Cette semaine aura vraiment été une semaine spéciale cinéma, car après avoir vu le film de Fate/stay night ainsi que le premier de Higashi no Eden (pas de critique pour celui-là, en revanche), ce fut donc au tour du film de Haruhi Suzumiya, Suzumiya Haruhi no Shoushitsu. Appelé également « The Disappearance of Haruhi Suzumiya », de son titre officiel en anglais.

Le film est donc sorti ce samedi 6 février 2010 au Japon ; je voulais au départ aller à la toute première séance, celle de 8 heures du matin à Ikebukuro, où les places étaient un peu plus chères mais où on avait droit à des goodies en cadeau, avec également la présence des seiyuu et une partie du staff de la série. Mais les billets étaient bien entendu en nombre limités, et ils avaient déjà tous été vendus lorsqu’ils avaient été mis en vente la semaine dernière, et ce au bout de même pas une heure. Tant pis.

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Les goodies en édition limitée offerts lors de la 1ère séance.

Parlons un peu du public venu voir ce film, au passages : dans le cinéma où je me suis rendue (à Kawasaki), quelques personnes étaient venues pour l’occasion avec des sacs « Haruhiism » et des t-shirts de l’anime. J’étais quand même surprise de voir quelques enfants et de jeunes adolescents accompagnés de leurs parents, surtout pour une série censée être destinée à un public un brin otaku et diffusée le soir vers minuit, d’autant plus qu’il y avait presque autant de filles que de garçons. Cela change de la séance de cinéma de Fate/stay night, où le public était au moins composé à 99 % d’hommes de plus d’une vingtaine d’années (et on ne se demandera pas pourquoi !).

Mais passons au plus important : que dire sur le film en lui-même ? Déjà, je ne savais pas du tout de quoi cela allait parler, mis à part de la « disparition » de l’héroïne. Et oui, car je n’ai jamais voulu lire le roman, préférant avoir le plaisir de la découverte et de la surprise en regardant le film.

Et maintenant que je l’ai regardé, j’ai enfin compris trois choses : pourquoi il y a autant de « Yukiistes » ; pourquoi cette partie du roman d’origine est souvent considérée comme étant la meilleure ; et enfin, pourquoi certains fans avaient été vraiment dégoûtés de l’arc Endless Eight, car à la place on aurait effectivement pu avoir tout un arc dédié à Suzumiya Haruhi no Shoushitsu.

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Dans ce film, Haruhi « disparaît » du jour au lendemain, et c’est le monde de Kyon qui se voit complètement chamboulé : une certaine personne qui ne devrait pas être là est présente dans son lycée, d’autres ont disparu, ses amis d’autrefois ne le connaissent plus… Mais surtout, plus personne ne se souvient d’une fille appelée « Haruhi ». On se retrouve donc dans un monde où la brigade SOS n’aurait jamais été formée, un monde où Mikuru, Yuki et Itsuki sont des personnes tout à fait ordinaires : c’est un Kyon complètement désemparé qui essaye de comprendre ce qui se passe, et de tout faire pour que tout redevienne comme avant.

En terme d’ambiance, le film est une sorte de melting pot de la série, reprenant à la fois ses aspects comiques et dramatiques. Avec pour la première fois un Kyon qui est à la limite du pétage de câble, jusqu’à s’en prendre à tout le monde dans sa classe lorsqu’il se rend compte que plus personne ne connaît Haruhi : cela change de son caractère habituellement stoïque.

Lorsque Kyon finit par comprendre que plus rien ne tourne rond, l’une des première personnes à laquelle il pense pour trouver de l’aide est… Yuki.

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Yuki est en quelque sorte ici la véritable héroïne du film, et autour de laquelle gravite le scénario. Mais pas que ça. Car Kyoto Animation a pensé à tout pour caresser le fan dans le sens du poil : chaque scène où apparaît Yuki semble être là pour que l’on s’attache encore plus à elle. Un peu comme s’ils avaient insufflé une bonne grosse dose de moe à ce personnage, ce que certains risquent d’ailleurs ne vraiment pas apprécier. On a donc là une Yuki vraiment adorable comme tout, qui passe un peu trop son temps à rougir, mais qui réussira certainement à captiver le spectateur. Et j’avoue, ce fut mon cas à la fin de ce film.

Même si l’aspect comique est présent avec certaines scènes très amusantes, le film est dans l’ensemble bien sérieux. J’ai tout de même trouvé le tout très immersif : comme je ne connaissais absolument pas l’histoire ni sa conclusion, je me suis donc retrouvée prise au jeu des déductions et à essayer de deviner l’identité de la personne derrière tous ces événements étranges.

Mais c’est dans la première partie du film qu’il est plutôt intéressant d’essayer de trouver en même temps que Kyon quels éléments sont toujours là alors qu’ils ne devraient pas exister dans ce monde où Haruhi a disparu, comme par exemple la présence du chat Shamisen ou encore de l’ordinateur de la brigade SOS qui se trouve dans le club de littérature.

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A noter que le générique de début du film n’est autre que Bouken Desho Desho? (avec bien entendu de nouvelles images), et non le second générique de la saison de 2009. Kyoto Animation a-t-il voulu faire un peu oublier cette « seconde saison » dont on se rappelera surtout pour son Endless Eight ? Car après tout, le scénario de ce film est mêlé à celui du premier épisode de cette nouvelle saison, Bamboo Leaf Rhapsody.

Il y a pourtant quelques passages qui m’ont donné des sueurs froides, notamment le début de plusieurs séquences similaires lorsque Kyon se réveille, avec sa petite sœur qui dit à chaque fois « Kyon-kun, okite !« , ce qui m’aura rappelé Endless Eight. Mis à part cela, le film reste vraiment très joli à regarder, sans être non plus extraordinaire (la série d’origine plaçait déjà la barre assez haut au niveau de la réalisation). Certaines séquences sont vraiment bien animées, et je pense notamment à l’une des scènes du début, lorsque Kyon revoit un certain personnage.

Mais ce que j’ai vraiment adoré dans ce film, c’est son scénario. Il représente un peu tout ce qui fait que j’avais accroché à la première série, c’est à dire ce mélange des genres qui mêle plutôt habilement science-fiction et comédie, mais aussi tout ce côté mindfuck qui permet de s’amuser à développer des tas de théories. Pour le reste je n’entrerai pas dans les détails car rien ne vaut le plaisir de la découverte, mais je retiendrai également les moments d’introspection de Kyon vers la fin du film, et notamment l’un de ses monologues où il essaye de se justifier de ses actions.

En parlant du scénario, voici quelques impressions plus detaillées dessus et sur certaines scènes que j’ai beaucoup aimées. Il va sans dire que ça va entrer dans le domaine du spoiler, et que c’est surtout destiné à ceux qui ont lu le roman :

Cliquer ici pour lire le texte caché !

Le film comporte beaucoup de séquences marquantes, les plus intéressantes concernent quasiment Kyon et Yuki. La première scène que j’ai beaucoup aimée, c’est celle où Kyon se rend compte que la personne qui se trouve à la place de Haruhi dans sa classe, c’est Ryouko Asakura. S’ensuit toute une séquence où Kyon pète un plomb, et commence à demander à tout le monde si quelqu’un connait Haruhi ou se souvient d’elle. Jusqu’à ce qu’il voie la liste avec le nom des personnes présentes dans sa classe et qu’il s’aperçoive que Haruhi n’existe pas.

Kyon se rend ensuite compte qu’Itsuki n’est plus dans son lycée vu qu’il n’y a pas été transféré (ainsi que d’autres personnes de sa classe), que Mikuru et Tsuruya ne le connaissent pas (j’ai beaucoup aimé le passage où Kyon essaye de prouver à Mikuru qu’il la connait en lui disant qu’elle a un grain de beauté sur sa poitrine :’D ), et Yuki est devenue une fille normale qui appartient au club de littérature, club qui occupe la salle de la brigade SOS. Kyon remarque que cette Yuki-là possède tout de même un souvenir qu’elle ne devrait pas posséder si Haruhi n’a jamais été transférée dans leur école, mais c’est en ayant l’idée de fouiller dans le volume du roman Hypérion qu’il trouve un indice de « l’autre » Yuki, laissé avant que tout ne change.

J’ai beaucoup aimé ensuite tout le passage où, grâce à l’aide indirecte de Taniguchi, Kyon comprend que Haruhi est là mais qu’elle n’a simplement pas été transférée dans leur école, et qu’il décide de se rendre dans son lycée. En espérant au passage qu’elle n’a pas eu l’idée de fonder une brigade SOS là-bas…

La Haruhi de ce monde-là a donc toujours les cheveux longs et est amie avec Itsuki, qui fréquente le même établissement (et il n’y a pas à dire, je trouve cette Haruhi-là BEAUCOUP plus classe). Kyon réussit à convaincre Haruhi qu’il la connait en mentionnant ce qu’elle a fait trois ans plus tôt, et se présente sous le nom de John Smith : la jeune fille trouve toute l’histoire de Kyon très intéressante et décide de se rendre au lycée de ce dernier afin de regrouper les membres de cette prétendue brigade SOS. Chose intéressante, lorsque Kyon demande à Itsuki pourquoi il traîne avec Haruhi, Itsuki répond que c’est parce qu’il aime bien Haruhi, mais que de toutes façons cette dernière ne s’est intéressée à lui que parce qu’il a été transféré dans son lycée.

On comprend alors que la « clé » que devait trouver Kyon était de faire en sorte de réunir les membre de la brigade SOS dans ce monde, et de les emmener dans la salle du club. Lorsque Kyon réussit cela, il se retrouve alors trois ans dans le passé, lors de ce fameux été de Tanabata... Et c’est là que l’histoire devient un peu plus compliquée car le scénario rejoint celui de Bamboo Leaf Rhapsody, le premier épisode de la série de 2009. S’ensuit un passage où Kyon et la Mikuru du futur vont chez Yuki, qui explique enfin qui est le véritable coupable derrière tout cela… et je m’attendais à tout sauf à ce que le « problème » à l’origine de tout soit tout simplement Yuki. Qui a en quelque sorte emprunté les « pouvoirs » de Haruhi, si j’ai bien compris.

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Pour rétablir l’ordre, Kyon doit injecter un programme à Yuki au moment précis où le monde a « changé ». Seulement je ne m’attendais vraiment pas qu’à ce moment surgisse Ryouko Asakura, qui poignarde Kyon dans le dos (puis dans le ventre aussi >_>). Heureusement, il est sauvé par les autres membres de la brigade SOS et par une autre version de lui-même, tous venus visiblement du futur.

Lorsqu’il se réveille, Kyon est à l’hôpital, où Itsuki lui dit simplement qu’il est tombé dans les escaliers et qu’il a été inconscient pendant quelques jours. Kyon est surpris de trouver Haruhi à côté de lui, dans un sac de couchage sur le sol. S’ensuit une petite scène mignonne où Kyon touche les cheveux et le visage de Haruhi… Cette dernière se réveille, mais comme elle est toujours dans son sac de couchage elle n’arrive pas à marcher (cette scène aura au moins eu le mérite de faire rire toute la salle de cinéma !) . En tout cas tout est bien qui finit bien, et j’ai vraiment adoré la scène finale sur le toit, celle avec Kyon et Yuki, lorsque la neige tombe.

Au final, le film aura largement dépassé toutes mes attentes, et je l’ai absolument adoré. Si je n’avais pas vu que le tout durait 2h45 je ne l’aurais jamais cru, car je n’ai absolument pas senti le temps passer. Mais alors pas du tout. Tout s’enchaîne parfaitement, sans coupure ni scène superflue. Le film se terminant même en beauté par une chanson a capella de la doubleuse de Yuki, Chihara Minori. En tout cas, merci KyoAni pour ce film, vous êtes remontés dans mon estime !

Et pour finir, voici l’EPIC FAIL du jour : deux versions de la même scène, dans le film et dans le manga officiel. On peut en rire ou en pleurer.

Haruhi - EPIC FAIL

 

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J’avoue ça vend du rêve =)

neothoron
neothoron

« à la place on aurait effectivement pu avoir tout un arc dédié à Suzumiya Haruhi no Shoushitsu. »

Surtout qu’une bonne partie du matériel promotionnel dans Newtype faisait référence à Shoushitsu.

Autrement, j’ai l’impression que KyoAni a l’air d’avoir réussi à faire une adaptation qui déclenche pratiquement les mêmes émotions que la lecture du roman.

Merci pour la critique.

Lu-sama

Autant je ne suis pas une fan de la série, autant ta critique m’a plutôt convaincue. Le thème de la disparition et de l’oubli d’un perso est pas super recherché mais d’après ce que tu en dis c’est plutôt bien traité dans ce film. C’est limite si je voudrais pas le voir sur le moment là. :D
Et puis j’aime bien Yuki alors la voir en personnage principal me plait bien. ^^

Inuki

Bon j’ai pas lu histoire de ne pas me spoiler mais globalement les avis sont très positifs. Encore un film qui va être dur à attendre donc. Remarque on a des chances de l’avoir en dvd chez Kaze celui-là.

Kawaii-chan

Rah j’suis jalouse D:
Franchement ta critique me donne vachement de le voir. :/
Parcontre oui, gros epic fail pour l’image de fin, haha.

Sinon, une séance pour le film Nanoha 1st Movie prévue dans ton emploi du temps ? : )

Trit'
Trit'

@Kawaii-chan : étant donné qu’Exelen n’a jamais vu les séries « Nanoha » (c’est un tort !!!), il y a peu de chances, malheureusement…

Merci pour ce rapport de visionnage, Exelen : même si je connaissais déjà l’histoire car j’ai lu une traduction anglaise des romans, ça donne quand même super-envie de voir ce film !!! Vivement qu’il soit disponible en France, d’une manière ou d’une autre !!!

maxobiwan

Je me demande si c’est le fait d’avoir vu le endless eight juste avant, qui rend le film encore meilleur :p

Ichi ~

Putain, tu gères d’avoir vu le film avant tout le monde. :D
Rah,
Ben sinon, tu maîtrises assez bien le Jap’ pour tout comprendre à l’intrigue ou ? ^^’
Bon, ben plus qu’à attendre la sortie DVD et le Ddl en vostfr donc.

X4713R

Chouette critique, ça donne envie! :)

« Il y a pourtant quelques passages qui m’ont donné des sueurs froides, notamment le début de plusieurs séquences similaires lorsque Kyon se réveille, avec sa petite soeur qui dit à chaque fois “Kyon-kun, okite !”. »
XD le traumatisme Endless Eight!

La chanson c’est Yuki Muon Madobe Nite ou c’est une nouvelle?

Exelen

X4713R > la chanson c’est Yasashii Boukyaku, la meme que celle utilisee dans le PV.

Trit'
Trit'

Pour Ichi~ : Exelen a vécu pendant des années au Japon et a regardé en intégralité les deux tiers des séries qui passaient à CHAQUE saison, pour ne parler que de ça. Je pense qu’elle maîtrise, oui…

Et j’avais oublié, pour « chaque scène où apparait Yuki semble être là pour que l’on s’attache encore plus à elle. Un peu comme si ils avaient insufflé une bonne grosse dose de moe à ce personnage » : KyoAni n’a rien inventé (à part le rendu), car c’est déjà dans le roman, tout ça !

OrO
OrO

Je n’ai pas lu entièrement ton post pour avoir une surprise (si je vois le film) mais j’aimerais d’abord savoir s’il est nécessaire de voir la saison 2 ? Je me suis arrêté au milieu du truc infini ^^;

Kawaii-chan

OrO > Je pense pas qu’il te sera pas nescessaire de regarder la saison 2 entièrement vu que le film reprend un tout autre chapitre du roman. : )

OrO
OrO

OK merci c’est ce que j’ai cru comprendre mais je voulais la confirmation !

Tiens, contrairement à Fate Stay Night, ce Haruhi est diffusé dans de gros cinémas !

NiKi

Matte au moins le premier épisode qui sera capital je pense et aussi les 5 derniers qui laissent certains indices concernant la suite des événements.

Kabu

Pour comprendre la Disparition, il est hautement NECESSAIRE d’avoir vu au minimum le premier épisode de haruhi 2009, à savoir Sasa no Ha Rhapsody.
Les autres épisodes de 2009 ne sont pas aussi vitaux, mais il est tout de même recommandé d’en avoir pris connaissance. E8 explique en partie le pourquoi du déclenchement de la Disparition (cela ne veut pas dire qu’il est nécessaire de tous les mater mais il est bon d’en connaitre l’intrigue générale, c’est a dire au moins avoir vu E8-2 et E8-8). Les soupirs expliquent pour une bonne part la psychologie et les actions de Kyon lorsqu’il se retrouve face à la Disparition.

Rukawa

putaing, Yuki qui rougit, Rei qui sourit 2 fois dans 2.0
tout se perd ma petite dame.
Manque plus que K-on soit drôle et c’est la fin du monde.

OrO
OrO

Kabu> Merci pour les précisions !

Rukawa> J’aime bien tout ça ! Et j’adore K-ON !

Kabu

Autres précisions :

– Je ne suis pas du tout d’accord avec l’idée avancée ici que Haruhi 2009, et en particulier E8, a fait retomber le hype autour de la série. L’effet recherché par Kadokawa/KyoAni était tout à fait inverse, et ils ont bien réussi leur coup.
En revanche, l’estime générale de la série a bel et bien chuté, et ça n’est en effet pas plus mal. Cela étant, c’est peut être ce que tu voulais dire en fait…

– La scène finale dont tu parles dans ton spoil et que je ne détaillerai donc pas, n’a pas cette forme dans le roman. D’après tes dire, il est fort probable que cette scène soit dérivée du chapitre 1 du tome 8 du light novel : « Editor in Chief Straight Ahead ! ».
Si c’est le cas, KyoAni a vraiment été plus yukiiste que Yuki sur ce film, et je sens déjà l’odeur du foutre des fans de l’interface humanoïde. C’est un des meilleurs coup qu’ils pouvaient faire pour les contenter au maximum. Chapeau bas.