Star Ocean est un RPG de Tri-Ace datant de 1996, et c’est également l’un des tout derniers jeux à être sorti sur Super Famicom. Il a été réalisé par la même équipe à l’origine de Tales of Phantasia : cela se ressent non seulement dans la disposition quasi-identique des menus, mais aussi dans l’ambiance générale qui s’en dégage, que ce soit au niveau des personnages que des graphismes.

 

Un océan d’étoiles

L’histoire commence sur la planète Roak, peuplée de Fellpool, une race mi-humaine mi-féline. Ratix et ses amis Dorn et Milly vivent dans le village de Clatos, qu’ils défendent contre les voleurs. Mais un jour un mystérieux virus apparut dans la ville voisine, et le père de Milly décida d’aller aider les habitants. Ce virus a pour conséquence de pétrifier au bout d’un certain temps ceux qui l’ont contracté, et lorsque Ratix, Dorn et Milly apprennent que le père de cette dernière a fini par l’attraper lui aussi, ils décident de partir à la recherche d’une plante médicinale permettant de sauver tout le monde. Dorn finira également par être touché par le virus, et alors qu’ils finissent par trouver la plante, ils voient apparaître en se téléportant sous leurs yeux deux habitants issus de la planète Terre : Iria et Ronixis. Ces derniers leur expliquent qu’ils sont là pour sauver la planète de Ratix de ce virus, la plante médicinale ne leur étant d’aucun secours. Ils voyageront donc dans le passé afin de trouver un antidote, et rechercher l’origine de ce virus.

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N’y allons pas par quatre chemins, le scénario de Star Ocean fut pour moi une déception. Assez prometteur au départ, finalement plus on avance dedans, plus l’histoire part un peu en sucette, un peu comme si ça avait été bâclé afin de sortir le jeu au plus vite. L’histoire possède quelques incohérences, et certains ennemis souffrent d’un manque réel de background, tel Asmodeus, qui est oublié aussi vite qu’il est apparu, et dont les réelles motivations restent assez floues. On se demande d’ailleurs ce que vient également faire là l’histoire avec Jie, à croire qu’ils n’ont pas eu le temps de l’intégrer véritablement dans le scénario, ce qui donne l’impression d’avoir une sorte d’épilogue rajoutée à la va-vite afin d’augmenter la durée de vie assez brève du jeu.

Car Star Ocean est en effet très court (une quinzaine d’heures environ pour la trame principale), mais heureusement cela est (un peu) compensé par les sous-quêtes, sans compter le niveau bonus, un donjon de 30 niveaux sans sauvegarde et peuplé d’ennemis plus puissants que le boss de fin, mais accessible uniquement une fois le jeu terminé.

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Un aspect technique au top

Les graphismes sont vraiment beaux et remplis de détails : on peut voir les reflets dans l’eau, les oiseaux qui volent, les fleurs qui bougent avec le vent… Le tout ressemble beaucoup aux graphismes de Tales of Phantasia. Concernant la carte du monde, elle est assez différente des autres RPG de la console. Ici, il n’y en a pas vraiment : on dispose seulement dans un coin de l’écran d’un bout de carte, indiquant la position des villes et l’endroit où l’on se trouve par une flèche . Mais le côté négatif, c’est qu’à part les bateaux il n’y a pas de moyens de transport, et pour retourner dans certains endroits il faut donc se refaire à pied tout le chemin à l’envers.

Motoi Sakuraba, qui est à l’origine de la bande sonore du jeu, utilise ici un style assez similaire à celui de Tales of Phantasia (encore lui), et on a l’impression que certaines musiques sont exactement les mêmes. C’est assez beau, malgré un côté un peu répétitif, et même si Sakuraba n’a pas signé là sa meilleure bande-son, cela reste néanmoins plutôt agréable à l’écoute. Il y a également de nombreuses voix digitales, chose assez rare pour une console 16 bits;  les personnages parlent donc durant les combats, lorsqu’ils engagent une bataille et lorsqu’ils la remporte; mais ils nomment également leurs attaques et leur magie quand ils les utilisent et remercient lorsqu’on les soigne, ce qui ajoute beaucoup au réalisme et contribue largement à rendre le tout assez vivant.


 

Des combats dynamiques

Les combats de Star Ocean sont assez uniques en leur genre par rapport aux autres RPG de la console. Quand on commence un combat, on contrôle le personnage principal, dont on décide des actions. Mais on ne peut le diriger librement, on peut seulement le faire aller vers tel ou tel ennemi, que l’on désigne grâce à un curseur. En appuyant sur L ou R, on peut déclencher ses skills, différents suivant que l’on soit près ou non de l’ennemi. Les autres personnages sont contrôlés par l’ordinateur, mais dans le menu on peut choisir si l’on veut qu’ils utilisent leurs plus puissantes attaques/magies, qu’ils aident le héros ou qu’ils économisent leurs MP. Les combats restent assez bourrins, mais on peut regretter le manque certain d’intelligence des personnages joués par l’ordinateur, ceux-ci restant parfois immobiles dans leur coin en train de vous regarder vous faire joyeusement massacrer par l’ennemi.

La difficulté est parfois assez mal dosée, à chaque nouvel endroit de la carte devenu accessible on se retrouve avec des ennemis très forts, obligeant le joueur à faire du level up à outrance, bien plus que dans tout autre RPG (c’est surtout visible vers la moitié du jeu). Sans compter le fait que les personnages que l’on n’utilise pas pendant les combats ne gagnent aucun point d’expérience, ce qui oblige le joueur à devoir tous les utiliser régulièrement, pour ne pas se retrouver avec des boulets à la fin du jeu.

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Les Talents et autres originalités

A chaque fois qu’un personnage augmente son niveau, ou si il fait une bonne action durant un combat, il gagnera des Skill Points (SP). Ces SP peuvent être distribués dans différents talents, via le menu principal. Les personnages disposent tous de talents qui leur sont naturel, mais qui sont donnés aléatoirement à chaque nouvelle partie. Chaque talent est sous-divisé en 10 niveaux, qui demandent plus ou moins de SP pour passer au niveau suivant et ainsi acquérir de nouvelles capacités, telles que « courir », « dessiner », « cuisiner »… Pour utiliser efficacement ces capacités, le personnage doit donc connaître le bon talent. C’est assez compliqué à expliquer, mais ça devient beaucoup plus simple une fois que l’on joue!

Voici quelques exemples de talents : Originality, qui permet de modifier des objets grâce à la créativité (cela permet notamment de créer des armes et des items) ; Sixth Sense, qui permet de choisir si l’on veut être attaqué souvent ou non par les ennemis; Animal Lover, qui permet d’appeler dans les donjons un oiseau qui vous vendra des items; Blessing of Mana, certainement le talent le plus difficile à obtenir, et qui permet d’accéder à l’alchimie, permettant de créer des minéraux à partir de l’acier. Ces minéraux sont très importants lorsque l’on veut créer ses propres armes grâce au talent Originality ; Design Sense, qui permet d’utiliser l’art, et de dupliquer à volonté les objets ; Writing Ability, qui permet d’écrire des livres, et de faire entre autre augmenter les SP (Skill Points) des personnages qui les liront…

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Autre nouveauté, les Private Actions. A l’entrée de la plupart des villes, il y a un signe indiquant « Private Actions ». En appuyant sur Y, le groupe se séparera et entrera dans la ville pour y faire ce que bon lui semble. Les Privates Actions sont optionnelles, mais elles sont néanmoins assez utiles. Lors de ces phases vous dirigez le héros seul, et vous pourrez voir les autres membres de votre groupe dans divers endroits de la ville. Il se peut qu’un personnage vous pose une question quelconque, et suivant votre réponse votre taux d’affinité avec ce personnage augmentera ou non.

Le taux d’affinité est également une notion importante dans le jeu : si un taux d’affinité entre deux personnages est élevé, pendant les combats ils s’entraideront. De même, soigner ou ressusciter un personnage augmentera ses affinités avec lui. De plus, toujours lors des combats, ce taux déterminera si un personnage sera souvent ou non en mode « berserk ». Ce mode berserk se déclenche lorsque l’un des personnages voit celui avec qui il a un taux d’affinité élevé être vaincu, augmentant ainsi considérablement sa force de combat.

A noter que dans ce Star Ocean, on peut choisir qui on veut recruter. Accepter tel personnage dans son équipe permettra de recruter tel autre personnage mais de se voir refuser un autre personnage, un peu à la manière de Chrono Cross, mais dans une moindre mesure. Il y a ici quatre personnages obligatoires (Ratix, Milly, Ronixis et Iria) et sept personnages optionnels : Cius, Ashlay, Joshua, Marvel, Fear, Tinek et Perisie.

Le nouveau design de la version PSP

En conclusion, Star Ocean avait la capacité et les moyens d’être un jeu extraordinaire s’il ne donnait pas l’impression d’avoir été bâclé, laissant un arrière-goût d’inachevé après l’avoir terminé. Le scénario n’a vraiment rien d’extraordinaire, on attend tout le long un retournement de situation, mais il n’en est rien; tout est absolument prévisible, et les quelques révélations qui sont faites ne servent pas à grand chose dans le scénario, comme si à l’origine elles devaient être utilisées mais qu’elles ont été finalement abandonnées. De plus, c’est extrêmement répétitif, car le joueur passe son temps à faire des aller-retours d’une ville à l’autre. Il y a pourtant des côtés intéressants, comme la présence des talents, des Private Actions, des personnages que l’on peut recruter ou non (et donc les différentes fins que l’on peut obtenir), et les nombreuses sous-quêtes. Mais le fait que ce soit très court et que le scénario parte en vrille au fur et à mesure que l’on avance dans le jeu m’a quand même gâché le plaisir.

Cela n’empêche pas Star Ocean de se démarquer de la masse des RPG de la Super Famicom, notamment grâce à ses très beaux graphismes, ses musiques agréables et son système de combat très intéressant, même s’il ne brille donc pas par l’originalité de son scénario et sa durée de vie…

 

2 commentaires

  1. Maxime > Je ne pense pas faire le remake car je n’ai pas vraiment tant aimé que cela le jeu original.
    Quant au second volet je préfère faire la version originale que le remake car je ne suis pas fan du nouveau style du chara-design (oui je suis compliquée :x ).

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