Tout d’abord, bonne année 2019 !

Voici une fois de plus le traditionnel bilan annuel des jeux vidéo, où je reviens sur les jeux faits l’année précédente. Ce bilan va être divisé en plusieurs parties parce que ça risque d’être long (comme d’habitude) : je ne sais pas trop encore combien de parties il y aura en tout, mais ça s’étalera probablement sur cinq ou six billets. J’ai tout de même tenté de varier la formule en proposant non pas un bilan séparé uniquement par consoles/plateformes, mais plutôt par thème : vu que la majorité des jeux auxquels j’ai joué en 2018 sont sur PS4, ça aurait été très déséquilibré. Le tout se terminera par un dernier billet qui contiendra l’habituel top/flop de l’année !

Comme d’habitude, ce bilan très subjectif sera consacré aux jeux faits en 2018, mais ne datant pas forcément de cette année-là.

 

Nintendo 3DS

Pour cette première partie, je reviens donc sur Nintendo, avec cette année une majorité de jeux faits sur 3DS et Switch. Tout comme 2017, je n’ai terminé que trois jeux sur 3DS, et ce sera probablement la même chose en 2019. Au niveau des sorties de 2018, il y a deux titres que je compte absolument faire cette année : Jake Hunter Detective Story ~ Ghost of the Dusk, sorti en septembre dernier, et Shin Megami Tensei – Strange Journey Redux. Le premier est disponible uniquement en version démat’ et aucun des deux n’a été traduit en français, ce qui n’a probablement pas aidé au niveau des ventes, mais ils ont au moins le mérite d’être sortis en Europe.

Au niveau des sorties un peu plus anciennes, l’action-RPG Ever Oasis m’intéresse toujours autant et je compte également faire un jour la version 3DS de Dragon Quest XI. Maintenant que l’on a la confirmation que le portage sur Switch sera identique à la version PS4, j’ai bien envie de voir ce que donne le mode 2D « old-school » de cette version 3DS, notamment lors de certains passages.

Parmi les autres jeux qui m’intéressent sur cette console, il y a Tongari Boushi to Mahou no Machi ; c’est Animal Crossing dans un univers magique style Harry Potter, en gros, et seul le premier épisode sur Nintendo DS était sorti à l’époque en Europe, sous le titre plus évocateur de « Enchanted Folk and the School of Wizardry ». Au niveau des Shin Megami Tensei, Devil Survivor – Overclocked, Devil Survivor 2 – Record Breaker et surtout Devil Summoner : Soul Hackers m’intéressent également, et j’ai toujours Etrian Odyssey Untold – The Millennium Girl ainsi que Labyrinth no Kanata à faire depuis trèèèès longtemps. Surtout le second, qui est quand même le tout premier jeu que j’avais acheté pour ma 3DS. Je crois bien que c’est tout au niveau des derniers jeux sur 3DS que je compte faire un jour, sans oublier ceux pour lesquels j’hésite encore (comme Stella Glow).

Quelques impressions en vrac sur les trois jeux que j’ai pu faire cette année sur cette console, le tout sans spoiler :

The Legend of Legacy

The Legend of Legacy

J’ai enfin pu me lancer dans The Legend of Legacy, disponible en Europe depuis 2016, et qui m’intéressait beaucoup car il est souvent présenté comme un jeu s’inspirant de la série des SaGa. L’histoire se déroule sur l’île d’Avalon, découverte une dizaine d’années auparavant, avec ici la possibilité d’incarner au choix un personnage parmi sept. Il est possible de recruter les autres au fil de l’aventure, mais seuls trois personnages peuvent être utilisés en même temps.

Il s’agit d’un jeu mettant surtout en avant l’exploration, avec de nombreuses régions à découvrir. J’ai beaucoup aimé la possibilité de revendre ses informations une fois une carte complétée, et de les échanger contre une certaine somme d’argent (proportionnelle au pourcentage de la zone qui a été cartographiée) et d’autres bonus : ça donne envie d’explorer le moindre recoin. En revanche, il n’y a pas vraiment de scénario à proprement parler derrière tout cela ; il y a bien une trame principale (découvrir les secrets d’Avalon), mais le gameplay est largement mis en avant, avec un système basé sur celui des SaGa et ses statistiques qui augmentent au hasard durant les combats (il n’y a pas de points d’expériences et encore moins de niveaux). Les combats reposent d’ailleurs sur un système de posture/formation, avec un peu plus tard l’arrivée dans le jeu de contrats à passer avec des éléments et qui ont une influence sur l’efficacité de ses actions. Tout cela aurait pu être intéressant si le hasard n’entrait pas autant en jeu, sans parler des nombreux éléments non expliqués et qu’il faut découvrir par soi-même (ou en allant faire un tour sur GameFaqs).

J’ai tout de même fini par apprécier ce jeu malgré ses gros défauts : j’ai beaucoup aimé sa présentation à la manière d’un conte ainsi que sa bande-son assez sympa, signée Masashi Hamauzu. Après, il faut aimer le grind et les combats répétitifs, et ne pas avoir peur de sa difficulté très mal dosée liée au côté aléatoire des combats, sans parler des quelques choix un peu étranges (fuir un combat ramène au tout début de la région que l’on était en train d’explorer !). C’est également assez court en ligne droite (une vingtaine d’heures), et du coup j’aurais bien aimé avoir un post-game après avoir battu le boss de fin afin de continuer d’explorer les différentes régions. Cela reste un RPG loin d’être incontournable, à réserver aux curieux ou/et aux fans de la série des SaGa.

Alliance Alive - 3DS

The Alliance Alive

Développé lui aussi par FuRyu et utilisant un système basé sur celui des SaGa, The Alliance Alive c’est un peu The Legend of Legacy mais en mieux, avec un soupçon de Bravely Default : on a enfin un véritable RPG avec un scénario et des personnages qui ont une personnalité. L’univers introduit est lui aussi différent, car il est question ici d’un monde divisé en plusieurs continents isolés les uns des autres par une race qui se considère supérieure aux autres, les Daemons. Si les premiers personnages que l’on incarne sont des êtres humains, le jeu n’hésite pas à proposer plusieurs points de vue différents en incarnant d’autres personnages jouables vivant dans des royaumes différents, jusqu’à ce que leur chemin se croise. C’est relativement bien construit et intéressant, avec des personnages plus ou moins attachants : mes préférés sont la Daemon Vivian et son majordome Ignace, leurs interactions étant vraiment amusantes.

On a ici un côté exploration moins présent que dans The Legend of Legacy, avec toutefois la présence d’une bonne vieille carte du monde en 3D (un peu moche) et de nombreux moyens de locomotion à débloquer. Le système de combat est quant à lui aussi obscur que celui de son prédécesseur : absence de niveaux, des statistiques qui augmentent un peu au hasard… La différence étant que cette fois-ci, la difficulté a été revue à la baisse. En dehors de cela, il y a des tas de petits trucs pratiques qui facilitent la vie (la possibilité d’accélérer les combats en vitesse x4, de sauvegarder n’importe où…), ainsi qu’un côté gestion assez addictif où on peut recruter plus d’une centaine de PNJ pour ses différentes guildes, dans le but de débloquer divers bonus (nouvelles armes, objets, magie, etc.). Les fans de Suikoden apprécieront !

Sans être non plus une référence dans le genre, j’ai trouvé que c’était un bon petit RPG très sympathique. À condition de ne pas être allergique au style chibi, au côté un peu naïf de l’aventure et à l’absence de doublage (y compris durant les cinématiques).

Alliance Alive

Dai Gyakuten Saiban 2 - 3DS

Dai Gyakuten Saiban 2 ~ Naruhodō Ryūnosuke no Kakugo

Sorti en 2017, j’avais fait l’impasse dessus vu que j’avais moyennement aimé le tout premier volet malgré ses bonnes idées : la faute à une intrigue de fond pas toujours passionnante, des procès interminables et de nombreux mystères non expliqués. J’ai tout de même décidé de me plonger dans ce second épisode vu les retours nettement plus positifs dessus, tant du côté de ceux qui avaient aimé le premier jeu que ceux qui avaient été également déçus, et je ne le regrette pas : c’était BEAUCOUP mieux !

Il s’agit d’une véritable suite directe : on retrouve les mêmes personnages et le même univers, mais j’ai trouvé que c’était nettement mieux fichu, aussi bien au niveau des énigmes que des procès. Ce qui m’a surprise, c’est la présence de scènes entièrement doublées : je n’ai pas le souvenir d’en avoir vu dans le premier jeu. Quelques cinématiques utilisant le moteur du jeu sont également présentes pour les passages les plus importants, ce qui donne vraiment la sensation d’avoir entre les mains un Ace Attorney assez ambitieux et surtout très soigné au niveau de sa présentation. Rien à redire non plus au niveau de la bande-son, qui est pour moi l’une des meilleures de toute la saga, même si pas mal de thèmes proviennent évidemment du précédent volet.

Le plus intéressant est probablement la manière dont tout est imbriqué et intimement lié, les nombreuses questions que l’on pouvait se poser durant le premier jeu trouvant enfin ici leur réponse, les deux Dai Gyakuten Saiban formant un tout indissociable ; il y a des tonnes de révélations et de rebondissements, des passages émouvants, et au final j’ai nettement plus été marquée par ce second volet (et Natsume Sōseki est devenu l’un de mes personnages préférés !). Quelques points m’ont toutefois gênée : le chapitre 3, un peu trop long, ainsi que l’absence de changement au niveau du système de jurés, ces derniers étant d’ailleurs souvent les mêmes tout au long du jeu (quand ils n’ont pas un rapport plus ou moins lointain avec les procès).

Pour finir, si ce spin-off n’est jamais sorti du Japon, c’est peut-être à cause d’un problème de droits, étant donné que ça coince un peu au niveau de Sherlock Holmes : toutes les histoires de ce dernier sont depuis le temps tombées dans le domaine public dans le monde entier, sauf… aux Etats-Unis. Cela ne concerne que 10 nouvelles, mais manque de chance, quelques-unes d’entre elles sont utilisées ici, y compris au niveau des noms des personnages. Qu’il s’agisse de la véritable raison ou pas, ça n’a en tout cas probablement pas motivé Capcom pour localiser ces jeux.

Dai Gyakuten Saiban

(source)

 

Nintendo DS / Game Boy Advance

L’année 2018 était également l’occasion de revenir sur des jeux plus anciens, notamment sur des titres que je comptais faire depuis un bon moment. Il m’en reste encore pas mal, que ce soit sur DS (Infinite Space), Wii (Arc Rise Fantasia, Fragile Dreams…), voire même sur GameCube (je n’ai toujours pas lancé Fire Emblem: Path of Radiance \o/). Mais l’annonce des « remakes » de Radiant Historia sur 3DS et The World Ends With You sur Switch m’ont au moins poussée à enfin jouer à leur version originale : je n’avais pas spécialement envie de racheter un jeu que je possède déjà depuis des lustres, et les nouveautés ne m’ont franchement pas donné envie, surtout pour TWEWY.

Radiant Historia

C’est un jeu que je voulais faire depuis des années, et finalement l’annonce d’un portage/remake sur 3DS m’a poussée à me lancer dans la version originale : je ne suis pas fan du tout des nouveaux portraits des personnages, et apprendre que les anciens sont disponibles uniquement via un DLC payant m’a donné encore moins envie (et puis Eruca avec les cheveux courts > cheveux longs). En tout cas j’ai globalement bien aimé, avec des va-et-vient entre différentes lignes temporelles plutôt intéressants tant au niveau du scénario que des mécaniques du jeu.

L’une des bonnes surprises est le héros, Stocke, qui est une véritable bouffée d’air frais : ça fait plaisir de voir de temps à autre un personnage principal intéressant et qui sait réfléchir. Paradoxalement, j’ai trouvé Stocke involontairement drôle vu qu’il donne l’impression d’avoir l’air blasé en permanence durant les dialogues étant donné que les personnages ont un seul et unique portrait ; il me semble d’ailleurs que le remake utilise des portraits différents avec des expressions adaptées à chaque situation. Je note aussi que c’est plutôt bien écrit et raconté, avec de nombreuses mauvaises fins parfois surprenantes (notamment une avec Marco qui était un peu WTF) et des personnages assez attachants dans l’ensemble. Le système de combat, qui se déroule sur une sorte de grille, est également original même si je trouve qu’il s’essouffle assez rapidement vu que les combats en questions deviennent vite répétitifs.

Radiant Historia est un jeu que j’ai au final trouvé intéressant, mais sans plus, à cause de certains aspects qui ont freiné mon enthousiasme : le système de voyage dans le temps est très linéaire et limité, et le tout se déroule dans un monde finalement assez petit. On revoit d’ailleurs très souvent les mêmes lieux, sans oublier les nombreux allers-retours obligatoires ! Même le scénario, qui m’avait semblé assez ambitieux et complexe au départ, est finalement assez simpliste, et je me demande si les quelques ajouts de la version 3DS apportent une amélioration à ce niveau-là. Pour un jeu qui a plutôt de très bons retours, je n’ai donc pas pu m’empêcher d’être un tout petit peu déçue. Pour finir, sa bande-son signée Yoko Shimomura vaut toujours le détour, avec des thèmes qui rappellent fortement son travail sur Kingdom Hearts.

The World Ends With You

Je comptais au départ faire la version Switch, mais vu les changements au niveau du gameplay, j’ai préféré rester sur la version originale. Et quasiment 10 ans plus tard, cette version tient très bien la route. S’il y a une chose qui saute en premier aux yeux quand on commence le jeu, c’est son ambiance assez unique ; et vu qu’il se déroule dans le quartier branché de Shibuya, c’est peut-être même l’un des rares RPG où le chara-design de Tetsuya Nomura est tout à fait approprié et où les personnages aux multiples fermetures éclair et autres coupes de cheveux improbables ne choquent pas. Le tout est accompagné d’un scénario assez mystérieux et prenant, qui donne vraiment envie de découvrir le fin mot de l’histoire.

Le gameplay est en revanche l’aspect que j’ai le moins aimé : les combats sont certes uniques et utilisent intelligemment les deux écrans de la console, mais tout se fait principalement au stylet. Et le stylet, il faut aimer… On finit par s’y habituer, mais ce n’est franchement pas ce que je retiendrai du jeu. Certains éléments du gameplay sont également assez mal expliqués, comme par exemple l’évolution des badges. L’autre point qui fâche, c’est au niveau du héros, Neku, un adolescent complètement emo assez lourd : j’ai vraiment eu du mal les premières heures, mais heureusement il s’améliore un peu par la suite. Mis à part ces deux points, tout le reste est intéressant et regorge de bonnes idées, y compris au niveau de la possibilité de personnaliser soi-même son niveau de difficulté (et de modifier par la même occasion les objets et badges obtenus par les ennemis). Et puis il y a la bande-son, absolument fantastique, qui reste pour moi le gros point fort du jeu : Calling est d’ailleurs mon thème préféré, aux côtés de Someday.

The World Ends With You, c’était donc très cool (le gameplay, un peu moins), avec un scénario, des personnages et une ambiance assez chouettes.

Fire Emblem

Tiens, un intrus. C’est un peu à cause de (ou plutôt grâce à) Fire Emblem Heroes sur mobile que je me suis lancée dedans : j’avais essayé ce dernier par curiosité, pour finalement me demander au bout de quelques heures pourquoi je perds mon temps avec alors que je pourrais jouer à la place à un véritable Fire Emblem. Et là, je me suis souvenue que j’avais Fire Emblem sur GBA (ou plutôt sur console virtuelle), le premier épisode à être sorti hors du Japon si je ne dis pas de bêtises. C’est aussi une sorte de retour aux sources de mon côté vu que The Sacred Stones, lui aussi sur GBA, avait été mon tout premier Fire Emblem.

Le jeu n’a pas trop mal vieilli, et je me suis finalement surprise à le dévorer assez vite. Il y a une bonne ambiance, un univers accrocheur, un contenu assez riche et une difficulté bien dosée, même si je l’ai étrangement trouvé plus « facile » que les derniers Fire Emblem sur 3DS. J’ai beaucoup aimé les personnages de Lyn et Hector, mais en revanche je ne peux pas en dire autant d’Eliwood : c’est un peu le personnage dont je me suis souvent demandée à quoi il servait. Je ne sais pas si j’ai raté un truc, mais je l’ai trouvé vraiment médiocre comme unité.

Cela reste en tout cas un très bon Fire Emblem et un T-RPG simple, mais efficace.

 

Nintendo Switch

Contrairement à 2017, ma Switch n’a que peu servi cette année, les sorties de 2018 ne m’ayant pas vraiment intéressée : beaucoup de portages de jeux Wii U déjà faits (les seuls portages que j’attends, Xenoblade X et Tokyo Mirage Sessions #FE, n’ont pas l’air de vouloir pointer le bout de leur nez), et les autres grosses sorties ne m’intéressaient pas, que ce soit Pokémon Let’s Go ou encore Super Smash Bros. Ultimate (je ne suis pas du tout fan de Smash Bros, désolée :D). La console a pourtant l’avantage de la portabilité, mais très étrangement (ou pas ?), les jeux multi-plateformes coûtent un peu plus chers sur Switch, du coup ça me donne moins envie de les prendre dessus. L’exception étant les jeux indés, que je trouve parfaitement adaptés à ce support.

Heureusement, cette année s’annonce bien plus intéressante, surtout si certains gros titres prévus dessus sortent réellement en 2019 (Animal Crossing, Fire Emblem: Three Houses, le nouveau Pokémon et Shin Megami Tensei V en tête), sans oublier ceux qui n’ont pas de date précise (les remasters des deux premiers Grandia, Bayonetta 3…).

Octopath Traveler

Octopath Traveler

J’avais bien aimé la démo mais je redoutais à la longue le côté répétitif du jeu, et au final… C’était bien plus intéressant que ce à quoi je m’étais attendue ! Octopath Traveler est un RPG qui met en avant huit personnages, chacun ayant sa propre histoire. J’avais choisi comme personnage principal la petite marchande Tressa : je me suis dit que ça changeait un peu, et puis je trouve que son voyage sur le thème de l’exploration et la découverte du monde était finalement très approprié par rapport au jeu. Chaque personnage a ses propres talents/capacités, et c’était assez amusant de les utiliser dans chaque nouvelle ville et nouveau village (analyser les PNJ, les voler, leur lancer des duels, les recruter, commercer avec eux…).

Le point fort du jeu, c’est son gameplay à base de jobs et ses nombreuses possibilités. C’est typiquement le genre de RPG où on peut passer des heures à essayer de personnaliser son équipe pour faire les plus gros dégâts possibles, voire de trouver les bonnes combines pour tenter de vaincre les boss le plus rapidement possible. C’est aussi un jeu très ouvert au niveau de l’exploration, avec une grande liberté au niveau de la progression : j’ai vraiment apprécié la possibilité de visiter dès le départ des régions dangereuses où je n’étais pas censée aller. Et le jeu récompense en quelque sorte l’exploration : une fois le voleur du groupe recruté, il est très tentant de visiter les villes les plus éloignées et d’essayer de voler (après de trèèèès nombreuses tentatives) des armes puissantes auprès de certains PNJ. Ça m’a permis de récupérer ainsi dès les premières heures un bâton aux statistiques complètement craquées pour Cyrus, et de nettoyer des grottes assez dangereuses alors que mes personnages avaient 20 niveaux de moins que le niveau recommandé.

En dehors du gameplay, l’autre gros point positif est sa bande-son, que j’ai vraiment adorée, ainsi que les effets sonores en général. En revanche, il y a des aspects nettement moins réussis qui peuvent rebuter, à commencer par les personnages. Ils sont tous un peu déconnectés les uns des autres, ce qui peut créer des incohérences au niveau de la narration ; c’est par exemple le cas avec Therion, où dans le premier chapitre de son scénario il refuse la moindre aide et insiste pour agir en solitaire, tandis que quelques minutes plus tard il accepte sans problème que le joueur l’accompagne. Les différentes histoires des personnages sont également très inégales en terme d’intérêt (je retiens surtout celles de Primrose et Alfyn), mais j’ai été agréablement surprise par la présence de véritables liens, pas forcément explicites, entre chacune d’entre elles.

D’autres aspects du jeu auraient pu être améliorés pour rendre l’expérience un peu moins fastidieuse : outre le fait que les personnages non utilisés ne gagnent pas de points d’expérience, on ne peut pas changer directement la composition de son équipe, et il faut obligatoirement passer par la taverne. Je n’aurais pas été contre la présence d’une telle option aux points de sauvegardes, d’autant plus que le seul endroit où c’est possible, c’est le point de sauvegarde du donjon de fin optionnel. Une option pour accélérer les combats n’aurait pas été du luxe non plus, ainsi qu’un peu plus de variété au niveau des décors : on traverse un peu trop souvent les mêmes forêts, grottes et manoirs.

J’ai tout de même passé un très bon moment avec ce RPG, qui a en plus le mérite d’être très joli si on aime le style (la 2D, les effets lumineux, la neige… C’est un véritable régal pour les yeux). En tout cas, j’attends avec impatience un éventuel second épisode qui corrigerait ses défauts.

Sega Ages Phantasy Star

SEGA AGES Phantasy Star

Je n’avais pas prévu de l’acheter, mais finalement je me suis laissée tenter par cette version qui a le mérite de rendre un RPG sorti il y a maintenant un peu plus de 30 ans nettement moins frustrant. Même si je me demande pourquoi Sega n’a pas plutôt sorti un portage du remake disponible sur PS2, qui pique un peu moins les yeux et proposait déjà quelques améliorations.

Les nouveautés de cette version Switch ? Une mini-carte dans les donjons qui révèle même l’emplacement des murs illusoires et des pièges, la présence d’un sous-menu avec des informations sur tous les objets du jeu, une description de toutes les magies, un bestiaire avec des descriptions et autres anecdotes, des personnages qui marchent plus vite, le choix entre les musiques originales et réorchestrées… Il est toujours possible de jouer à la version originale pour les puristes, mais ce nouveau mode de jeu propose une expérience nettement moins austère qui retire enfin tout le grind obligatoire : l’argent et les points d’expériences reçus sont bien plus élevés. La fréquence des combats a été revue à la baisse également, même si c’est parfois implémenté de manière très étrange : j’avais souvent des combats sur la carte du monde, mais nettement moins dans les donjons (et seulement deux combats aléatoires dans le tout dernier donjon !?).

Il ne faut tout de même pas s’attendre à de gros chamboulements au niveau des graphismes et du scénario, tout est identique au jeu original : ça reste dans le fond un RPG à l’ancienne, avec tout ce que cela implique : des menus austères, des explications réduites au minimum… C’est en tout cas une expérience intéressante et probablement la version la plus simple d’accès du premier Phantasy Star, d’autant plus qu’il n’est pas bien long grâce à ses améliorations : j’ai mis de mon côté une dizaine d’heures pour en voir le bout. J’espère que Phantasy Star 2 aura un jour droit au même traitement, car il en aurait bien besoin !

Phantasy Star

Celeste

Du côté des jeux indés, l’un des premiers titres que j’ai pu faire en 2018 est Celeste. Un jeu de plateforme qui commençait alors à faire beaucoup parler de lui, et même si les jeux hardcore de ce style, ce n’est pas mon truc, j’avais quand même bien envie d’y jouer. J’ai décidé de lui donner une chance quand j’ai appris qu’il y avait un mode « assistance » activable à tout moment et aux options personnalisables (diminuer la vitesse du jeu, se rendre invincible, etc.) : je me suis dit que si jamais je trouve le jeu trop difficile, ça me permettra au moins de le finir plutôt que de l’abandonner. Résultat ? Je n’ai finalement même pas utilisé ce mode une seule fois : Celeste est un jeu à la difficulté régulière et à la courbe de progression tout en douceur, et jamais je ne me suis sentie face à un mur. Donc oui, c’est parfois difficile, mais ce n’est jamais injuste.

C’est également un jeu de plateforme narratif plein de bonnes surprises, avec des thèmes auxquels je ne m’attendais pas (la dépression, notamment), ainsi qu’un message extrêmement positif derrière qui donne envie de persévérer. Sans oublier sa bande-son, qui est l’une de mes préférées de cette année : certains thèmes comme Resurrections, Scattered and Lost ou encore Confronting Myself sont inoubliables. Pour les plus masochistes qui veulent davantage de challenge, il y a les « faces B », des tableaux optionnels qui sont quant à eux bien plus difficiles que ceux du jeu de base, et surtout beaucoup plus punitifs.

A noter qu’y jouer sur Switch en mode portable fait un peu mal aux mains, et de mon côté j’ai dû passer en mode TV avec la manette à partir du chapitre 5 : ça passe quand même beaucoup mieux. Et je ne sais pas si cela a été corrigé depuis, mais il se peut que le jeu plante à la fin de certains chapitres (j’ai eu 3 crashs au total) ; c’est le seul problème que j’ai eu avec ce jeu, qui est clairement l’une de mes meilleures surprises de cette année.

Disponible également sur PS4, Xbox One, Steam, itch.io

Minit

Je me suis lancée dans ce jeu uniquement parce que le concept de base m’intriguait : on incarne une petite créature qui ne peut vivre que 60 secondes depuis qu’elle a récupéré une épée maudite. Eh oui, au bout d’une minute le personnage meurt instantanément et ressuscite à son point de départ ! Heureusement, le jeu sauvegarde toutes nos actions, et il y a plusieurs points de contrôle qui permettent de ressusciter à d’autres endroits que dans sa maison.

Ce Minit, qui rappelle Link’s Awakening sur bien des points, est en fait un jeu qui repose essentiellement sur la mémoire. Une sorte de die and retry au départ frustrant, mais dans lequel on finit par progresser petit à petit en rendant service à tel personnage, en récupérant tel objet ou encore en débloquant des raccourcis. On se prend au jeu et à cette course effrénée contre la montre, même si entendre le tic-tac des dernières secondes du compte à rebours, qui indique la mort imminente du personnage, reste un moment très stressant.

C’est au joueur de se débrouiller et de trouver un moyen de se libérer de sa malédiction, sauf qu’il y a un petit hic : il est possible de tomber sans le savoir sur le boss de fin. C’est ce qui m’est arrivé, et c’est probablement la première fois que je termine un jeu sans le faire exprès. Heureusement, il y a des statistiques finales, et j’ai pu voir que je n’avais découvert que 33 % du jeu (pour un temps total de 1 h 32). Ce qui me rassure un peu car cela veut dire qu’il y a finalement des tas de choses à faire et à découvrir, et sur le coup j’ai regretté d’avoir mis de côté des événements que je pensais être obligatoires pour progresser alors qu’ils étaient en fin de compte optionnels (je n’ai jamais pris le bateau dans ma partie, par exemple).

Bref, c’est un petit jeu sympathique avec pas mal d’humour, même si personnellement je n’ai pas accroché tant que ça. Il faut également aimer le côté très minimaliste, et pour peu que l’on adhère au principe, il peut se révéler très prenant.

Disponible également sur PS4, Xbox One, Steam, GOG, itch.io

Angels of Death

Je me suis lancée dans Angels of Death, un petit jeu d’aventure/horreur crée via RPG Maker, après avoir vu les premiers épisodes de l’adaptation en anime : j’avais trouvé le scénario de ce dernier intéressant, sauf que se faire spoiler ainsi n’était pas une très bonne idée, d’autant plus que regarder l’anime me donnait l’impression désagréable de suivre un Let’s Play. Et j’ai bien fait car j’ai trouvé le jeu bien meilleur ; au moins, j’ai réussi à supporter Zack, vu que son doublage dans l’anime était une horreur. Rachel était également ici bien plus intéressante, et au final j’ai fini par trouver ce duo atypique vraiment attachant.

C’est un jeu au scénario prenant qui donne envie de vite découvrir la suite : qui est Rachel et pourquoi a-t-elle été enfermée dans un endroit aussi étrange ? Ni très long (7 heures de mon côté pour en voir le bout) ni très complexe, il est tout à fait possible de le terminer d’une traite étant donné que les différentes énigmes et puzzles sont plutôt simples. Il y a tout de même quelques aspects qui peuvent rebuter : il s’agit d’un jeu extrêmement linéaire, avec des antagonistes qui ne sont pas forcément intéressants, voire même lourds (Eddie, je te hais), et le côté un peu simplifié du gameplay ne plaira pas à tout le monde. Le jeu propose même de sauvegarder avant chaque énigme/passage où la mort peut survenir, ce qui retire toute sensation de danger et de stress. Sachant qu’il ne fait pas du tout peur (et encore moins sursauter), c’est un peu dommage.

En tout cas, j’ai bien aimé cet Angels of Death malgré ses défauts : au moins, ça m’a donné envie de redonner une chance à l’anime et de voir comment certains passages ont été adaptés.

Disponible également sur Steam

Detention

Petite production taïwanaise sortie en 2018 sur Switch, Detention est un mélange de jeu d’aventure et de point & click qui se déroule dans le Taïwan des années 60. Métaphore des événements politiques qui ont eu lieu dans ce pays durant cette période, on a droit ici à un véritable jeu d’horreur : sursauts et sentiment de malaise garantis.

Nous incarnons Ray, une lycéenne qui se réveille un peu perdue dans son établissement scolaire, absolument désert. Le jeu propose un sentiment de peur permanente, du moins au départ : une atmosphère glauque et pesante, la présence de créatures issues du folklore local… Le tout avec une ambiance sonore à faire froid dans le dos (les bruits de respiration, de pas…), surtout quand on y joue tard la nuit. Detention repose davantage sur l’horreur psychologique, avec à la base du gameplay des énigmes à résoudre pour trouver rapidement la sortie : pas question de se défendre ici, Ray n’est qu’une adolescente comme les autres, et croiser les différents monstres demandera souvent de retenir sa respiration ou bien de rester immobile. Le dernier tiers du jeu propose quelque chose d’assez différent et d’un peu plus intimiste, mais ça n’en reste pas moins intéressant.

C’est un jeu qui ne paye pas de mine mais que j’ai bien aimé, avec en prime un contexte historique atypique et intéressant ainsi qu’un style assez particulier (l’animation des personnages donne l’impression de voir des pantins). Je regrette tout de même l’abus d’allers-retours nécessaires pour résoudre certaines énigmes, ainsi qu’un côté horrifique qui s’essouffle finalement assez vite.

Disponible également sur PS4, Steam

GRIS

L’un des rares jeux achetés cette année sur un coup de tête : après être tombée par hasard dessus sur la page des futures sorties de l’eShop, je suis tout de suite tombée sous le charme de ses illustrations, sans vraiment savoir de quelle sorte de jeu il s’agissait.

GRIS est avant tout un voyage visuel et auditif, à la direction artistique qui ne peut que rappeler certaines œuvres comme Kanashimi no Belladonna, l’artiste derrière les illustrations, Conrad Roset, ayant un style proche de celui utilisé dans ce film. Le rendu visuel est vraiment très réussi : c’est véritablement un jeu à screenshots. La moindre capture d’écran peut servir de fond d’écran sans aucun problème.

C’est aussi un jeu qui m’a fait furieusement penser à Journey. Pas forcément à cause de la robe portée par l’héroïne, mais plutôt au niveau du gameplay et de certains passages. Il propose par ailleurs une expérience similaire : une aventure où le game over n’existe pas, une narration subtile et quelques légers puzzles à résoudre. On passe également plus de temps à marcher qu’autre chose, mais les fans d’énigmes tordues ont droit à un contenu optionnel proposant des passages un peu plus délicats qui demandent davantage de réflexion. Je regrette tout de même que quelques bonnes idées n’aient pas été un peu plus exploitées ; je pense surtout à cette énigme où on doit utiliser une copie de glace de l’héroïne pour résoudre un puzzle, cet élément de gameplay n’étant utilisé qu’une seule fois de toute l’aventure principale.

Jeu muet (avec une héroïne qui a littéralement perdu sa voix), GRIS possède également une très jolie bande-son qui colle parfaitement à l’ambiance. C’est court (entre 3 et 4 heures) et le prix initial peut rebuter (17 euros !), mais personnellement ça a été l’une de mes meilleures expériences de cette année.

Disponible également sur Steam, GOG

Et en 2019 ? Je compte faire sur Switch des jeux qui sont déjà dans mon backlog : WILL: A Wonderful World, Thimbleweed ParkNight in the Woods et Golf Story. Dans la catégorie des jeux sortis en 2018 qui m’intéressent également et que je compte acheter un jour il y a Into the Breach, un tactical-RPG qui de très bonnes critiques, et surtout le très mignon Little Dragons Café, par le créateur de la série des Harvest Moon. Quant au reste, je verrai bien, mais si Animal Crossing sort pour de bon cette année et qu’il s’agit d’un véritable nouvel épisode à part entière, je doute avoir le temps de jouer à grand-chose.

Rendez-vous dans quelques jours pour la suite de ce bilan~

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neokenji
neokenji

T’as même pas tenté Dark Souls sur Switch ? Fausse fan XD

Un portage de Xenoblade X sur Switch pourrait être pas mal (avec des visages refaits ? :p) mais il y aurait pas mal de truc à revoir niveau interface pour adapter le jeu à la Switch.

Sinon que je me penche sur le DLC de Xenoblade 2 qui a l’air vraiment pas mal.

Bonne année au passage !

Tama

Merci pour ce bilan !
De tous les jeux, je n’ai testé de radiant historia pour qui j’ai eu un petit coup de coeur sur le moment. Je trouvais l’ensemble intriguant et intéressant. J’ai du faire une pause et maintenant que j’ai repris le jeu mon enthousiasme est un peu retombé. Je m’attendais à plus de croisement entre les lignes temporels et que les événements d’une ligne touche directement ou indirectement une autre. Au final, j’ai eu l’impression de passer mon temps à faire des aller-retours et de me taper encore et encore les même dialogues (impossible à passer). Quand je pense que le héro se taper en boucle certains événements, il pourrait changer un peu la conversation XD
J’ai vu qu’il y avait eu une nouvelle mouture avec pas mal de contenu en plus, mais j’aime moins le design de certains persos (surtout erica).
J’ai acheté unlimited saga il y a quelques années et pour l’instant je n’ai pas eu trop l’occasion d’y jouer, j’ai toujours pas compris le système de jeu XD