux personnages viennent se greffer à l’intrigue, l’un des plus importants dans la première partie de l’anime étant Angeletta, jeune fille malade habitant sous le toit de Rossi, et ne pouvant sortir de sa chambre. Elle deviendra la meilleure confidente de Roméo et lui apprendra même à lire et à écrire, ce dernier lui ayant par ailleurs promis de lui montrer un jour la beauté et l’immensité du ciel bleu, révélation qu’il a eue la première fois qu’il a grimpé au sommet des cheminées de Milan (d’où le titre japonais de la série).
La suite de l’histoire se centre davantage sur le passé de Alfredo et sa sœur, Bianca, et ce jusqu’à l’arrivée d’un certain événement plutôt tragique…
J’ai en tout cas rarement trouvé une série de la Nippon Animation aussi « violente », ce qui m’aura un peu surprise, même si l’anime a été vraiment édulcoré par rapport à l’histoire d’origine. Mais heureusement, cela ne verse pas non plus dans le mélodrame à la Princesse Sarah.
L’anime se centre donc plus sur le thème de l’amitié. Ce qui n’est pas le cas du roman original, du moins je ne l’ai pas autant ressenti en le lisant. Le roman original de Liza Tetzner et son mari Kurt Held, « Die schwarzen Brüder », est d’ailleurs sorti en France sous le titre « Les Frères Noirs« .

Le roman est assez différent : il fait déjà plus figure de documentaire, étant donné que l’histoire y est dépeinte de façon bien plus réaliste et brutale, et n’a pas ce côté parfois « conte de fée » qui ressort de certaines séries issues des World Master Piece Theater (Angeletta n’est plus la petite-fille d’une riche comtesse, mais est l’enfant illégitime du patron de Roméo), en mettant bien plus en avant la maltraitance et la misère de la vie de tous les jours de ces enfants. Mais la première chose surprenante dans le roman est que Roméo s’appelle Giorgio ; le début est légèrement différent, car Luini ne met pas le feu au champ du père du héros, et les événements majeurs de l’histoire se retrouvent bien plus vite expediés.
Certains personnages présents dans l’anime n’existent pas (comme Nikita), tandis que d’autres n’ont plus la même histoire. Même Bianca, la soeur de Alfredo, ne se manifeste pas dans le roman : Alfredo demande seulement à Romeo de partir à sa recherche et de prendre soin d’elle.
Pour en revenir à l’anime, son nombre d’épisodes peut paraître un peu surprenant : 33, au lieu des habituels 26 ou encore 52 épisodes. La raison est que sa diffusion fut assez chaotique, et est tombée en plein pendant la retransmission de la coupe du monde de volley-ball. La série suivante des World Master Piece étant déjà programmée pour janvier, impossible de rallonger davantage la série, qui devait originellement compter 39 épisodes. De plus, Romeo no Aoi Sora connut une audience assez faible, et sa popularité ne vint finalement que plus tard.
Elle n’est d’ailleurs toujours pas oubliée au Japon : en 2005, un petit événement dédié aux dix ans de la série, 10~Dieci~, réussit tout de même à rassembler quelques centaines fans, et en mars 2009 une comédie musicale vit même le jour.
Techniquement, la série est plutôt jolie, et comme toutes les séries de la Nippon Animation avec Satou Yoshiharu au chara-design, elle rappelle légèrement les productions du Studio Ghibli. Et pour la petite anecdote, le personnage de Roméo est basé sur une photo prise par Miyazaki et Takahata d’un garçon suisse, lorsqu’ils faisaient des recherches pour l’anime de Heidi.
Une autre chose qui m’aura marquée sont également les musiques de Wakakusa Kei, qui s’était également occupé entre autre de la bande-son de Hikaru no Go et de la version japonaise de Ulysse 31.
Au final, Romeo no Aoi Sora restera pour moi une belle histoire d’amitié : j’ai beaucoup aimé suivre cette série tout au long de ses épisodes, ne serait-ce que pour ses personnages attachants et intéressants, ainsi que l’émotion qui en ressort. Merci à la Nippon Animation pour cet anime qui m’aura fait passer un très bon moment. 

Sources :
- Romeo’s Blue Skies, par Charles Mc Carter
- Le destin tragique des petits ramoneurs tessinois
- Wikipedia japonais.
- Fanarts : Pixiv, Tendertown.
18 commentaires
Autres liens vers ce billet
Fil des commentaires de ce billet - URL de rétrolien








Par asmodeal, 28 décembre 2009 @ 10 h 20 min
Même si tu le décris très bien, je ne pense pas pouvoir regarder un anime avec des enfants maltraités. Je pense qu’on est des générations à avoir été traumatisés par des épisodes de séries dont on ne voyait jamais le bout et dont on se demandait si le héro ou l’héroïne principale allait jamais surmonter l’horreur de leur condition présente.
D’un autre côté je dirais que ça manque, c’est peut être aussi parce qu’il n’y a plus trop ce genre d’anime que les productions récentes semblent avoir un peu perdu en intensité dramatique.
Ce qui serait très fort ça serait de retrouver le garçon suisse.
Par NiKi, 28 décembre 2009 @ 10 h 39 min
Hmmm, j’ai beau avoir vu plusieurs anime du World Master Piece Theater, je ne connaisais pas l’existence en soi de cette série d’anime, il y a quelques titres qui pourraient m’intéresser dedans tiens.
Par Rukawa, 28 décembre 2009 @ 13 h 31 min
disons que le probleme du Ciel Bleu de Rome c’est qu’il date de 1995 et fait parti des derniers sekai meisaku avant le renewal en 2007 avec Re Mizeraburu.
l’avant dernier il me semble, juste avant Remi sans famille version fille. Autant Tico a pu passer celui ci c’est un peu trop tard.
Par contre, il a été fansubbé assez rapidement par les ricains, vers 2003 je crois.
sinon le dernier sekai meisaku a avoir durée environ 50 ep a été 4 filles du dr March. Les sekai meisaku suivant ont tous fait environ 40 épisodes. et Remi a fait 26 …
Par Gemini, 28 décembre 2009 @ 13 h 49 min
Comme Amodeal, j’ai été trop marqué par des séries comme Rémi sans Famille ou Princesse Sarah pour donner sa chance à ce genre d’animes sur des orphelins, à part peut-être Marco :/
Par Exelen, 28 décembre 2009 @ 18 h 46 min
asmodeal > j’aime beaucoup les anime dramatiques, c’est peut-être pour ca d’ailleurs que j’ai adoré cette année des titres comme Tokyo Magnitude 8.0. Et que je me fais aussi en ce moment le drama de Princesse Sarah. xD
Rukawa > il y a eu aussi l’anime de Lassie, entre Romeo no Aoi Sora et Ie naki ko Remi.
Les 26 (23 ?) épisodes de Ie naki ko Remi ne m’étonne pas, il parait que ce n’était pas vraiment super non plus. J’aimerais bien voir la série par curiosité et pour la comparer avec la version de la TMS, tiens. ^^;
Gemini > il parait que Marco c’est encore plus larmoyant, j’en connais des générations d’espagnols qui ont été traumatisés par cette série. ^_^’ D’ailleurs ca me fait penser que je n’ai pas vu le film remake de 1999, et celui de Flanders no Inu non plus.
Par The Drig Overmind, 29 décembre 2009 @ 12 h 17 min
« L’amitié pure et sincère entre les deux personnages principaux, Roméo et Alfredo, sans ces nombreux sous-entendus douteux qui peuplent malheureusement certaines séries »
Mais … comment elles vont faire les fangirls pour les doujin Yaoi s’il n’y a pas de sous-entendus ??? xD xD
Sinon, ça a l’air bien comme anime, un peu comme tous les World Masterpiece Theater en fait :P
C’est dommage que les ondes hertziennes et le câble ne passent plus ces animes, se contentant des gros succès commerciaux que sont les adaptations de Jump Comics et autres …
Par Go, 5 janvier 2010 @ 22 h 14 min
J’adore cette série!!! Je suis contente que quelqu’un d’autre l’ai aimé comme moi!
C’est vraiment fantastique!!! J’ai complètement accrochée!
Cependant petite correction: la série est basée sur un roman de Lisa Tetzner. Une histoire fictive donc et non pas une histoire vraie! Ce qui est vrai, c’est le contexte historique.
Enfin, c’était mon petit grain de sel ^^
Par Exelen, 7 janvier 2010 @ 4 h 16 min
Go > merci pour la precision ! Car j’avais cru comprendre que ca s’inspirait d’une histoire vraie, c’est donc seulement de faits reels. ^^
En tout cas ca fait plaisir de voir d’autres fans par ici, parce que je me sentais un peu seule. ;-)
Par Go, 7 janvier 2010 @ 19 h 09 min
De rien Exelen ;-)
J’avais fait un AMV sur cette série si tu veux y jeter un coup d’oeil: http://www.youtube.com/watch?v=YnlR3kOa1ks
Et pour Nikita, je ne sais pas si tu as eu la chance de mettre la main sur le roman original mais son personnage est basé sur celui qui était appelé « Le chat » dans le roman. On arrêtait pas de le décrire comme un garçon « aux manières efféminés » sinon, les 2 persos sont complètement différents.
Sinon j’avoue que l’histoire de la pauvre Angeletta est beaucoup plus triste dans le roman que dans l’anime où tout finit bien pour elle!
Par contre, Anselmo, l’infâme fils des Rossi à été super bien dépeint. Arf, on a envie de lui mettre une baffe!
En-tout-cas, encore merci pour ce billet :-)
Par Exelen, 7 janvier 2010 @ 22 h 39 min
Go > oui, j’avais lu le roman en parallele avec l’anime. C’est clair que la pauvre Angeletta a eu un bien meilleur destin dans l’anime… En revanche pour Nikita je ne savait pas d’ou venait l’inspiration de ce personnage ! Il faudrait que je relise le roman. :)
Par Go, 12 janvier 2010 @ 0 h 41 min
ah oui et pour le changement de nom de Romeo à Giorgio la raison est que Giorgio était trop difficile à prononcer pour les japonais ^^
d’ailleurs dans le dernier épisode, il y a un petit « clin d’oeil » au prénom original lorsque Roméo écrit « Giorgio » sur l’ardoise d’un élève ;-)
Par Exelen, 12 janvier 2010 @ 23 h 18 min
« Giorgio était trop difficile à prononcer pour les japonais »
En effet, ca je peux comprendre. xD
Et j’avais vu pour le clin d’oeil dans le dernier episode, ca m’a fait sourire. :)
Par Nina, 3 janvier 2011 @ 17 h 54 min
Je suis tellement heureuse de savoir qu’il y a toujours des fans d’animes de mon enfance!! En effet quand je sortais de l’école à 17h on couraient moi et ma soeur ainée pour regarder roméo et rémi sans famille la version fille! j’adorais il y a quatre ans ça été encore diffusé sur une chaine et comme toujours j’ai pleurer des flots de larmes pendant le dernier épisode! :)
Par Rukawa, 3 janvier 2011 @ 21 h 40 min
Euh Nina ? Tu habitais où ? Ce sont des anime inédits en France Ie no naki Remi et Romeo no Aozora.
Par Ichikyo, 4 janvier 2011 @ 2 h 47 min
Remi sans famille, inédit en France?
J’ai loupé un épisode ou?
Par Exelen, 4 janvier 2011 @ 10 h 08 min
(ce remontage de topic, omg xD)
Heu oui, Romeo no Aoi Sora et Remi Sans Famille (version fille) sont inédits en France, donc je me pose la même question que Rukawa. o_O
Par Rukawa, 4 janvier 2011 @ 14 h 36 min
Remi sans famille version 80′s par Dezaki s’appelle « Ie Naki Ko » tout court, alors que la version 90′s des sekai meisaku s’appelle « Ie Naki Ko Remi »
Par Ichikyo, 6 janvier 2011 @ 1 h 35 min
Ah ouais ok merci pour l’info
Donc j’ai une autre version de Remi Sans famille à regarder… J’espere qu’il y aura pas de troisieme version des misérables ou je vais faire un blocage de tête…