htoL#NiQ – Hotaru no Nikki – Le journal d’une luciole

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Le 31 décembre 9999. Dans un monde complètement désolé, au plus profond de ruines abandonnées, se réveille une petite fille amnésique dotée de cornes : Mion. Quel est cet endroit ? Que fait-elle ici ? Complètement perdue et déboussolée, elle ne doit son salut qu’à une mystérieuse luciole qui décide de l’accompagner afin de la guider jusqu’au monde extérieur.

C’est sur ce très simple scénario de base que démarre Hotaru no Nikki, le dernier titre en date de Nippon Ichi Software sorti il y a quelques jours au Japon sur PS Vita. Volontairement différent de ce que propose habituellement le studio, Hotaru no Nikki est en fait le deuxième jeu vidéo du projet New Brand, une récente initiative de leur part et dont le but est de proposer des titres qui se démarqueraient par leur originalité. Le premier jeu réalisé sous ce nouveau « label » fut par ailleurs le visual novel Harem Tengoku da to omottara Yandere Jigoku datta, sorti en avril dernier sur PS3.

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Hey ! Listen !

Hotaru no Nikki est un jeu de plateforme-aventure-réflexion qui possède une atmosphère à la fois unique et captivante. Très sobre dans sa présentation, il ne contient pas une seule ligne de texte et de dialogue en dehors des quelques secondes que dure le tutoriel, ce qui n’empêche absolument pas de s’attacher à la petite Mion et d’avoir envie de la protéger des nombreux pièges qui la guettent. Car sous ses airs de livre d’images pour enfants mignon tout plein se cache en fait un jeu plutôt morbide qui devient de plus en plus perturbant au fur et à mesure de sa progression. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il est classé CERO D (déconseillé aux moins de 17 ans) au Japon.

Ce côté à la fois mignon mais glauque se retrouve dans certains jeux du même genre tout aussi minimalistes dans leur expression, notamment Limbo, bien que certains éléments de Hotaru no Nikki puissent également rappeler Dokuro ou encore ICO.

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Le joueur incarne via l’écran tactile de la Vita la luciole qui guidera Mion tout au long du jeu. Ou plutôt les lucioles, qui sont au nombre de deux : la luciole de lumière, celle qui permet de faire avancer Mion en lui indiquant où se rendre, et qui peut également lui donner certains ordres (attendre, pousser un objet, monter sur une caisse…) ; et enfin la luciole de l’ombre, celle qui permet comme son nom l’indique de basculer dans le « monde des ombres » et d’interagir avec des objets qui ne sont normalement pas accessibles.

Manipuler les éléments du décor dans le « monde des ombres » ne dépaysera pas du tout ceux qui ont déjà joué à Ghost Trick sur Nintendo DS, car il s’agit exactement du même principe que le mode fantôme de ce dernier. Le point de départ de la luciole de l’ombre est le corps de Mion, et pour se rendre à certains endroits il faudra donc la déplacer à travers les objets et les éléments du décor, sachant que cette luciole ne peut être guidée que dans les zones d’ombre. Si au départ les énigmes à résoudre avec la luciole de l’ombre sont assez simples, il faudra par la suite trouver le bon timing pour faire par exemple coïncider l’ombre de Mion avec une plateforme mouvante afin d’atteindre un interrupteur qui semble inaccessible.

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Au niveau des contrôles, le jeu peut se jouer de deux manières, interchangeables dans le menu. Il y a la première option, celle de base, où l’écran tactile sert à contrôler la luciole de lumière et le pavé tactile arrière permet de passer dans le monde des ombres. J’ai fait les premières heures du jeu avec ces contrôles mais le problème est que suivant la manière dont on tient sa Vita il est possible de déclencher le « mode ombre » sans faire exprès, surtout si on tient un peu trop fermement sa console. Inversement, il m’est également arrivée plusieurs fois de tapoter le pavé tactile arrière sans réussir à déclencher ce mode.

Il existe heureusement une deuxième option qui permet donc de désactiver le pavé tactile arrière et d’utiliser uniquement l’écran tactile : dans ce cas-là le monde des ombres est accessible via une icône violette en haut à droite de l’écran qu’il suffit simplement de toucher. J’ai de mon côté trouvé que ce mode facilitait grandement la vie et je n’ai plus vraiment eu de soucis au niveau des contrôles par la suite.

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A noter aussi que malgré tout ce côté tactile, le jeu est compatible avec la Vita TV : il suffit d’activer la fonction tactile de sa manette PS3, les boutons L3 et R3 faisant respectivement apparaître un curseur qui remplace l’écran tactile et un autre pour le pavé tactile arrière. J’ai essayé de jouer ainsi quelques dizaines de minutes, mais j’ai trouvé ça beaucoup plus difficile à gérer lors de certains phases qui demandent une grande précision et un bon timing, notamment dans les labyrinthes.

Parlons donc justement de ces labyrinthes, un grand moment de frustration intense : il n’y en a que deux dans tout le jeu mais ce sont probablement les passages où je suis morte le plus de fois. Ces labyrinthes sont donc de courtes phases où le joueur guide uniquement la petite luciole à travers des passages très étroits afin de pouvoir rejoindre Mion. Non seulement l’écran défile automatiquement et la luciole meurt au moindre contact avec le mur, mais en plus il faut impérativement la guider avec son doigt : le problème est que dans ce cas-là le doigt cache justement la luciole ainsi qu’une partie de l’écran, et il est donc difficile de la guider ainsi jusqu’à la sortie.

Et pour ajouter un peu de piment à tout cela, les développeurs ont eu la « bonne idée » de faire apparaître à un moment une barre électrifiée qui défile de haut en bas et qu’il faudra donc également éviter, en plus de faire attention à ne pas entrer en contact avec le moindre rebord du mur. C’est d’ailleurs durant ce passage que je me suis dit qu’il est dommage que la Vita n’ait pas de stylet.

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Prepare to Die

Hotaru no Nikki est un jeu difficile où on passe son temps à mourir. Beaucoup. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’un Trophée se débloque après être mort dix fois, et un autre après cent fois.

Avant même sa sortie ses concepteurs avaient précisé qu’il s’agissait d’un 死にゲー, littéralement un jeu où on meurt, ce qui correspondrait au terme anglais de « die and retry ». C’est-à-dire un jeu où le joueur doit mourir pour avancer, car il est difficile voire même impossible de savoir à l’avance ce que la plupart des pièges réservent. Que ce soit avec les éléments du décor ou encore le moindre contact avec les ombres vivantes qui parsèment certains niveaux, Mion risque donc de très souvent mourir. J’ai eu de la peine pour cette pauvre petite héroïne qui aura bien connu des morts toutes plus abominables les unes que les autres tout au long de ma partie.

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Si le jeu est difficile il n’y a toutefois rien de bien insurmontable avec un minimum de patience (mis à part peut-être le boss de fin, assez frustrant car différent de ce que proposait le jeu jusque-là), d’autant plus qu’il sauvegarde automatiquement assez souvent après les passages les plus difficiles. Il y aura juste certains moments où j’ai un peu eu le sentiment d’avoir été trollée par les développeurs, notamment lors du combat contre le boss du second chapitre au moment où je pensais l’avoir vaincu, ainsi que d’autres passages assez vicieux et tordus qui m’auront fait sourire sur le coup.

Dommage toutefois qu’il n’y ait pas de compteur une fois le jeu terminé pour voir combien de fois Mion a perdu la vie ; de mon côté je pense être morte au total au moins 300 ou 400 fois durant tout le jeu, sachant que j’ai obtenu le Trophée pour être morte 100 fois à la fin du second chapitre durant le combat contre le boss.

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Firefly’s Diary

Hotaru no Nikki possède une durée de vie correcte pour ce style de jeu : divisé en quatre chapitres pour l’aventure principale, j’ai de mon côté mis une dizaine d’heures pour en voir le bout. Il possède également un chapitre secret permettant d’obtenir la « true ending », mais pour le débloquer il faut ramasser tous les souvenirs de Mion.

Tout au long du jeu sont donc dispersés 12 souvenirs, représentés par une plante rose lumineuse avec laquelle il faut simplement entrer en contact, un 13ème souvenir se débloquant d’ailleurs une fois le jeu terminé. Entièrement jouables et graphiquement différents du reste du jeu avec une vue en 3D isométrique, il faudra exécuter une certaine action ou parfois attendre sans rien faire pour en sortir.

Ces souvenirs contiennent également des éléments-clés du scénario et permettent de mieux comprendre tout le mystère qui entoure le passé de Mion, bien que de nombreux aspects de l’histoire restent suffisamment vagues pour pouvoir être interprétés différemment suivant les joueurs. Car il n’y a absolument rien d’explicité ici au niveau de l’intrigue étant donné qu’il n’y a aucune narration, et c’est donc au joueur de trouver réponse à ses questions en rassemblant les souvenirs de Mion, ces derniers formant en quelque sorte un immense puzzle. Même les trailers officiels donnent plus d’informations sur l’univers du jeu et nous permettent d’apprendre qu’une guerre aurait ravagé le monde, ce que l’on peut vaguement deviner durant certains souvenirs en examinant la télévision, où l’image d’un champignon atomique est diffusée sur l’écran.

Je n’en dirai pas plus, mais j’ai trouvé que même au niveau du scénario le jeu aura bien mérité son CERO D tellement certains souvenirs de Mion sont très perturbants.

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Pour résumer très brièvement : tu aimes les jeux où le joueur n’est pas pris par la main, où il faut faire preuve de beaucoup de patience, où il faut obligatoirement mourir pour avancer, où l’histoire n’est pas servie sur un plateau et où c’est également au joueur de rassembler les fragments du scénario ? Alors Hotaru no Nikki est fait pour toi. Sinon, évite-le, parce que ta Vita risque de passer par la fenêtre.

Personnellement j’ai vraiment beaucoup aimé ce jeu même si je l’ai souvent trouvé très frustrant, mais c’est en grande partie grâce à son atmosphère et son ambiance assez particulières ainsi que son style graphique mignon comme tout qui tranche avec le côté morbide et malsain. Et puis on s’attache très vite à cette pauvre petite Mion, que l’on veut à tout prix protéger et guider sans encombre jusqu’au monde extérieur.

A noter pour finir que le jeu est sorti sur le PlayStation Store japonais mais qu’il est également disponible sous forme physique via une édition collector à tirage limité et dont le prix s’est déjà envolé un peu partout sur les boutiques du net.

 

Liens complémentaires :
– screenshots pris tout au long du jeu (attention aux spoilers)
– site officiel

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3 réactions à htoL#NiQ – Hotaru no Nikki – Le journal d’une luciole

  1. Pingback:htoL#NiQ : The Firefly Diary (PS Vita) sortira cet Automne en Europe ! - Les chroniques d'OtaXou

  2. Floya a écrit:

    Un jeu qui m’a l’air bien sympa ! Je n’ai pas de vita mais faudrait que j’y songe.

  3. ps4secrets.com a écrit:

    merci pour cet article, je fonce tout de suite ^^

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