Petit Historique de l’Anime et du Manga en France – de 1978 à 2003

DERNIÈRE MISE À JOUR : SEPTEMBRE 2018

Cet article a pour but de retracer l’histoire de l’animation japonaise et (un peu) des mangas dans notre pays, tout en faisant le tour des différentes réactions que cette « invasion nippone » a pu engendrer. Il se peut (et c’est même probable !) que ce long billet contienne quelques erreurs : n’hésitez donc pas à m’en faire part dans les commentaires pour me corriger, d’autant plus qu’il commence à dater étant donné que je l’ai originellement rédigé en 2005.

J’espère toutefois qu’il évoquera parmi les plus anciens fans de vieux souvenirs agréables. Bonne lecture !

 

Comment tout a commencé ?

Il nous faut revenir plusieurs décennies en arrière, en juillet 1978 plus exactement. Un dessin animé d’apparence anodine mettant en scène un robot se mit à attirer des milliers de téléspectateurs. Son nom ? Goldorak (UFO Robot Grendizer). Son succès fut tel qu’il eut même droit à la couverture de Paris Match, et personne n’allait deviner que cet engouement pour un simple dessin animé allait donner naissance à un phénomène qui, aujourd’hui, n’est plus un vulgaire phénomène de mode.

Nettement moins populaire dans son pays d’origine, Goldorak n’était pourtant pas la première série japonaise diffusée en France à la télévision : quelques années auparavant nous avions eu droit à deux adaptations d’œuvres d’Osamu Tezuka, le père du manga moderne : Le Roi Léo (1972) et Le Prince Saphir (1974).

Néanmoins, ces derniers ne sont pas les premiers anime à être arrivés en France. Cet honneur reviendrait au long-métrage Le serpent blanc, sorti en salles en France le 30 mai 1962 sous le titre La Légende de madame Pai Niang, comme en attestent des magazines de l’époque (le magazine « Cinéma » du 1er juillet 1962 ou encore la revue « Midi-Minuit Fantastique » de juillet/août 1962). Il ne fut d’ailleurs pas le seul à être arrivé en France dans les années 60, et d’autres titres comme le film de Cyborg 009 ont débarqué dans l’Hexagone durant cette même décennie, sans oublier les « soirées japonaises » programmées sur la deuxième chaîne de l’ORTF, en 1967 et 1968, où quelques épisodes de dessins animés inédits y ont été diffusés en version originale sous-titrée, comme Mirai kara kita shōnen Super Jetter ou encore Obake no Q-tarō.

Pour plus de détails sur cette période assez lointaine et pour laquelle il est très difficile de trouver la moindre information, je ne peux que conseiller de lire ce très bon document rédigé par Jacques Romero sur l’animation japonaise en France avant juillet 1978.

Si des séries comme Vic le Viking, Le Petit Prince Orphelin Hutchi, Candy et Maya l’Abeille ont débarqué peu de temps après Goldorak, c’est véritablement le succès inattendu de ce dernier qui permettra l’arrivée en masse d’autres séries nippones. D’où mon choix de l’année 1978, c’est-à-dire celle de l’arrivée de Goldorak, comme année de départ pour cet article.

Goldorak fut donc le déclic. Les chaînes de télévision commencent à importer de plus en plus de séries japonaises, moins onéreuses qu’un dessin animé américain ou européen. Un véritable raz-de-marée frappe le pays dans les années 80, période durant laquelle plusieurs émissions de jeunesse voient le jour : Croque Vacances, présentée par Claude Pierrard, qui proposait des séries « gentillettes » comme Alice au Pays des Merveilles et Madame Pepperpote (Spoon Oba-san) ; Cabou Cadin, émission de l’alors récente Canal+, qui diffusa notamment Crocus (Tongari Boshi no Memole), Bioman, Cobra, Edgar détective cambrioleur (Lupin III) et Sherlock Holmes ; sans oublier les multiples émissions de FR3, dont Amuse 3, qui ont permis de faire découvrir Signé Cat’s Eyes, Les Petits Malins (Maple Town Monogatari), Dan et Danny (Dirty Pair) ou encore Conan le fils du futur.

Même si la concurrence entre les différentes unités de programmes jeunesse faisait rage, c’était l’époque où les séries n’étaient pas encore censurées à tout va. Un cas à part étant celui de Candy, qui connut quelques modifications : à l’époque, le décès de l’un des personnages, Anthony, avait choqué les téléspectateurs. Pour ne rien arranger, la série s’était arrêtée brutalement juste après cet événement étant donné que seuls les 26 premiers épisodes avaient été achetés. Lorsque Candy revient en 1980 avec de nouveaux épisodes inédits, un montage fait croire qu’Anthony n’est pas mort, mais seulement blessé, et les dialogues sont également modifiés en conséquence. Il faudra attendre 1987 pour que la série soit diffusée avec un nouveau doublage, rectifiant au passage la vérité quant au sort d’Anthony.

Durant cette longue période qui s’étale jusqu’à la fin des années 80, plusieurs émissions de jeunesse vont réussir à marquer les plus anciens fans comme Récré A2, Youpi l’école est finie ou encore le célèbre Club Dorothée. Ce dernier a par ailleurs largement permis l’engouement pour les anime d’atteindre son paroxysme, donnant ainsi naissance à bon nombre fans, mais paradoxalement il lui donnera une bien mauvaise réputation.

Ce sera la fameuse période « anti-manga », mais j’y reviendrai plus tard : il faut noter que dans les années 70 et 80, les dessins animés japonais n’étaient pas encore trop critiqués, mis à part Goldorak. Du moins, pas autant que dans les années 90.

 

L’arrivée du manga en France

Les mangas auraient débarqué pour la première fois en France vers la fin des années 60 à travers la revue BUDO Magazine Europe, avec quelques planches de Bushidou Muzanden du mangaka Hiroshi Hirata. Une dizaine d’années plus tard débarque la revue Le Cri qui Tue, qui propose alors une compilation de plusieurs mangas avec des histoires davantage destinées aux adultes : Golgo 13 de Takao Saitō, Good-Bye de Yoshihiro Tatsumi, Le Système des Super Oiseaux d’Osamu Tezuka et l’Hôpital Infernal de Kitagawa/Matsumori.

L’œuvre considérée comme étant le premier volume de manga édité en France serait toutefois Le vent du nord est comme le hennissement d’un cheval noir, une histoire de 40 pages de Shōtarō Ishinomori, publiée en français en grand format aux éditions Takemoto-Kesselring en 1979. Cette dernière débarquera par la suite dans le magazine Le Cri qui tue, en 1981.

Pourtant, le succès ne fut pas au rendez-vous. Même les Humanoïdes Associés tentèrent une percée avec Gen d’Hiroshima de Keiji Nakazawa, sans succès. Dès lors, il n’y a plus vraiment de manga publié en France, sauf si l’on prend en compte les versions colorisées et retouchées des éditions Téléguides (notamment ceux de Candy), avec des traductions assez maladroites et des jeux à l’intérieur : il faudra donc attendre jusqu’à l’arrivée une décennie plus tard d’un certain Akira chez Glénat pour que le genre soit réellement reconnu. L’adaptation en film de ce dernier aura même droit aux honneurs d’une sortie en salles en France en mai 1991, réunissant par la même occasion 40 000 entrées rien qu’à Paris.

 

La guerre de l’audience

Revenons à ce bon vieux Goldorak. Diffusé sur Antenne 2 dans l’émission Récré A2, créée en 1978 (émission qui succède à « Dorothée et ses amis ») par Jacqueline Joubert, il connut un succès tel que TF1 essaya de le contrer en proposant La Bataille des Planètes (la version américanisée de Gatchaman), puis Capitaine Flam, à travers son émission pour la jeunesse Les Visiteurs du Mercredi.

Ces séries ne font pas le poids malgré leur succès : Récré A2 devient alors l’émission de jeunesse de référence. Elle avait pour animatrice principale Dorothée, accompagnée entre autres d’Ariane et Cabu. Diffusée le week-end, elle obtiendra en 1985 une case horaire le mercredi matin : cela peut sembler anodin comme remarque, mais c’est la première fois en France qu’une émission de jeunesse occupe une telle plage horaire, d’autant plus qu’elle était diffusée en direct.

TF1, en perte de vitesse, crée en 1983 l’émission Vitamine pour contrer Récré A2, sans succès là non plus, mais qui sera toutefois suivie de Salut les petits loups (en 1985) et La Vie des Botes (1986), cette dernière étant une émission à base de sketches signée Jean Chalopin. C’est à travers ces deux programmes que débarqueront de nombreuses séries d’animation franco-américano-canado-japonaise comme Blondine au pays de l’arc-en-ciel (Rainbow Brite), les Popples ou encore Jayce et les Conquérants de la lumière.

Télé 7 Jours n°1538 – semaine du 18 au 24 novembre 1989

En 1987, c’est la surprise : Dorothée quitte brutalement Récré A2 avec une partie de son équipe, mais surtout avec tous les anime qui ont fait les beaux jours de l’émission pour rejoindre TF1, récemment privatisée, ce qui entraînera la fin de Récré A2. Même les animatrices qui succéderont à Dorothée, Charlotte Kady et Marie Dauphin, ne pourront la sauver.

C’est en 1986, durant cette période de remaniements, que débarquent deux nouvelles chaînes de télévision privées : La Cinq et TV6. Si leurs premières années ne sont pas des plus intéressantes en terme de dessins animés, il faudra attendre 1987 pour qu’arrivent enfin des séries qui marqueront les esprits, notamment sur La Cinq : Embrasse-moi Lucile, Princesse Sarah, Creamy Merveilleuse Creamy, Jeanne et Serge, Olive et Tom… Quant à TV6, dont la courte vie n’aura duré qu’une année pour des raisons politiques, elle laisse la place à une toute nouvelle chaîne : M6.

Le 2 septembre 1987 est le jour de la naissance officielle du Club Dorothée. Récré A2 essayera tant bien que mal de continuer, avant de s’arrêter définitivement durant l’été 1988 : l’émission aura tout de même duré dix ans. Dès lors, le Club Dorothée n’a plus qu’un seul concurrent : Youpi l’école est finie, l’émission phare de La Cinq. M6 essayera quant à elle de réintroduire des séries comme Albator et Capitaine Flam dans son programme pour la jeunesse Graffi’6, sans grand succès.

Youpi, l’école est finie : cette émission qui a marqué toute une génération débarque en 1987 sur La Cinq. Présentée par un lapin bleu, elle avait l’avantage de n’avoir aucun jeu, aucun concours, aucune chanson, etc. On passait directement à ce qui intéressait ceux qui la regardait : les dessins animés. Certains vont marquer les esprits, notamment Jeanne et Serge et Olive et Tom, qui auraient permis à de nombreux clubs de sport d’augmenter leur nombre d’adhérents. La politique de La Cinq était de diffuser des dessins animés familiaux comme Pollyanna, Princesse Sarah, Emi Magique (Mahou no Star Magical Emi) ou encore Vanessa et la Magie des Rêves (Mahou no Yousei Pelsia), ce qui fit le succès de cette émission pour la jeunesse.

Certaines séries destinées à un public un peu plus âgé ont tout de même été diffusées le soir : ce fut le cas de Robotech qui, diffusé à 20 heures, connut un assez bon succès. D’autres séries étaient toutefois très censurées, mais la faute en revenait… à l’Italie : les dessins animés de La Cinq française étaient issus du catalogue de La Cinq italienne (Canale 5), qui passait à la moulinette tout ce qui pouvait être jugé « choquant » pour les enfants.

Mais les dessins animés de La Cinq marchaient très bien. Trop bien même, selon TF1, qui décida de sortir l’artillerie lourde en ramenant du Japon tout ce qui cartonnait là-bas : Les Chevaliers du Zodiaque (Saint Seiya), Ken le Survivant (Hokuto no Ken), Lamu (Urusei Yatsura), Juliette je t’aime (Maison Ikkoku) ainsi que quelques séries live (Liveman, Spectroman, Spielvan…).

L’audimat du Club Dorothée explose et atteindra son apogée en 1988, avec l’arrivée de Dragon Ball. La même année sera créé le « Club Dorothée Magazine », qui deviendra le Dorothée Magazine, et deux ans plus tard ce sera la naissance de la fameuse carte de membre du Club Dorothée. Pendant ce temps, Antenne 2 tente une percée avec Cobra et Sherlock Holmes, rachetés à Canal Plus, malheureusement sans grand succès là non plus.

La Cinq - 1992 (Télé Poche)

La Cinq en 1992 – Télé Poche n°1360, semaine du 7 au 13 mars 1992

Et pourtant, en 1991, La Cinq va mal. Pour des raisons financières, mais également politiques. Des séries font leur apparition puis disparaissent assez rapidement, comme Ashita no Joe 2 et la Reine du Fond des Temps (Sennen Jouou), retrouvés bien plus tard au fin fond des stocks d’AB Productions et qui connaîtront une deuxième vie sur les chaînes Mangas et TMC au début des années 2000.

AB Productions et TF1 mettent la main sur le catalogue de La Cinq tout en laissant de côté les séries qu’ils jugent probablement être les moins intéressantes, comme Nolan (Genshi Shounen Ryuu) et Paul le Pêcheur (Tsurikichi Sanpei). C’est par ailleurs durant cette période que le film de Saint Seiya « Les Guerriers d’Abel » se retrouve diffusé sur La Cinq un dimanche matin… avec de la publicité toutes les cinq minutes.

La rentrée 1991 fut donc la dernière pour La Cinq. Quelques nouveautés, et non des moindres, font leur apparition en matière d’anime : Nadia ou le secret de l’eau bleue (Fushigi no Umi no Nadia), Théo ou la batte de la victoire (Touch), les Samourais Pizza Cats… Entre temps, l’émission Cabou Cadin sur Canal Plus devient Canaille Peluche et diffuse désormais des dessins animés américains, comme les Tiny Toons. Il y a également eu une autre guerre de l’audience entre Antenne 2 et TF1 avec Giga et le Club Dorothée, mais ce dernier l’écrasa littéralement, même si le contenu de Giga était différent : il visait essentiellement les adolescents et ne proposait que des feuilletons pour la jeunesse.

Le 12 avril 1992, La Cinq disparaît et cesse d’émettre définitivement.

 

La vague « anti-manga »

Dès le début des années 90, la France est submergée par le dénigrement du dessin animé japonais, jugé trop violent. Pour une majorité de gens à l’époque, les dessins animés sont réservés aux enfants. Le Club Dorothée a eu le malheur de diffuser des anime qui, au Japon, sont davantage destinés à des adolescents et plutôt diffusés en fin d’après-midi dans la tranche horaire de 17-19 heures. C’est le cas de Ken le Survivant, qui a pu ainsi côtoyer le mercredi après-midi Mon Petit Poney et d’autres séries bien gentillettes.

Pourtant, les dialogues de Ken avaient été complètement remaniés pour mieux faire passer sa violence (on se souviendra notamment des très célèbres « hauts couteaux de cuisine » et autres « nanto de vison »), et ce doublage décalé aura largement contribué à rendre la série culte même si les avis entre ceux qui crient au scandale et ceux qui adorent cette version plus humoristique sont partagés.

Le Club Dorothée commet quelques années plus tard une bourde similaire avec Très Cher Frère (Oniisama e), série assez controversée au Japon pour ses personnages aux tendances suicidaires et autres passages très sombres et ambigus, et qui sera supprimée de l’antenne au bout de seulement sept épisodes. Le parallèle est en tout cas fait avec les dessins animés américains et surtout les films d’animation de Disney qui, eux, sont encensés pour leur morale, leur non-violence, leur vision optimiste de la vie et leur « magie »…

Les anime sont donc accusés de tous les maux (ils « pervertiraient la jeunesse », selon certains magazines) et se retrouvent censurés, doublés à la va-vite et traités comme des sous-produits culturels. Dorothée est, quant à elle, très vivement critiquée : Faut-il brûler Dorothée ?, pouvait-on même lire à un moment à la une du magazine VSD.

Du côté des mangas, c’est en revanche le début d’une certaine renaissance. Glénat édite avec succès Akira et, toujours en ce début des années 90, Dark Horse sort Outlanders, Kraken propose Vaelber Saga de l’alors peu connu Nobuteru Yuuki, et les Humanoïdes Associés publient Rêves d’Enfants.

Durant cette période, des fans d’anime commencent réellement à se manifester. Des fanzines sont crées, notamment AnimeLand et Mangazone : tirés à 700 exemplaires, ils se vendent comme des petits pains. Quelques boutiques proposant des revues japonaises ainsi que des mangas en version originale auront même du mal à subvenir à la demande des fans, devenus trop nombreux. Le « marché noir de la japanimation » fait son apparition et des VHS de films et d’anime inédits commencent à circuler.

 

Le début de la relève

En 1992, suite à la mort de La Cinq, le Club Dorothée se retrouve sans concurrent direct et ne propose donc plus vraiment de nouveautés. C’est aussi l’apparition de l’application des quotas de diffusion, qui imposent aux chaînes des quotas d’œuvres audiovisuelles d’origine européenne ou française, ce qui explique entre autres l’apparition soudaine de séries telles que Sophie et Virginie, les Jumeaux du bout du monde ou encore le Maître des Bots (cette dernière proposant des passages que l’on pouvait voir en 3D grâce à des lunettes spéciales). AB Productions, la société qui produit le Club Dorothée, en profite pour inonder le marché de ses sitcoms qui vont alors connaître un grand succès : Premiers Baisers, Hélène et les Garçons, Salut les Musclés, Le Miel et les Abeilles…

En dehors des multiples rediffusions de Saint Seiya, le Club Dorothée propose tout de même des émissions spéciales avec Masami Kurumada en invité d’honneur et quelques rares nouveautés comme Nicky Larson (City Hunter), Patlabor et Ranma ½.

TF1 en a cependant un peu marre de l’emprise d’AB Productions et commence à insérer discrètement des émissions pour la jeunesse présentées par des animateurs virtuels, tôt le matin : seraient-ce les prémices d’une future relève, le commencement de la fin pour Dorothée ? Beaucoup de monde pense que c’est la mort du dessin animé japonais, qui n’est qu’un phénomène de mode qui a fait son temps. Et les nombreux articles très violents dans certains magazines (notamment Télérama) concernant le sujet n’arrangent pas les choses.

Parallèlement, en 1993, les boutiques de japanimation poussent comme des champignons suite à la demande des fans lassés des multiples rediffusions des mêmes séries à la télévision. Les produits dérivés comme les ramicards, les posters, les shitajiki ou encore les bande sons originales arrivent en masse, les fanzines se multiplient et de petites conventions non officielles font leur apparition.

À la télévision, Antenne 2 et FR3 changent de nom pour devenir respectivement France 2 et France 3 ; cette dernière propose à l’antenne Les Minikeums (après l’échec de C’est Lulo), qui arrivera même à grignoter des parts de marchés à TF1. M6 Kid fait sa rentrée et diffuse les 26 premiers épisodes de la série sportive inédite Graine de Champion (Ashita e Freekick) ainsi que trois malheureux épisodes de Cobra.

C’est à ce moment-là que le pays est touché par la folie Dragon Ball Z. Jamais depuis Goldorak une série ne connut un tel engouement, pas même Saint Seiya. DBZ par-ci, DBZ par-là… Les fans de la série, surnommés « Gagaballiens », sont le plus souvent critiqués par les anciens fans, ceux de la génération Goldorak. Glénat publie le manga, qui se vendra très bien, et l’éditeur grenoblois lance dans la foulée ceux de Ranma ½, Appleseed, Orion et Docteur Slump. Le Club Dorothée met également à l’antenne de nouveaux anime sans forcément trop y croire, dont un certain Sailor Moon : la série marchera très bien et Glénat publiera également le manga.

Les éditeurs de vidéo commencent à sortir des anime japonais inédits : des OAV et des films débarquent donc en français grâce à des sociétés comme Manga Vidéo, Tonkam Vidéo, AK Vidéo, Eva Vidéo ou encore Dragon Vidéo. Beaucoup essayent de profiter de ce succès en lançant des anime hentai ou gores, comme Urotsukidōji ; évidemment, à un moment il sortait un peu trop d’anime interdits aux moins de 18 ans, et c’est vraisemblablement à cause de cela que de nombreuses personnes assimilèrent l’animation japonaise à des dessins animés remplis de sexe et de violence.

Dans la presse, de nombreux magazines sur les jeux vidéo, pour suivre la mode ou par véritable passion, consacrent également de nombreuses pages à l’animation japonaise (souvenez-vous de toutes ces couvertures avec du Dragon Ball Z dessus…). Du côté du satellite, c’est l’émergence de certaines chaînes comme TMC, qui vont diffuser des anime issus du catalogue d’AB Productions ; d’autres, comme MCM avec son Mangazone présenté par Ness, feront le tour de l’actualité de l’animation japonaise.

En 1994, France 2 propose Télévisator 2 comme énième tentative pour contrer la joyeuse bande de la toute-puissante Dorothée. Cette émission assez différente de ce qui se faisait habituellement était pour une fois assez axée sur les jeux vidéo ; malgré la diffusion surprise d’Albator 84, ils ne feront pas le poids.

France 2 aura donc au total utilisé plus d’une douzaine d’émissions différentes pour contrer le Club Dorothée : Graffiti 5-15, Bonjour les baskets, Chaud les glaçons !, Cérise Surprises, Croque-Matin, Eric et Compagnie, Eric et Noëlla, Eric et toi et moi, Cekanon, Hanna-Barbera Dingue Dong… Sans oublier toutes celles déjà citées plus haut dans cet article. L’émission Chalu Maureen, lancée en septembre 1994, devient la concurrente la plus sérieuse du Club Dorothée auprès de la cible des adolescents : son animatrice principale, Maureen Dor, souhaitait mettre fin au monopole de Dorothée.

C’est cette même année que débarque une nouvelle chaîne de télévision : La Cinquième, qui propose uniquement des programmes culturels. Quant à France 3, elle recommence à proposer timidement des anime avec La légende de Blanche Neige (Shirayuki Hime no Densetsu) ainsi qu’une série rescapée de feue-La Cinq, Les Contes les plus célèbres (Anime sekai no douwa). Le Club Dorothée propose cette année une seule nouveauté : Fly (Dai no Daibōken), un dessin animé basé sur un manga inspiré du jeu vidéo Dragon Quest, et qui malgré ses qualités rencontrera peu de succès (et les deux derniers épisodes seront mêmes inversés lors de leur diffusion !).

TF1 propose le matin à 7 heures l’émission À tout Spip, qui va diffuser un anime qui aura le mérite d’être au moins une nouveauté : Les Aventures de Robin des Bois (Robin Hood no Daibōken), une co-production italo-japonaise qui connaîtra par ailleurs quelques censures à cause de plusieurs épisodes mettant en scène un mariage forcé qui est soudainement devenu, dans la version française, une « cérémonie d’adoption ».

Entre temps, la boutique Tonkam commence à éditer des mangas, notamment Video Girl Ai : malgré une mauvaise qualité d’impression, ce sera un bon succès. Au même moment, dans la presse, on commence véritablement à parler de japoniaiseries

En 1995, le Club Dorothée accueille une série américaine basée sur les sentai japonais et qui connaîtra un très grand succès : Power Rangers. Pendant ce temps, France 3 rachète quelques séries à AB Productions et diffuse Ulysse 31, Princesse Sarah, Rémi sans famille, le Roi Léo ainsi que des titres inédits comme Les Enfants du Capitaine Trapp (Trapp Ikka Monogatari) et Un Chien des Flandres (Flanders no Inu – Boku no Patrasche). Ces deux derniers seront censurés : le premier parce qu’il se déroule peu avant la Seconde Guerre mondiale et fait apparaître des nazis (alors qu’il s’agit d’une adaptation littérale d’un roman autobiographique), le second parce que la fin, tragique, risquait de choquer les plus jeunes (il s’agit pourtant là encore d’une adaptation d’un roman anglais !).

Sur le satellite, l’émission de TMC présentée par Isis, Récré Kids, commence à devenir culte. Outre le fait que de nombreux anime que les téléspectateurs n’avaient pas vu depuis longtemps y soient diffusés, des nouveautés telles que Petite Bonne Femme (Wakakusa Monogatari Nan to Jo sensei) et Marc et Marie (Haikara-san ga tooru) font leur apparition. Du côté des salles obscures, c’est l’arrivée le 21 juin 1995 d’un second film d’animation japonais, après Akira : Porco Rosso. Malgré les bonnes critiques et la présence de Jean Réno au doublage, il n’attire que 61 945 spectateurs dans toute la France.

En décembre 1995 se tient l’une des premières grosses conventions officielles : Planète Manga. La seconde édition, en 1996, connaîtra un succès tel que les guichets ont du fermer pendant trois heures. Les rumeurs disent que c’est un peu à cause de ce salon que l’on assimilera les anime aux mangas, et que certains journalistes prononceront le mot manga au pluriel « mangasse »…

C’est également en 1995 que débarque le Cycle Cinémanga, qui propose notamment les films de Macross, Conan le fils du futur, Arion ou encore les Héros de la Galaxie (Ginga Eiyuu Densetsu), le tout en version originale sous-titrée : il attirera 20 045 spectateurs dans toute la France en l’espace de dix semaines.

Le 31 octobre 1995 signe également l’arrivée de Dragon Ball Z dans les salles obscures avec le film Fusions, attirant pas moins de 547 089 personnes.

 

Un reportage sur « la manga » (sic) diffusé dans Midi 2 sur France 2 (février 1996). Source : INA
 

Vers la fin de l’animation japonaise en France ?

En 1996, quelques chaînes de télévision font un effort comme Canal Plus et son Manga Manga, une émission qui va diffuser des anime du catalogue Manga Vidéo comme Vampire Princesse Miyu, les Ailes d’Honnéamise ou encore Ghost in the Shell.

Mais chez AB Productions, c’est la débâcle : la sortie du film de Sailor Moon dans les salles obscures n’attire que 17 163 curieux dans tout le pays. Même le Tombeau des Lucioles, alors peu connu et diffusé dans les salles un mois après, attirera 29 118 spectateurs. Quant au Club Dorothée, il ne propose que quelques épisodes d’une nouvelle série, Un Garçon Formidable (Tsuyoshi Shikkari Shinasai), et il ne diffusera pas la fin de Sailor Moon SuperS, privant au passage ses fans de Sailor Moon Sailor Stars : la cinquième et dernière série sera doublée officiellement en français 18 ans plus tard, en 2015, mais avec des comédiens de doublage différents.

Dragon Ball Z est également prématurément stoppé à une dizaine d’épisodes de la fin malgré son énorme succès : certaines rumeurs parlent d’un arrêt suite à une demande du CSA, ce dernier jugeant la série trop violente… Une raison plus probable est l’arrivée imminente de signalétiques (toujours du CSA), ces petites pastilles colorées qui auraient classé DBZ dans la catégorie « accord parental souhaitable » et, par la même occasion, sanctionné TF1. Chose amusante, une semaine après l’arrêt de DBZ on pouvait trouver comme par hasard sur le marché les derniers épisodes vendus en coffret, pour une valeur de près de 500 Francs (environ 80 euros).

Les relations entre TF1 et AB Productions deviennent très tendues : ces derniers viennent de mettre en place AB Sat, un bouquet de chaînes concurrent de TPS (dont TF1 est actionnaire avec M6). L’une des conséquences directes est la réduction du temps d’antenne du Club Dorothée, qui tente au passage de faire évoluer sa formule.

Sur le satellite, AB Sat accueille AB Cartoons, qui diffuse principalement des anime. RTL9 diffuse également de vieilles séries comme Pollyanna et Goldorak, et le bouquet TPS lance sa propre chaîne de dessins animés, Télétoon. Un anime inédit y fait son apparition : Les Jumelles à St Clare (Ochame na Futago – Clare Gakuen Monogatari), une série du studio Nippon Animation.

Brutalement, en 1997, le marché de la japanimation s’effondre. De nombreux magazines lancés à la va-vite pour profiter du phénomène s’arrêtent au bout de leur cinquième ou sixième numéro (pour les plus chanceux) : qui se souvient de J.A.M, Nishi Paradise et autres Top Manga ?

Quelques éditeurs qui s’étaient eux aussi lancés dans l’aventure « manga » parce que ça marchait bien font faillite les uns après les autres. La japanimation a une trop mauvaise image à cause de certaines séries érotiques : le manga Shin Angel se verra ainsi interdit d’exposition. Pourtant, la sortie de Ghost in the Shell en janvier (114 894 entrées dans tout le pays) essayera de redorer le blason de l’animation japonaise, et c’est en partie réussi car le film reçoit de très bonnes critiques.

Fin août 1997, le coup fatal est porté avec la mort du Club Dorothée, symbole de l’animation japonaise en France. Ses nombreux détracteurs sont contents : c’est la fin du manga en France, la fin du monopole de Dorothée sur les émissions pour la jeunesse et surtout la victoire finale sur « l’envahisseur nippon ».

Ce fut le désert cathodique absolu pendant plusieurs mois, les fans d’anime n’ayant plus rien à se mettre sous la dent… TF! Jeunesse remplace le Club Dorothée et essaye tant bien que mal de faire de l’ombre aux Minikeums de France 3, désormais leaders des émissions pour la jeunesse en terme de parts de marché.

 

Evangelion

La renaissance

Courant 1998, ça commence à bouger sur les chaînes du câble et du satellite. Fox Kids vient d’être créée, et AB Cartoons devient la chaîne Mangas. Canal Plus diffuse Neon Genesis Evangelion doublé en français tandis que France 3 crée la surprise avec la diffusion, le 24 décembre, de Génération Albator.

C’est un très grand succès d’audience, et l’émission n’est pas critiquée négativement par les magazines ; mieux encore, il semblerait que l’on assimile moins les anime à des séries pour enfants. Ce retour de la « nostalgie » est curieusement salué par Télérama, qui n’avait pourtant cessé de casser tout ce qui provenait du pays du Soleil-Levant durant le règne de Dorothée… Il faut croire que le magazine ne s’est servi de la japanimation uniquement comme d’un bouc-émissaire pour critiquer Dorothée et, plus largement, TF1.

En 1999, Fox Kids surprend tout le monde en diffusant en exclusivité Pokémon et Card Captor Sakura, pourtant toujours en cours de diffusion au Japon. De son côté, TF1 rachète Pokémon et le diffuse quelques mois plus tard alors que la directrice des programmes jeunesse de la chaîne, Dominique Poussier, n’avait pas hésité à qualifier de « japoniaiseries » les dessins animés japonais. Étrange revirement, donc… Suite à ce succès, Fox Kids diffuse deux séries similaires à Pokémon : Digimon et Monster Rancher. Au cinéma, c’est l’arrivée quasiment simultanée de Perfect Blue, Jin-Roh et Mon Voisin Totoro, fin 1999 : là encore, jamais les critiques n’auront été aussi positives.

Début 2000, c’est l’arrivée fracassante dans les salles obscures de Princesse Mononoke (479 005 entrées au total) et du film Pokémon en avril (2 224 432 entrées : un record pour un dessin animé japonais). Depuis, c’est le retour des anime sur les chaînes hertziennes : TF1 diffuse Digimon et M6 crée la surprise en diffusant à son tour Card Captor Sakura, qui réussira à faire de l’ombre à TF1.

TF1 et M6 ne cachent pas les origines japonaises de leurs séries, et personne ne s’en offusque : les mentalités seraient-elles en train de changer ? Même Canal Plus s’y met et diffuse des anime dans sa nouvelle émission Animasia : Cowboy Bebop, Escaflowne, Serial Experiments Lain…

Sur le satellite, Game One, chaîne spécialisée dans les jeux vidéo, diffuse elle aussi des séries issues comme pour Canal Plus du catalogue de Dynamic Visions : Utena la Fillette Révolutionnaire, Trigun, Nazca… On peut également (re)voir Edgar détective cambrioleur, Robotech et apprécier la diffusion d’une version non censurée de Nadia et le Secret de l’Eau Bleue, ce qui valut d’ailleurs à la chaîne de petites tensions avec AB Productions, qui se « vengera » en diffusant plus tard sur la chaîne Mangas ce même anime en version originale et sans censure.

France 2 propose de son côté Kaz’ Manga, une émission matinale avec au programme Nicky Larson (avec un nouveau générique interprété par Dièse), Cat’s Eye, Ulysse 31, les Mystérieuses Cités d’Or, mais surtout la série inédite Équipières de Choc (You Are Under Arrest). Pourtant, l’émission s’arrête au bout de quelques semaines, faute d’audience : forcément, qui allait se lever le samedi matin à 7h30 pour regarder la télévision ?

Début 2000, Fox Kids diffuse de plus en plus d’anime : Sailor Moon (sans aucune censure !), Magical Dorémi, Shinzo (Mushrambo), Médabots, Shin-chan… Quant à la chaîne Mangas, elle diffuse de vieilles séries oubliées au fin fond des stocks d’AB Productions : la Reine du Fond des Temps, Ashita no Joe 2, Ricky Star (Gou Q Chouji Ikkiman), les Enfants d’Aujourd’hui (Compora Kid), Pygmalion, Erika (Idol Densetsu Eriko)

Fin 2000, la chaîne Mangas crée l’émission Galaxie Mangas, puis propose en 2002 une case « import » avec la diffusion d’anime en version originale comme Silent Mobius, Vampire Hunter et NieA_7. Elle fait même l’effort de diffuser certaines séries avec les génériques originaux et dans une version la moins censurée possible. Cartoon Network se tourne également vers l’animation japonaise avec The Big O et Dai-Guard, tandis que Canal J propose une version retouchée par les américains de la deuxième série de Yu-Gi-Oh! ainsi que Nonoko (Nono-chan).

Fin 2001, M6 surprend tout le monde en diffusant Gundam Wing en dehors d’une émission de jeunesse et avec les génériques originaux japonais : l’anime connaît un bon succès et la chaîne jouera de la patience des téléspectateurs pour diffuser la suite. Elle fera même la cruauté de proposer lors de sa première diffusion le reste de la série sur Fun TV (« vous avez aimé les dix premiers épisodes de Gundam Wing ? Retrouvez la suite en vous abonnant à TPS ! »).

De son côté, TF6 propose des séries de Dynamic Visions doublées en français pour l’occasion : Yuyu Hakusho, Brain Powerd, Sorcerous Stabber Orphen, Neoranga…

Il y a beaucoup moins d’anime qu’une dizaine d’années auparavant, mais on peut dire que la qualité prime sur la quantité. Au niveau des mangas, c’est quasiment l’explosion, avec l’arrivée de plus d’une trentaine de nouveaux titres chaque année : la France est alors considérée comme étant le deuxième pays hors Asie qui consomme le plus de mangas, tout en étant talonnée de très près par l’Italie et, plus récemment, l’Allemagne.

En 2001, La Cinquième rejoint le groupe France Télévision et devient France 5. Ses émissions pour la jeunesse s’adressent aux très jeunes enfants, mais pourtant des dessins animés japonais y font leur apparition : Olive et Tom, Princesse Sarah, les Quatre filles du Dr March… Sans oublier Hamtaro, alors récemment diffusé sur Fox Kids et qui va connaître un bon succès. Et ensuite ? Outre de grands chamboulements dans le paysage audiovisuel français (adieu Récré Kids) et quelques petits réaménagements (TF1 ne diffuse plus que Pokémon comme dessin animé japonais), France 3 ne lâche plus Beyblade et M6 continue ses diffusions de Yu-Gi-Oh ! et Card Captor Sakura.

Où sont les nouveautés ? Il faut comme toujours aller les chercher sur les chaînes du câble et du satellite. 2002 et 2003 ont été de bonnes années pour cela : Fruits Basket fait son apparition inattendue sur Cartoon Network, Fun TV propose l’émission A vos mangas où les premiers épisodes de séries inédites sont diffusés (Ayashi no Ceres, Boogiepop Phantom…), Canal J diffuse Wagamama Fairy Milmo de Pon ! (rebaptisé sobrement « Mirmo ») et Mangas nous propose, entre deux rediffusions de Saint Seiya et Dragon Ball Z, du Saiyuuki et du One Piece, doublés en version française : des séries certes récentes, mais uniquement accessibles pour un petit nombre d’entre nous.

L’animéfan français moyen qui n’a accès ni au câble ni au satellite n’a donc plus vraiment grand-chose à se mettre sous la dent, et ce n’est certainement pas l’arrivée de Hoshi no Kirby sur TF1 ou encore la dernière série des Transformers sur M6 qui va bouleverser les choses.

C’est également durant cette période que la popularisation et le développement d’Internet a explosé, donnant ainsi accès aux anime les plus récents (de manière illégale), et ce en parallèle avec le boom du marché du DVD : mais ça, c’est une autre histoire…

Reportage d’ARTE sur l’arrivée des anime en France et la « croisade anti-nippone » (janvier 2014)
 

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SbebiWan
Invité
SbebiWan

o_0 le boulot ! j’ai pas tout lu, mais chapeau !!

Zechs Marquise
Invité
Zechs Marquise

J’ai déjà dû te dire que c’était un article excellent mais je le refais :b.

Pour ton ancien blog, tu gardes tes notes dans un coin ? Perso j’enregistrais ce que tu postais sur mon DD mais j’ai tout paumé quand il est mort -_-. C’est toujours intéressant de relire les vieilles notes et commentaires ^^.

Humblot
Invité
Humblot

Désolée !!!! je squatte un commentaire car je sais pas comment en mettre un, dans l’article le petit montage photo celui là où il y a Sakura, La photos d’après avec le jeune homme qui a des ailes et la jeune lycéenne, je cherche le nom de ce manga depuis des années, comment il s’appelle ??? pour ce qui on la réponse merci

Killy-et-Lilie
Invité
Killy-et-Lilie

Merci beaucoup pour cet historique, c’est sympa de retomber en enfance :)

Exelen
Invité

Zechs Marquise >> oui, je garde toutes les notes sur mon DD, mais il y en a certaines que je vais déplacer ici, et d’autres ailleurs (j’ai des blogs/sites planqués un peu partout sur le web… :D).

Lax
Invité
Lax

Très très bon résumé ! Très objectif, bien mené, chapeau pas grand chose a redire ^^

asmodeal
Invité
asmodeal

Un article très intéressant, ça a vraiment du te prendre du temps de compiler tout ça.
Tu disais à l’époque qu’il y avait bcp moins d’anime que dix ans auparavant, mais ce n’est pas l’impression que j’en ai, il y en a/avait vraiment sur toutes les chaînes et c’est encore pire avec les chaînes de la tnt/internet/cable/sat.

Finalement rétrospectivement est ce que les choses auraient pu se faire autrement.
Comme tu le dis, c’est partit d’un engouement, puis une stigmatisation pour arriver dans le creux de la vague et repartir de façon apaisée. Est ce que ce serait une affaire de génaration, est ce que c’est le contenu qui a relativement changé, est ce que c’est le sevrage qui a mis en relief les qualités des animes, ou est ce que le couple infernal média/bien pensants bien chiants ont trouvé d’autres os à ronger (du style jeux vidéos).

Je pense qu’il y a encore des bons coûts à faire sur la diffusion d’anime qui n’ont pas été fait, mais je ne suis pas sur qu’on n’y viendra jamais.

CowabungaLeVrai
Invité
CowabungaLeVrai

Bravo pour ce dossier. Intéressant, exhaustif, nombres d’éléments ressurgissent des abîmes de l’oubli.

L’erreur de Ken diffusé en plein après-midi dans le Club Dorothée a entraîné un beau gâchis. Lorsque la japanimation est devenue la bête à abattre c’est tout un pan culturel d’une génération qui fut amputé dans le paysage audiovisuel français. Le sevrage fut difficile avec l’insipidité flagrante des séries remplaçantes qui rendaient des japoniaiseries répétitives typées Magical Girl dignes d’éloges intarrissables.

En dehors des chaînes câblées les émissions jeunesses des grandes chaînes hertziennes n’ont pas été capable de murir et de remettre à sa place attitrée la japanimation. Tous les univers différents chargés en émotion qui berçaient mon enfance et ont forgé mon imagination sont réduits à la diffusion marginale de quelques pokémons et consorts. Les générations changent et la culture aussi, mais j’ai l’impression qu’un déficit cruel se creuse chez les plus jeunes, sous-alimentés en programmes de qualité destinés à leur tranche d’âge.

Garik-Loran
Invité
Garik-Loran

Exellente retrospetive, travail d’orfevre ^^
Bravo XD

Hagumi
Invité
Hagumi

Ton article est trés interressant. ^___^

shilom
Invité
shilom

Chapeau pour l’article!

Grosse bouffée de nostalgie du coup ^^

Skull-One
Invité
Skull-One

Jolie travail!

-Ciel-
Invité
-Ciel-

Superbe article, du beau boulot! ^^

Pour revenir au doublage, j’ai adoré celui de ‘magical doremi’ dont la doubleuse de Aiko (Sophie), a fait un bon travail en doublant nombreux personnages et surtout principaux comme Pop (Bibi) et Hana (Flora) par la contre c’est juste la traduction qui était parfois bizarre et incohérente… :s
Puis One Piece, n’en parlons pas, c’est genre 5 personnes qui double la voix de tout le monde…

jeyjie
Invité
jeyjie

Très très bon article !! aah ça rappel des souvenirs : Jeanne et Serge, Les Chevaliers du Zodiaque… Club Dorothée Forever !!! ^_^/

sebhades
Invité
sebhades

Superbe article, très fourni, très intéressant.

Anecdote : à l’époque de la folie Goldorak, ce dessin animé s’approchait des 100% de parts de marchés lors de la diffusion à la télé. Même si il n’y avait que trois chaînes à l’époque, c’est dingue de penser que quasiment tous les gens devant la télé regardait Goldorak !

Joska
Invité
Joska

Awesome article!

I lived in France from 1985 to 1988, and as a 6 year old the cartoons were alot of fun to watch and as an added bonus, they helped me to learn french! It might be worthwhile to mention the french-japanese productions of Les Mondes Engloutis (my first cartoon ever) and Les Mysterieuzes Citees d’Or in your article, as they were definetely as good as or even better than most of the other series.
« Les bandes desinees » were a very important part of my stay in France, which in turn has had a major impact in my life. You can imagine my shock and the emptiness when I returned to The Netherlands where there were almost no cartoons at all! Even now, the anime-market here is extremely small. We’ve had pokemon and DBZ (in 2002!!), and these days the japanese videogames are contributing, but it’s still very meagre.

So thanks for the article, it’s been fun to recall all the good times with Jeanne et Serge, Saint Seya, Olive et Tom etc!!

Exelen
Invité

asmodeal >> je en sais pas si les choses auraient pu être autrement. Je trouve qu’on a quand même de la chance en France d’avoir eu autant d’anime peu de temps après leur diffusion au japon, ce qui n’était pas le cas dans d’autres pays, à l’époque (je pense surtout à l’italie, l’espagne et à l’allemagne).

CowabungaLeVrai >> ben pour ma part c’est sûr que je suis bien contente d’être née au début des années 80, en comparaison avec ceux qui sont nés il y a 10 ou 15 ans et qui ont raté des choses très intéressantes à la TV. ;p

sebhades >> 100% de part de marché, ça ne m’étonnerait pas. Même le Club Do’ faisait dans les 60% de part de marché, et ça me paraissait déjà énorme. O_o

Joska >> thank you! That’s nice if watching japanese cartoons in French helped you to learn the language. ^^

shilom
Invité
shilom

Joska> Wow, a Dutch who learned french by watching japanese cartoons on TV. You don’t see that every day ^^

Axel Terizaki
Invité
Axel Terizaki

Excellent, ça m’a rappelé plein de bons souvenirs et j’ai pu apprendre quelques trucs, merci vraiment :)

Joska
Invité
Joska

shilom >> Hehehe I also went to a public primary school ;) That probably also helped ;) I can read and understand french, but talking and especially writing are difficult ;) I can write some but it’s full of errors :P
But all in all the cartoons gave me some fantastic memories ;)

Zratul
Invité
Zratul

Huhu excellent article, ça fait bizarre de voir tout ce qui se passait à l’époque dans les coulisses des chaines alors que je n’étais qu’un môme qui se contentait de regarder le Club Dorothee et qui avait limite envie de jeter des pavés sur TF1 quand pendant cet Août « noir » on a vu le Club Do disparaitre au profit de TF!

N’empêche que là on voit comment les « Japoniaiseries » comme les appelaient les médias Fr à l’époque marchent du tonnerre à l’heure actuelle.

En tous cas merci pour cette rétrospective plus qu’enrichissante :)