Fuuraiki-PS2

[PS2] Fuuraiki – Road trip virtuel à Hokkaido

La fin de la diffusion de l’anime Yuru Camp a fait comme un vide, mais elle m’a de mon côté donné envie de me plonger pour de bon dans la série de jeux vidéo Fuuraiki (風雨来記) de FOG. Ce développeur est relativement peu connu hors du Japon étant donné qu’aucun de ses titres n’a été localisé, mais peut-être que certains ont entendu parler d’eux à travers leur visual novel Kuon no Kizuna ou encore leur série de jeux d’aventure Missing Parts – The Tantei Stories. À noter que FOG est devenu, en 2016, une filiale de Nippon Ichi Software.

Déclinée en trois volets sur le même thème du voyage, Fuuraiki donne l’occasion au joueur de parcourir à moto une partie du Japon. Au programme : tourisme, camping, rédaction d’articles et romance, le tout utilisant de véritables photographies prises par l’équipe du jeu !

Sorti originellement en 2001 sur PSone, le tout premier jeu se déroule uniquement à Hokkaido (le second jeu prend place à Okinawa, tandis que le troisième revient en quelque sorte aux sources en mettant de nouveau en avant Hokkaido). Il a été porté en 2006 sur PS2 avec une version remise au goût du jour, c’est-à-dire des images de meilleure qualité ainsi que de nouveaux doubleurs et doubleuses pour tous les personnages, pour débarquer par la suite en 2015 sur PS3 via les archives de jeux PS2 (sur le PlayStation Network japonais uniquement, bien entendu).

J’avais commencé à m’intéresser à cette série en tombant par hasard il y a quelques années sur la jaquette du troisième volet, sur Vita : elle m’avait beaucoup intriguée parce qu’elle ne donne pas vraiment d’indications sur ce qu’est réellement le jeu.

Et même après avoir terminé le tout premier Fuuraiki, j’ai un peu du mal à classer cette série dans une catégorie bien précise. Elle est souvent considérée comme un visual novel, voire un galge étant donné la présence de « routes » avec des personnages féminins avec lesquels on peut avoir une romance, mais la romance en question est ici entièrement optionnelle et n’est pas le point central. 

En gros, Fuuraiki est une sorte de simulation de voyage à moto, avec un système de déplacement qui pourrait être comparé à l’ancêtre de Google Street View. Le joueur incarne Tetsu Souma, un journaliste novice d’une vingtaine d’années envoyé à Hokkaido pendant un mois par son agence, et ce dans le but d’écrire des articles sur son voyage à travers un blog qu’il va alimenter régulièrement sur place. 

Ce mois passé à Hokkaido est un véritable voyage d’introspection pour Tetsu, qui possède ici une personnalité bien définie. Marqué par plusieurs événements durant son adolescence et que l’on découvre au cours de brefs flash-back, ces derniers permettent de mieux cerner le personnage : il y a tout d’abord la disparition de son père, un photographe célèbre, mais aussi la mort accidentelle de son amie d’enfance deux ans avant les événements du jeu. Cette dernière est la première personne qu’il n’ait jamais aimée, ainsi que la propriétaire originale de la moto qu’il utilise pour parcourir Hokkaido : ayant l’impression d’avoir perdu une partie de lui-même depuis son décès, il comptait sur ce voyage pour combler ce manque.

Fuuraiki n’est donc pas un jeu à l’ambiance excessivement joyeuse à cause de certains de ses thèmes, sans être non plus un titre extrêmement sérieux : il y a tout de même de l’humour et des passages légers, notamment lors des interactions avec les différents personnages.

L’ambiance reste, dans l’ensemble, assez mélancolique ; les thèmes du deuil et de la séparation sont mis en avant, surtout si le joueur décide d’ignorer tout le côté romance et de se concentrer sur le but du jeu : écrire des articles à propos de son voyage. Il y a ainsi de véritables moments d’introspection de Tetsu, où l’on découvre ses regrets mais aussi ses ambitions. Suivre la « route » de l’un des différents personnages féminins disponibles ne s’éloigne finalement pas tellement de ce thème, car chaque romance se termine elle aussi par une séparation, plus ou moins douloureuse, mais qui permet à notre héros d’aller de l’avant et de surmonter certains événements de son passé.

C’est donc un aspect du jeu qui m’a vraiment surprise car je ne m’attendais pas à un côté aussi sérieux et plutôt réaliste, ce qui finalement change un peu de la plupart des galge. Ceci est largement aidé par les différentes héroïnes dont on croise la route, elles aussi à la personnalité et à l’histoire assez travaillées, et avec tout leur lot de problèmes personnels à régler.

Ces héroïnes sont au nombre de quatre : il y a tout d’abord Itsuki Tokisaka (20 ans), une mystérieuse jeune femme aux cheveux bleus à l’air souvent triste ; Tamae Takizawa (21 ans), qui parcourt elle aussi l’île de Hokkaido à moto mais dont l’apparence tranche assez avec sa véritable identité ; les jumelles Fuyu et Natsu Satou (18 ans), au caractère diamétralement opposé et qui sont les premières personnes que le héros rencontrera à bord du ferry le menant à Hokkaido ; et enfin Yumi Morioka (26 ans), un personnage « caché » qui vient tout droit de l’un des anciens jeux de FOG, mais qui n’en reste pas moins intéressante. Dans l’ensemble, on se retrouve tout de même avec des personnages relativement âgés et qui ont pour la majorité déjà connu une vie sentimentale.

Au niveau du gameplay, Fuuraiki surprend au départ avec sa vue version Google Street View (six ans avant l’arrivée de ce dernier, tout de même), les panoramas à 360 degrés en moins. Le jeu offre également une liberté totale : dès les premières minutes, on se retrouve lâché dans la nature et on est libre d’aller où on veut pour explorer ce que l’on veut.

Ici, le joueur parcourt Hokkaido à moto sur fond d’images fixes représentant la route et qui défilent au fur et à mesure, un peu comme une succession de diapositives. Les interactions sont limitées, les différents embranchements qu’il faut choisir pour naviguer (tourner à droite, à gauche ou continuer tout droit) étant indiqués à l’écran par de petites vignettes. La carte de Hokkaido, accessible à l’aide du bouton Carré de la manette, permet de se repérer plus facilement et également de placer un petit drapeau en tant que point de repère. Il n’y a pas de transport instantané ici (apparemment, c’est le cas dans Fuuraiki 2), et aller d’un point à l’autre de la carte demande donc de parcourir obligatoirement la route.

Rouler consomme sa barre d’énergie, et réduire cette dernière à zéro oblige le joueur à s’arrêter au parking le plus proche pour camper et y passer la nuit. Il est tout de même difficile de vider complètement sa barre d’énergie, le jeu étant assez généreux à ce niveau-là et les aires de repos relativement fréquentes.

Un mois est également suffisant pour visiter la quasi-totalité de la carte, chaque petit point rouge représentant un endroit touristique spécifique avec la possibilité de s’y arrêter. Visiter chaque lieu touristique se fait là aussi sous forme d’images fixes, le tout avec la possibilité d’afficher une carte en transparence permettant de mettre en évidence le nombre de zones qu’il est possible d’explorer. Chaque lieu est l’occasion de prendre des photos pour ses articles, le joueur étant absolument libre de photographier tout ce qu’il veut, et camper dans l’un de ces endroits est une étape obligatoire afin de passer à la journée suivante (et régénérer sa barre d’énergie). 

Au cours de ses pérégrinations, le joueur peut rencontrer l’une des différentes héroïnes, avec lesquelles il est possible de visiter certains lieux (ainsi que les prendre en photo pour ses articles), voire même de discuter avec des touristes et autres gens du coin de manière assez aléatoire. Il est également possible de tomber sur d’autres campeurs et de passer une soirée auprès du feu avec eux à discuter de la pluie et du beau temps. Le jeu possède également quelques petits secrets comme par exemple des endroits à visiter qui ne sont pas indiqués sur la carte, ou encore la présence d’un personnage caché qui permet de débloquer un mini-jeu de hanafuda.

Un autre élément de gameplay important est l’écriture d’articles, donnant la possibilité à son blog (dont on est libre de choisir le titre) de se classer parmi les sites les plus populaires. Il n’y a pas de pénalité si le blog ne termine pas premier au terme du voyage, si ce n’est que l’on passe à côté de la meilleure fin, et il faut au minimum écrire un article par semaine pour éviter le game over.

Les articles en question se rédigent automatiquement en choisissant son sujet (avec autant de sujets possibles que de lieux visités en une journée), le tout avec des phrases à choisir pour déterminer le thème du paragraphe que l’on va écrire. Une fois l’article rédigé, il faudra terminer en choisissant deux photos au choix prises par le joueur lui-même, et si possible en rapport avec le sujet.

C’est un aspect du jeu que j’ai trouvé assez amusant, d’autant plus que l’on reçoit également des commentaires sur ses articles ainsi que des e-mails. La rédaction d’articles se fait uniquement en fin de journée, au moment de camper, et j’ai remarqué qu’écrire un article sur les onsen ou encore en rapport avec les héroïnes rencontrées permettait d’augmenter son rang assez facilement !

Fuuraiki est un titre finalement contemplatif et assez original, avec une bande-son elle aussi très reposante et agréable. C’est une petite bouffée d’air frais et un véritable road trip sur l’île de Hokkaido du début des années 2000, qui se termine assez rapidement en ligne droite : j’ai mis moins de 5 heures pour ma première partie, et chaque « route » demande à peu près autant de temps. Il y a une bonne rejouabilité, à condition de surmonter le côté répétitif du gameplay, mais j’ai de mon côté vraiment apprécié ce titre.

À noter tout de même la présence de quelques bugs (j’ai eu trois freezes qui m’ont forcée à réinitialiser le jeu, mais heureusement il est possible de sauvegarder n’importe quand) ainsi que l’obligation de suivre un guide pour la route de certaines héroïnes.

Prochaine étape : Fuuraiki 2, lui aussi sorti sur PS2 et disponible sur PS3, mais également Fuuraiki 3 sur Vita qui possède quant à lui un chara design bien plus moderne et dont je suis personnellement nettement moins fan. Je ne pense pas écrire de critique dessus sur ce blog une fois que j’y aurais joué, mais j’espère qu’ils arriveront à me surprendre autant que ce premier volet.

Illustration : シワスタカシ (source)

 

Liens en vrac :

Poster un Commentaire

avatar

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S'abonner  
Me notifier des