J’ai finalement acheté ASH ~ Archaic Sealed Heat parce que j’aime bien les tactical RPG, que l’on doit ce jeu à Mistwalker, mais aussi parce qu’il ne coûtait presque rien au Japon, son prix étant même descendu en flèche peu de temps après sa sortie en octobre dernier. Mais avec tous les avis plus ou moins négatifs que j’avais lus dessus j’avais longuement hésité à me lancer dans ce jeu, jusqu’à cet été. Et maintenant que je l’ai enfin terminé, je comprends effectivement pourquoi il a été autant critiqué.

 

Aisya et les guerriers des cendres

Archaic Sealed HeatC’est le jour du couronnement de Aisya, la jeune princesse du royaume de Millinear, qu’un immense serpent de flammes fait son apparition : détruisant tout sur son passage, il ne laisse qu’Aisya comme seule survivante. A la grande surprise de cette dernière, ses guerriers et autres serviteurs tués par les flammes du serpent ressuscitent… à la différence que leur corps se retrouve être maintenant intégralement composé de cendres. Aisya, accompagnée de ses « guerriers des cendres », décide alors de partir à la recherche de ce serpent de flammes, mais également de trouver un moyen de rendre leur corps originel à ses amis.

Se rendant compte que le serpent de flammes a fui au cœur de la forêt voisine, Aisya et son petit groupe décident de s’y rendre au plus vite. Ils tombent en chemin sur des soldats de l’empire voisin de Sumnelthia dont le commandant, Dan, avait pour mission d’enfermer ce mystérieux serpent dans une urne spéciale scellée par une formule magique. Bien qu’il réussit à y enfermer le serpent de flammes, ce dernier arriva à s’en échapper et brûla tout sur son passage. C’est au même moment que d’étranges soldats-robots firent leur apparition et commencèrent à attaquer Dan, qui fut sauvé par le groupe d’Aisya. Dan essaya de mettre en lieu sûr Emu, une enfant du Peuple de la Forêt aux pouvoirs mystiques qu’il avait kidnappé sur ordre de son empereur, mais qu’il refuse de remettre à ce dernier, ne voulant pas commettre un acte aussi bas. Dan, Emu, Aisya et les guerriers des cendres fuient, pour finalement découvrir que le Peuple de la Forêt a été décimé par le serpent de flammes. C’est alors qu’à leur grand étonnement, le même miracle se reproduit : tous les habitants ressuscitent et se retrouvent avec un corps fait de cendres.

« Ashen Soldier »

Le groupe d’Aisya comprend vite que l’empire de Sumnelthia cache quelque chose, et ils décident de s’y rendre afin d’en apprendre plus. Durant leur voyage, ils tombent de nouveau sur cette légion de robots, commandée par une étrange créature mi-robot mi-centaure : Bamyganant. Ce dernier, qui semble bien connaître Aisya, lui dit qu’il veut réécrire l’histoire… Par la suite, le groupe tombe sur l’un de ces robots, qui a été endommagé et complètement abandonné ; mais comme il a l’air légèrement différent, ils décident de le réparer. Ce robot affirme qu’il n’est pas l’ennemi des humains, et leur apprend que la légion de soldats-robots ainsi que lui-même viennent du futur, un futur lointain où la race humaine est sur le point de complètement s’éteindre…

Voilà donc en gros le résumé des premières heures du jeu, car c’est à partir de là que l’histoire se complique un petit peu, avec notamment tout ce qui concerne l’énergie de la planète (la Black Energy et la White Energy) et son très fragile équilibre. Les personnages rencontreront par la suite le mercenaire taciturne Jeekawen, la princesse captive Maritie, ou encore la puissante magicienne Aceshin XV, régente du royaume de Aceshin. La quête de Aisya et de ses guerriers des cendres leur permettront de comprendre d’où viennent les serpents de flammes, pourquoi une légion de robots venus du futur veulent les tuer, pourquoi Bamyganant tient tant à modifier le passé et à réécrire l’histoire, mais aussi quelle est cette mystérieuse et puissante créature à visage humain qui croise souvent leur route et semble immortelle… car tout ceci est lié par un seul et unique point commun, que le joueur découvrira au fil de l’histoire.

Le scénario de ASH est en effet bien plus complexe qu’il n’y parait, et on y retrouve des thèmes chers à Sakaguchi (la « théorie de Gaïa », l’énergie vitale de la planète…). Dommage en revanche que la façon dont l’intrigue est développée ne soit au final pas si bien rythmée que ça : personnellement, il y a eu de longs passages où je me suis bien ennuyée.

Archaic Sealed Heat

Un système de combat… archaïque ?

Le gros problème du jeu concerne en fait les combats. Et ceci explique pourquoi j’ai mis autant de temps pour le finir : non pas que ce soit difficile, mais parce que les combats sont de plus en plus laborieux au fil de la progression, et sont surtout répétitifs et lents. La faute en revient aux animations des personnages qui mettent plus ou moins du temps pour effectuer une attaque ou lancer un sort… ASH est vraiment le genre de jeu à posséder des combats suffisamment longs pour avoir le temps de faire autre chose pendant que les ennemis attaquent ; et ça, ça casse le rythme. Je lisais même un bouquin en attendant que les phases des ennemis se passent étant donné que de toutes façons le joueur ne peut rien faire pendant ce temps-là.

Concernant le système de combat, on a un système très similaire à celui de Bahamut Lagoon, à savoir un T-RPG avec des phases de combat qui sont celles d’un RPG tout ce qu’il y a de plus classique, à la différence que l’on voit de face ses propres personnages. Et avec tout de même l’ajout d’une barre pour les attaques spéciales, qui se remplit plus ou moins vite suivant les dégâts reçus ou les attaques que l’on exécute.

Au niveau des déplacements, le joueur dirige seulement trois groupes de trois personnages maximum (quatre groupes dans les deux derniers chapitres du jeu), sachant qu’il y a également un système d’AP (Action Points) permettant à chaque groupe de se déplacer / faire une action tant qu’il lui reste des points, et qu’il en faut également un minimum pour pouvoir engager un combat.

« Aisya’s Theme »

Archaic Sealed Heat

Les combats se veulent toutefois différents des autres T-RPG, avec une mise en avant de l’efficacité des personnages suivant l’endroit où ils se trouvent. C’est assez déroutant au départ, car si dans un groupe l’un des personnages attaque un ennemi mais que l’un des deux autres personnages de ce même groupe se trouve à l’opposé de la carte, il peut tout de même participer au combat. Suivant son éloignement, ses possibilités se trouveront plus ou moins réduites, mais si il est vraiment trop loin il ne pourra se battre qu’en lançant des pierres sur l’ennemi (ce qui fait des dégâts ridicules mais, en contre partie, augmente beaucoup la jauge des attaques spéciales). Cela n’empêche pas les combats de vite devenir répétitifs, mais heureusement qu’au fil du jeu viennent s’ajouter de nouvelles possibilités, dont le système « Engage », permettant de sacrifier l’un de ses guerriers des cendres en le faisant fusionner avec l’un des personnages principaux, afin d’apprendre l’un de ses sorts ou bien d’augmenter ses propres statistiques.

A noter qu’à la manière d’un Fire Emblem, les personnages tués ne reviennent pas à la vie sauf s’il s’agit des personnages principaux, et que la mort d’Aisya entraîne automatiquement un Game Over. Il y a cependant un moyen de ramener les personnages tués, et un seul : utiliser le sort de résurrection durant le combat au cours duquel ils ont péri (on ne peut pas utiliser ce sort sur la carte, malheureusement). Par ailleurs, les personnages que l’on peut recruter et qui n’ont pas d’influence sur le scénario sont uniquement les guerriers des cendres, qui ne sont en fait que des statistiques sur pattes dont les noms sont générés aléatoirement. Moyennant un peu d’argent, on peut donc recruter un personnage appartenant à l’une des classes suivants : Battler, Itemer, Stealer, Monster Mage, Black Mage, White Mage et Longsword (le jeu est bourré d’engrish, ce qui explique l’étrangeté de certains mots anglais).

Un autre point qui peut être considéré comme négatif ou positif, cela dépend pour qui, est l’absence de difficulté. On avance vraiment en ligne droite sans aucun problème ; il y a pourtant la possibilité de retourner dans les chapitres précédents pour se faire des points d’expérience, mais pour ma part je n’ai jamais fait de séance de leveling. On avance comme dans du beurre, tout est facile, y compris les boss, et la faute en revient à certaines classes de personnages beaucoup trop puissantes, notamment les Black Mage (et dans une moindre mesure les Itemers, alors qu’au premier abord ils apparaissent plutôt inutiles). Et c’est sans compter le système de sauvegarde rapide qui, à l’inverse d’un Fire Emblem (encore lui) ne pénalise pas le joueur : la sauvegarde temporaire peut être chargée autant de fois qu’on le souhaite et ne s’effacera pas.

Archaic Sealed Heat

Une réalisation… archaïque ?

Là où ça fait très mal en revanche, c’est au niveau des graphismes : je parle ici surtout de la carte en 3D qui fait office de plateau de combats, car le reste est plutôt joli (même si les cinématiques sont parfois très pixelisées, mais on ne va pas chipoter). En fait, le problème n’est pas vraiment la 3D, qui est correct, mais les sprites des personnages posés dessus. C’est tout simplement moche, et le pire est qu’il y a des phases du scénario qui utilisent cette 2D, donnant un résultat très ridicule. Après, ce ne sont heureusement pas les graphismes qui comptent dans un jeu de ce genre, mais certains passages normalement sérieux, voire dramatiques, m’ont paru assez drôles à cause de ces graphismes, et c’est bien dommage.

Après ces points négatifs, je dois dire que j’ai quand même bien aimé le chara-design des personnages. Au niveau des personnages en eux-mêmes, ils sont plus ou moins intéressants : j’ai beaucoup aimé Dan et Maritie, doublés par Koyasu Takehito et Ueda Kana. Le reste des personnages est doublé par des voix plutôt connues car Maaya Sakamoto, Mamoru Miyano, Mamiko Noto ou encore Joji Nakata sont également de la partie. Dommage en revanche que le nombre de phrases qu’ils prononcent soient peu nombreuses et très souvent les mêmes ; sur la fin j’avais vraiment du mal à supporter les « ikimashô ? » de Aisya.

Concernant la bande-son, elle est signée Sakimoto Hitoshi et Iwata Masaharu, qui ont déjà signé la bande-son de plusieurs RPG dont Final Fantasy Tactics ; on reconnait bien leur style musical, car quelques thèmes sont très similaires à certaines musiques que l’on peut entendre dans Final Fantasy XII.

A noter qu’une fois le jeu terminé apparaît un mode New Game +, qui malheureusement ne permet pas de garder le niveau, l’argent et les items précédemment gagnés, mais seulement les capacités. Et encore, seulement les capacités apprises via le système des « Engage », et non celles que l’on gagne automatiquement en gagnant un niveau…

« The Green Woods »

Et au final…

Ce ASH ~ Archaic Sealed Heat possède de bonnes idées et un scénario relativement intéressant, mais il a fallu que tout soit plombé par un rythme inspirant plus de la monotonie que de l’enthousiasme, des graphismes parfois honteux et des combats d’une lenteur impardonnable. Un seul mot pourrait même résumer ce jeu : répétitif. Heureusement qu’il y a quelques personnages très intéressants et que le scénario prend une tournure des plus intrigantes vers les trois-quarts du jeu, mais il est dommage que globalement ce titre soit aussi peu passionnant et rempli de défauts, d’autant plus qu’il faut une bonne quarantaine d’heures pour en voir le bout.

Au final, j’ai donc moyennement aimé ASH ; ce n’est pas non plus le navet annoncé par certains, car je n’ai pas trouvé le jeu si mauvais que ça. A réserver tout de même aux fans du genre, les autres peuvent passer leur chemin et acheter à la place la jolie bande-son.

 

14 commentaires

  1. Dommage que ça soit si monotone car les premières images que j’avais vu présageaient quelque chose de bon (notamment les artworks ou les cinématiques). Dommage car il y a tellement peu de bons T-RPGs sur DS à part Luminous Arc qui reste pas mal ou Final Fantasy Tactics A2 mais qui est niais, il ne reste plus qu’à attendre l’excellent Disgaea sur DS (même si c’est le remake d’un remake).

  2. Je me suis arrêté à une vingtaine d’heures de jeu (faute de temps) mais je compte bien m’y remettre prochainement. Son côté archaïque – volontaire – m’a pas mal charmé, les musiques, même si on pouvait s’attendre à mieux, sont très agréables et le scénario reste relativement intéressant. Mais j’appuie totalement ton avis concernant la monotonie du soft. Le rythme est réellement lent. Bien dommage. Je donnerai un réel avis une fois l’aventure achevée mais pour l’heure, je serais un chouïa moins négatif que toi. :)

  3. Un jeu à éviter donc…
    Je ne l’attendais pas des masses celui-là. De toutes façons, avec FF IV le 4 septembre, DQ IV le 11 du même mois et Chrono Trigger annoncé pour début 2009, ma DS va être comblée.

  4. Je l’attendais beaucoup, ça m’a un peu refroidi… Mais bon, je tâcherai de tester quand même si j’en ai l’occasion.

  5. kyouray >> n’ayant jamais joué à Disgaea, je comptais bien me prendre la version DS pour avoir enfin un T-RPG digne de ce nom sur DS. :)

    vidok >> je ne sais pas si le côté archaïque était vraiment volontaire… je n’ai pas vraiment eu cette impression, mais j’espère que tu as raison. ^^;

    Chocoguyguy >> pas forcément à éviter, il y en a qui l’ont apprécié (sur Neogaf et Gamefaqs), mais il y a quand même beaucoup mieux dans le même genre.

  6. Bon, rien qu’à rien ton test, je crois que je vais attendre bien tranquillement Disgaia et Fire Emblem. Je pige mieux pourquoi il est vendu à prix cassé sur play-asia lol.

  7. Fire Emblem… Boudiou! C’est vrai qu’il va sortir également sur DS celui-là. Je l’avais oublié. X__X

  8. Chibitchipatchi Répondre

    Hé bien merci beaucoup d’avoir écrit un pavé sur ce jeu qui m’intéresse assez. S’il sort du Japon je réfléchirais à le prendre ou pas.

  9. Chocoguyguy >> d’ailleurs le Fire Emblem sur DS (qui est sorti aujourd’hui, tiens), ce n’est pas le remake du premier jeu sorti sur NES? Il me le faut, dans ce cas !

  10. Donc même en exploitant une carte 128MB, l’equipe de Sakaguchi a mal géré le jeu… Ce n’est pas une daube mais juste un jeu mal equilibré…

  11. Le Fire Emblem sur DS est bien un remake du premier, avec pas mal de choses rajoutées. (nouveaux personnages, nouvelles cartes entre-autre)
    C’est un peu abusé sachant que le jeu avait déjà eu un remake sur Snes, mais bon…
    Je compte bien me le prendre s’il sort en Europe, je suis trop fan du nouveau chara design(par Masamune Shirow himself *_*) et le online a l’air sympa :)

    Sinon merci bien pour cet article, au moins ça me permet de me dire que je ne loupe pas grand chose à ne pas avoir ce jeu >_> Même le design m’attirait vachement…

  12. Katua=> C’est Masamune Shirow qui fait les artworks? o_O En voilà une bien bonne… Ca fait une 2e bonne raison de l’acheter les yeux fermés. Espérons qu’ils mettent un mode « galerie ».

  13. A mon avis, y’en aura surement un via le Menu Jukebox du jeu (comme Fire Emblem 7 et 8)

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