Anime – Bilan de la décennie 2001-2010 : suite et fin

Avec un peu de retard voici la suite de ce bilan de la décennie au niveau de la japanimation, avec un billet un peu plus long que le précédent.

Après quelques petits constats sur l'évolution des anime, leur augmentation au fil des ans et leur uniformisation, je me suis maintenant intéressée à leur adaptation suivant leur support d'origine : quelle est la proportion d'œuvres originales par rapport aux adaptations de mangas, de jeux vidéo, etc., et combien de suites débarquent chaque année ? Un petit mot sur la montée du fandom féminin suivra, et je terminerai le tout par un petit aperçu général année par année, avec également des impressions très subjectives sur quelques séries et autres événements de cette décennie.

Pour commencer, j'avoue que je ne savais pas trop au départ comment réellement aborder cette deuxième partie sans que cela ne devienne trop indigeste, étant donné que je voulais surtout mettre en avant les séries en elles-mêmes. Entre faire un top ou dresser une liste année par année, résumer dix années d'animation japonaise reste quelque chose de difficile parce que cela demande aussi un gros effort de mémoire ; j'ai donc opté pour le choix le plus simple, c'est-à-dire dresser un bilan année par année, en faisant ressortir quelques événements de l'industrie de l'anime ainsi que quelques titres qui m'auront personnellement marquée (dans le bon et le mauvais sens). Mais avant cela, j'ai voulu faire également ressortir deux autres tendances en plus des trois précédentes citées dans la première partie, en commençant par l'origine des adaptations.

 

Nia déguisée en Lina Inverse

Adaptations & suites à foison

Il y a plusieurs façons de comptabiliser les anime d'une décennie, comme par exemple les classer par genre, mais j'ai trouvé bien plus parlant de les classer par adaptations, et ce uniquement pour les séries diffusées régulièrement à la télévision. Car j'ai surtout voulu faire ressortir l'originalité d'un anime : s'agit-il d'un concept original ne se reposant sur aucune fanbase, ou bien d'une suite ? S'agit-il d'une adaptation de light novel, de visual novel, ou bien d'un remake d'une ancienne série ?

Pour certains titres cela aura été un casse-tête de les classer dans telle ou telle catégorie (notamment lorsqu'une série est tirée d'une machine de pachinko...), mais au final si par exemple un manga est adapté en anime pour la première fois, je l'ai classé dans "adaptation de manga" ; si une suite basée sur ce même manga est créée, alors cette suite sera classée dans "suite et spin offs" et non dans les adaptations de manga. Il en est de même pour les light novels et les adaptations de visual novel. Pour certains titres ce fut difficile de trancher lorsqu'il s'agit d'un projet décliné en trois supports (jeu vidéo, anime, manga) quasiment sortis en même temps ; dans ce cas-là j'ai choisi le média pour lequel il a été pensé en premier. J'ai également volontairement omis de ce schéma les remakes et les adaptations de jeu vidéo (hors jeux de drague et autres visual / sound novels), et regroupé ensemble les light novels et les romans.

Au final, classer les anime suivant leur origine aura été intéressant et m'aura permis de voir quelles étaient les tendances année par année. Comment est-on passé d'une trentaine d'anime originaux en 2001 à seulement une dizaine en 2010 ? Et inversement, comment est-on passé d'une dizaine de suites à plus d'une trentaine à la fin de la décennie ? J'ai donc là aussi classé tout cela sous forme de graphique, toujours en me servant de la base de données de Anime News Network mais aussi du Wikipedia japonais.

Et au passage voici une version alternative de ce graphique (merci à Cyberpenpen !) qui montre le pourcentage qu'occupe chaque catégorie dans le total des œuvres de chaque année, afin d'avoir quelque chose de plus exact étant donné la quantité variable de titres diffusés à la TV chaque année :

Que peut-on tirer de tout cela ? Tout d'abord que le nombre de suites n'aura cessé d'augmenter, au profit des anime originaux et des adaptations de manga. Les adaptations de light novel et de visual novel en séries TV auront elles aussi augmenté petit à petit au fil des années, mais ce n'est que vers 2005 et 2006 que l'on reconnait une hausse bien plus nette ; depuis, le chiffre est resté assez constant. Si l'on cumule les chiffres de séries tirées de visual novels et de light novels (hors romans) puisqu'il s'agit des adaptations qui ont connu un véritable boom dans les années 2000, en 2010 cela donne 22 séries, contre seulement 2 en 2001. Ce chiffre atteint 29 en 2006 : si il a légèrement augmenté au fil des années, 2006 est l'année où il aura explosé ; c'est également l'année où le plus grand nombre de nouveaux anime aura été diffusé à la télévision japonaise (pas moins de 150), mais c'est aussi à partir de ce moment-là que le nombre d'anime diffusés par an commencera à diminuer.

Si les anime se reposant plutôt sur le fan service ecchi arrivaient surtout par le biais des OAV, ils étaient encore en minorité à la télévision au tout début de la décennie. Mais petit à petit, tandis que le nombre d'OAV de ce genre de séries diminuait, elles faisaient davantage leur apparition à la télévision, surtout depuis que les anime sont diffusés le soir et la nuit) ; cela a tranquillement commencé vers 2003 où des séries comme Ikkitousen, Tenjou Tenge, Green Green ou encore Lime-iro Senkitan ont fait leur apparition. C'est entre 2005 et 2006 qu'il y aura une nette augmentation, avec l'arrivée plus importante des adaptations de light novels et de visual novels, bien que la majorité des séries dites "fan service" soient des adaptations de manga.

Finalement, le plus inquiétant reste quand même la nette augmentation de séries sans qu'il n'y ait vraiment de prise de risque : le nombre de suites et autres séries dérivées d'un même univers n'aura cessé d'augmenter, et c'est en 2010 que l'on obtient pour la première fois un nombre de suites supérieur aux nouvelles adaptations. Un problème que je ne trouve pas très rassurant aux côtés de celui du trop grand nombre d'anime produits chaque année, adaptant parfois trop vite un titre, et de la pénurie de staff que cela entraîne.

 

Lucky Star

La montée en force des "fujoshi"

Pour en terminer avec ces quelques réflexions sur les tendances marquantes de cette décennie, j'aimerais ajouter un mot sur le phénomène des fujoshi. Les fujoshi, c'est donc le terme très péjoratif par lequel on désigne les fans de sexe féminin, et plus précisément les fans de BL (Boy's Love) et de yaoi. Et cette décennie, j'ai trouvé qu'il y a quand même eu une nette augmentation de séries animées destinées à ce public, car mis à part quelques rares séries TV, notamment à la fin des années 90, la majorité de titres de ce genre sortaient auparavant par le biais des OAV. Si certaines séries des années 80 et 90 ayant un nombre de personnages masculin relativement élevé (Captain Tsubasa, Saint Seiya...) étaient déjà détournées par les fans par le biais de doujinshi, les séries ne visaient pourtant pas ce public.

Au fil du temps, des séries à la base dédiées à un public masculin ont finalement fini par attirer une très grosse portion de fans de sexe féminin, et les exemples de ce type de séries sont nombreux : si dans le années 90 je trouve que Gundam Wing aura été assez marquant à ce niveau-là (et, dans une moindre mesure, Evangelion à cause ou grâce au personnage de Kaworu), pour cette décennie je retiendrais Gundam Seed mais surtout Gundam 00, sans oublier Prince of Tennis, Fullmetal Alchemist, Code Geass, D.Gray Man, Hitman Reborn, Death Note... Ces séries étant pour la plupart de purs shōnen, certaines n'ont pourtant pas attendu leur adaptation en anime pour devenir également populaire auprès de la gent féminine. Des anime s'amuseront également de cela avec leurs personnages masculins à des degrés moindre, comme par exemple Suzumiya Haruhi no Yuuutsu avec Kyon et Itsuki (même si le fan service pour filles est surtout mis en avant dans le jeu vidéo Suzumiya Haruhi no Tomadoi sur PS2) et surtout Kuroshitsuji avec Ciel et Sebastian, mais là encore les exemples sont vraiment nombreux.

GenshikenLes années 2000 auront également vu naître davantage de séries qui, enfin, ne mentent pas sur le public visé. Que ce soit Loveless en 2005, Suki na Mono wa Suki Dakara Shōganai!! en 2005 également, Gakuen Heaven en 2006, Junjou Romantica en 2008 ou encore Togainu no Chi en 2010, ces séries ne sont qu'une poignée d'exemples d'un genre qui se sera rapidement démocratisé. Car ce qui est intéressant à noter est que le phénomène envahit également les anime dits "mainstream" : c'est un phénomène qui n'est pas nouveau et qui existait déjà dans les décennies précédentes comme je l'ai déjà mentionné un peu plus haut, mais le contexte de l'époque n'était pas le même et avec internet j'ai l'impression que cela intensifie le phénomène en question.

Je prends par exemple le cas de Durarara!, très populaire auprès de la gent féminine, et dont l'anime aura tellement gagné une image de série pour fujoshi (les goodies de Durarara! dans les magasins Animate se vendent à côté des goodies de séries destinées aux filles et autres reverse-harem) que même sur des sites comme Nicovideo et 2ch, beaucoup de fans japonais de sexe masculin pensent réellement qu'il s'agit à la base d'une série pour fans de yaoi, ce qui m'aura au début vraiment surprise... Et il en est de même pour d'autres anime qui marchent bien plus auprès de la population féminine, comme Sengoku Basara et Ookiku Furikabutte.

Un autre aspect des séries pour filles sont les reverse-harem, adaptés le plus souvent de jeux de drague. Malheureusement, beaucoup de personnes (autant en occident qu'au Japon) s'imaginent qu'un anime rempli de bishōnen sera forcément un anime yaoi, alors que ce n'est pas le cas : des séries comme Angelique, Harukanaru Toki no Naka de ou encore Hakuouki, respectivement tirées de deux dating sims et d'un visual novel, sont de purs reverse-harem. Et si ce type d'anime adapté d'otome games commence lui aussi à devenir de plus en plus présent à la télévision japonaise, seul l'avenir nous dira s'il prendra réellement de l'importance dans la décennie à venir.

 

Rétrospective 2001-2010

Petit bilan final : rétrospective

Pour terminer ce bilan de la décennie, voici donc un bref récapitulatif de ces dix dernières années, avec quelques événements en vrac arrivés dans le monde de la japanim', ainsi qu'un avis personnel sur des séries qui m'ont marquée, en essayant de me limiter à un choix pour chaque catégorie. Là encore, cela reste un bref aperçu de la décennie très personnel et subjectif. ;-)

 

LES ANIME DE 2001
  • ÉVÉNEMENT DE L'ANNÉE : au niveau cinéma, 2001 aura été marquée par sa multitude de films d'animation : Millenium Actress, Cowboy Bebop : Knockin' on Heaven's Door, Metropolis, Princesse Arete, A Tree of Palme, mais aussi des films plus "légers" comme celui de Digi Charat, Sakura Taisen ou encore Slayers Premium. Sans oublier Sen to Chihiro no Kami Kakushi / Le Voyage de Chihiro, qui aura battu cette année-là tous les records du box-office japonais. Je retiendrai également que le 1er octobre 2001 est le jour où aura enfin ouvert ses portes le maintenant très célèbre Musée Ghibli.
  • COUP DE CŒUR & SURPRISE DE L'ANNÉE : pas vraiment de "gros" coup de cœur pour 2001, même si du côté des films j'ai bien aimé le Voyage de Chihiro. Je note quand même le glauque et bizarre Cat Soup, un court de trente minutes original que j'ai vraiment beaucoup apprécié mais qui n'est pas à mettre entre toutes les mains. Du côté des surprises inattendues ce sera la série Cosmic Baton Girl Comet-san, ou comment remettre au goût du jour une magical girl des plus classiques. Une série agréable à suivre, dans la même veine qu'un Sally la Petite Sorcière (Mahou Tsukai Sally) et qui n'est malheureusement pas très connue en dehors du Japon.
  • PRIX DU NAVET DE 2001 : difficile de choisir, mais Tales of Eternia - The Animation, adaptation originale du RPG du même nom, pourrait bien remporter la palme aux côtés de Sister Princess, une adaptation d'un light novel qui a donné naissance à plusieurs jeux de drague du même nom.
  • LES SÉRIES QUE J'AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : en 2001 il y aura bien eu Fruits Basket et surtout Banner of the Stars II que je n'ai pas vu et que j'aimerais bien regarder un jour...
 

LES ANIME DE 2002
  • ÉVÉNEMENT DE L'ANNÉE : difficile de ne faire qu'un choix pour cette année, car 2002 aura notamment vu naître la Tokyo International Animation Fair, le grand rendez-vous de l'industrie pour présenter les nouveautés en terme d'anime et qui sera boycotté en 2011. Mais l'arrivée de l'animation numérique aura permis de faire connaître Makoto Shinkai, qui signe cette année-là son Hoshi no Koe / Voices of a Distant Star. Et pour finir, 2002 est l'arrivée de l'anime de Naruto, ce qui est loin d'être anodin.
  • COUP DE CŒUR & SURPRISE DE L'ANNÉE : si j'ai apprécié Haibane Renmei / Les Ailes Grises et adoré Juuni Kokki / Les 12 Royaumes, mon anime préféré de 2002 et qui est également l'un de mes coups de cœur de la décennie restera Princess Tutu, un anime dont le seul défaut est son titre ridicule. Une série qui est une véritable déconstruction des contes de fée, et que je considère un peu comme le Utena des années 2000. Je retiendrai aussi Cheeky Angel / Tenshi na Konamaiki parmi les surprises de 2002 : un anime plutôt "moche", au thème de base étrange (un Génie échappé d'un livre magique donne un corps de fille à un garçon, qui grandira en une adolescente très populaire tout en gardant son caractère très masculin et désirant redevenir un garçon), mais que j'avais vraiment beaucoup aimé pour son originalité et son côté rafraîchissant. Et puis les génériques sont sympas aussi.
  • PRIX DU NAVET DE 2002 : cela se joue entre Spiral ~ Suiri no Kizuna et Samurai Deeper Kyo. Le problème avec Samurai Deeper Kyo est que je n'ai vu que le premier épisode en entier puis des bouts de la série en zappant dessus au hasard à la télévision, alors je vote pour Spiral, un anime qui avait de bonnes idées mais des personnages énervants et un scénario qui a fini par partir en sucette, le tout ne faisant absolument pas honneur au manga original.
  • LES SÉRIES QUE J'AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : et je n'ai toujours pas vu Ghost in the Shell S.A.C, Azumanga Daioh (j'ai juste lu le manga, que j'aime beaucoup) et Full Metal Panic (pas taper).
 
LES ANIME DE 2003
  • ÉVÉNEMENT DE L'ANNÉE : pour fêter les 40 ans du manga de Tetsuwan Atom / Astro le petit robot, mais aussi le "véritable" anniversaire d'Astro (qui est né le 7 avril 2003), un nouveau remake est donc diffusé cette année. Astro devient également résident officiel de la ville de Niiza dans la préfecture de Saitama cette même année (à l'instar de la famille de Shinnosuke de Crayon Shin-chan et des sœurs Hiiragi de Lucky Star).
  • COUP DE CŒUR & SURPRISE DE L'ANNÉE : il y a eu des anime plutôt sympas en 2003, et j'ai bien aimé Scrapped Princess pour son scénario et ses personnages ainsi que Wolf's Rain malgré ses quatre épisodes résumés en plein milieu de la série. Mais pour le coup de cœur de l'année je vote finalement pour Fullmetal Alchemist que j'avais beaucoup aimé malgré les différences avec le manga, et qui est l'un des rares shounen auquel j'ai vraiment accroché. Au niveau de la meilleure surprise, le très agréable Kaleido Star, sur le monde du cirque et du spectacle, gagne haut la main car je ne savais absolument pas sur quoi j'allais tomber en regardant le premier épisode.
  • PRIX DU NAVET DE 2003 : tiens, 2003 c'est l'année de Tsukihime, l'anime qui n'existe pas. Alors pour le navet de 2003, je vote pour... E'S Otherwise. Un anime générique avec des personnages génériques et un scénario encore plus générique qui met du temps à démarrer. C'est plus très très moyen que réellement mauvais, mais je ne vois pas d'autre anime de 2003 vus en entier que j'ai trouvé mauvais.
  • LES SÉRIES QUE J'AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : là encore merci de ne pas me jeter des cailloux mais je n'ai toujours pas vu Last Exile, Planetes, Uchuu no Stellvia (juste quelques épisodes à la TV), Kino no Tabi et Gungrave. Et puis j'aimerais bien regarder Narutaru et Divergence Eve aussi, si j'arrive à surmonter le chara-design pour ce dernier.
 
LES ANIME DE 2004
  • ÉVÉNEMENT DE L'ANNÉE : 2004, c'est l'arrivée de grosses franchises dont les succès commerciaux ne sont plus à démontrer : Bleach, Pretty Cure et Keroro Gunsou. Du côté des séries nocturnes pour otaku, ce sera surtout l'arrivée de Mahou Shoujo Lyrical Nanoha qui sera à retenir. Mais 2004 c'est aussi l'année de la disparition de Mitsuteru Yokoyama, mangaka qui avait donné naissance à des titres qui seront devenus des classiques au Japon (Mahou Tsukai Sally, Tetsujin 28...).
  • COUP DE CŒUR & SURPRISE DE L'ANNÉE : beaucoup de titres intéressants sont sortis cette année, donnant des choses aussi variées que du Yakitate! Japan, Maria-sama ga Miteru ou encore Tweeny Witches. Si j'ai bien aimé les quelques épisodes que j'ai vus de Samurai Champloo, c'est surtout du côté des OAV que j'aurais notamment apprécié le plus de titres, avec les adaptations de Tales of Phantasia ou  encore  le Portrait de Petite Cossette. Mais ma série préférée de cette année restera Paranoia Agent, que j'aurais vraiment adorée de bout en bout. Quant à la surprise de l'année, ce sera pour le déjanté et le très fun Dead Leaves.
  • PRIX DU NAVET DE 2004 : il y a eu un truc très mauvais cette année-là et c'est Legend of Duo, une série de douze épisodes de quelques minutes chacun passée à la télé puis diffusée sur internet, ce qui expliquerait sa réalisation minimaliste bourrée de plans fixes. Un anime de vampires assez soporifique doté de personnages inintéressants, créé visiblement dans le seul but d'attirer le public féminin, mais dont le résultat ne vaut pas grand-chose.
  • LES SÉRIES QUE J'AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : j'aimerais bien, un jour, enfin regarder Genshiken, School Rumble, Fantastic Children et surtout me mettre pour de bon à Monster...
 

LES ANIME DE 2005
  • ÉVÉNEMENT DE L'ANNÉE : 2005 est surtout l'année où le marché de l'animation a connu un véritable boom, et l'une de ses causes est peut-être liée au phénomène Densha Otoko en 2004. C'est aussi en 2005 que le Tokyo Metropolitan Museum dédie une exposition à la culture otaku, et qu'une étude établit "l'industrie otaku" comme un marché de niche d'une valeur totale de 411 milliards de yens.
  • COUP DE CŒUR & SURPRISE DE L'ANNÉE : une année riche en séries, mais je retiendrai surtout la version 2005 de Glass no Kamen, qui adapte enfin le manga du 1er au 42ème volume, en espérant qu'un jour des OAV sortiront pour adapter le reste, le manga étant encore en cours de publication. Mon petit coup de cœur de cette année aura été Kamichu!, l'une des rares séries tranche de vie  que j'aurais appréciée, n'étant absolument pas fan du genre. La meilleure surprise fut cependant Mushiking - Mori no Tami no Densetsu, et même si je n'ai pas pu regarder tous les épisodes à la télé j'ai vraiment aimé ce que j'ai pu en voir, d'autant plus qu'au départ je pensais que c'était une série avec des gamins qui font des combats avec des insectes alors qu'en fait pas du tout.
  • PRIX DU NAVET DE 2005 : j'aurais pu citer Cluster Edge, mais c'est plus générique que réellement mauvais. Il y aurait aussi Xenosaga, adaptation honteuse du jeu vidéo du même nom. Mais non, le titre de navet de 2005 je le donne sans hésitation à Mars of Destruction, un "truc" indéfinissable et tellement mauvais qu'il aura même obtenu la moyenne la plus basse de tout le site MyAnimeList, alors que les notes données aux anime y sont plutôt généreuses.
  • LES SÉRIES QUE J'AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : je pourrais citer Basilisk, Honey and Clover, Eureka Seven, Akagi, Aria (bon, j'avoue m'être endormie devant le premier épisode qui était passé à 3 heures du matin), Mushishi (là aussi je n'ai vu que le premier épisode à la TV). Oui, il y a eu du lourd cette année que je n'ai pas regardé.
 

LES ANIME DE 2006
  • ÉVÉNEMENT DE L'ANNÉE : globalement, 2006 fut une année importante car c'est celle où le plus grand nombre de nouveautés aura été diffusé cette décennie, avant que la bulle n'éclate. Jamais les fandoms n'auront été aussi vivants qu'en 2006, que ce soit avec Suzumiya Haruhi no Yuuutsu, Death Note ou encore Code Geass. Et 2006, c'est également la naissance du célèbre Youtube japonais : Nico Nico Douga.
  • COUP DE CŒUR & SURPRISE DE L'ANNÉE : difficile de faire un choix car il y aura beaucoup de séries que j'aurais appréciée cette année : Higurashi no Naku Koro ni et son ambiance gore, le shoujo auto-parodique Ouran Koukou Host Club, Death Note malgré sa deuxième partie bien en-deçà... Mais mon coup de cœur sera pour Suzumiya Haruhi no Yuuutsu que j'ai vraiment aimé pour son côté parodique mais aussi et surtout pour son côté science-fiction, malheureusement plus en retrait ; je garde d'ailleurs de très bon souvenirs des discussions enflammées sur certains forums anglophones au sujet de nombreuses théories fumeuses sur l'anime et la réelle identité de ses personnages. Au niveau de la meilleure surprise, c'est très difficile de faire un choix mais je retiendrais Saiunkoku Monogatari, série politique peuplée de bishounen qui rappelle un peu Juuni Kokki, et qui est assez étonnamment très populaire auprès des grand-mères japonaises.
  • PRIX DU NAVET DE 2006 : comme 2006 fut une année très riche en anime, il est donc logique de trouver également un nombre tout aussi impressionnant de navets. C'est simple, 2006 compte le plus grand nombres d'anime que je considère comme étant les pires de cette décennie, mais pour lesquels je garde quand même un bon souvenir tellement ils étaient assez drôles à suivre. Outre Gakuen Heaven qui m'a souvent fait exploser de rire et que je considère comme l'équivalent de l'anime Amagami mais pour les filles, je note également Marginal Prince avec ses personnages qui poussent la chansonnette en plein milieu d'épisode en se déshabillant sous la pluie pour monter qu'ils sont tristes, l'horriblement comique Glass no Kantai avec ses combats à l'épée qui font exploser les t-shirts et ses personnages qui jouent de l'harmonica dans le vide spatial, les terribles Gin'iro Olynssis et Zaizen Jotarou... Mais la cerise sur le gâteau restera bien entendu Gundoh Musashi, mon petit chouchou au niveau des pires anime jamais créés.
  • LES SÉRIES QUE J'AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : et je n'ai toujours pas vu Simoun (juste les premiers épisodes) et Black Lagoon.
 

LES ANIME DE 2007
  • ÉVÉNEMENT DE L'ANNÉE : 2007 est l'année où une certaine série deviendra un phénomène économique de grande ampleur : Lucky Star. Le sanctuaire de Washinomiya dans la préfecture de Saitama deviendra alors le lieu de pèlerinages de très nombreux fans. Ce fut également une année assez mouvementée avec son lot d'incidents plus ou moins importants, dont la démission d'un des co-fondateurs de la Gainax suite à la polémique liée à Gurren Lagann. Et puis 2007, ce fut aussi l'année du nice boat, suite au dernier épisode de School Days qui ne fut pas diffusé par plusieurs chaînes de télévision à cause de son contenu un peu trop sanglant.
  • COUP DE CŒUR & SURPRISE DE L'ANNÉE : parmi les anime qui m'auront vraiment marquée cette année il y a Baccano, Dennou Coil et Gurren Lagann. Difficile de choisir lequel j'ai préféré, je serai incapable de trancher car chacun a ses qualités propres. Mais le plus original des trois est sans conteste Dennou Coil, et comme c'est aussi le moins populaire, je le conseille vraiment à ceux qui ne l'auraient pas encore vu. Quant à la meilleure surprise, je choisis Baccano, une série que je n'attendais absolument pas au tournant et qui m'aura fait connaître le Studio Brain's Base.
  • PRIX DU NAVET DE 2007 : il y aura bien eu l'anime de Devil May Cry, bien réalisé mais sans action (un comble)  et celui de Master of Epic, adaptation pas terrible d'un MMO. Mais le prix du navet, je l'attribue à Wellber no Monogatari, une série assez pathétique et bourrée d'incohérences qui aurait pu être sympa, mais qui au moins était drôle à suivre.
  • LES SÉRIES QUE J'AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : Nodame Cantabile, Hidamari Sketch (le style du chara-design me rebute un peu) et Moonlight Mile.
 

LES ANIME DE 2008
  • ÉVÉNEMENT DE L'ANNÉE : Doraemon est finalement nommé ambassadeur de l'animation japonaise. Je note aussi le retour de Yatterman trente ans plus tard, mais à part cela, rien ne m'aura vraiment marquée en 2008, même au niveau de la production des anime.
  • COUP DE CŒUR & SURPRISE DE L'ANNÉE : outre Mouryou no Hako, l'autre anime qui m'aura marquée est Kaiba, qui m'aura vraiment touchée et pour lequel j'ai eu un gros coup de cœur. J’ai vraiment tout aimé, tant au niveau du style qu’au niveau de l’ambiance ou encore des musiques. Je note également Bounen no Xam’d, bien que j'ai eu un peu de mal à suivre l'histoire, et Casshern Sins pour son univers et son atmosphère. Quant à la meilleure surprise, elle va à Kaiji : avec un tel scénario de base et un tel chara-design, je ne pensais vraiment pas accrocher à ce point, et au final cela aura été un très bon divertissement.
  • PRIX DU NAVET DE 2008 : en 2008 on a eu droit a une mauvaise adaptation du jeu de drague pour filles Neo Angelique, et il y a également eu la suite de Wellber Monogatari, déjà nominée dans les meilleurs navets de l'année précédente ; mais pour le navet de l'année je nommerai  sans hésiter... Moegaku*5. Il s’agit d’une série pour « apprendre » les langues étrangères, chaque jour étant consacré à une langue différente ; il y a une partie live où Aya Hirano fait de la corde à sauter, et une partie dessin animé complètement stupide. Pour le reste de l'année il y a eu beaucoup de séries indigestes que j'ai abandonnées dès le début (Kanokon, Monochrome Factor, Kimi ga Aruji de Shitsuji ga Ore de, Macademi Wasshoi, un énième spin-off de Da Capo Da Crapo, série haïe même jusqu'au Japon...).
  • LES SÉRIES QUE J'AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : ... rien pour cette fois.
 

LES ANIME DE 2009
  • ÉVÉNEMENT DE L'ANNÉE : il y a eu le décès de Fujio Akatsuka, qui avait entre autre créé Himitsu no Akko-chan / Caroline (une série de magical girl dont la série de 1988 aura été l'une des causes de ma plongée vers l'otakisme durant mon enfance...). C'est également en 2009 que Kyoto Animation nous livrera son plus beau troll, avec son fameux arc de la version 2009 de Suzumiya Haruhi no Yuuutsu qui aura fait couler beaucoup d'encre : Endless Eight.
  • COUP DE CŒUR & SURPRISE DE L'ANNÉE : j'ai beaucoup aimé Tokyo Magnitude 8.0, un anime sur le thème du tremblement de terre que pour une fois j'ai trouvé réaliste, et qui aura été aussi l'un de mes gros coups de cœur de cette année. Parmi les surprises je pourrais citer Kemono no Souja Erin et Bakemonogatari, mais au final ce sera One Outs : j'ai beaucoup aimé, bien plus que je ne l'aurais imaginé. J'aurais pu également citer Higashi no Eden, mais dommage que les films gâchent un peu l'expérience.
  • PRIX DU NAVET DE 2009 : je pourrais citer Akikan, cette histoire de canette qui prend l’apparence d’une jeune fille dès qu’on en boit une gorgée et à laquelle il faut insuffler du dioxyde de carbone en l’embrassant afin de la maintenir en vie, mais ça serait trop facile. Alors dans un tout autre registre, je vais citer Shangri-La, ou comment une série qui a débuté en parlant de réchauffement planétaire et d’économie a fini par dévier vers le clonage et la mythologie japonaise. La série est plutôt bien réalisée et la bande son sympa, mais dommage que le reste ne suive pas, le pire étant la fin avec ses plot twists complètement tirés par les cheveux. Dommage également que le chara-design ne fasse absolument pas honneur au trait de Range Murata.
  • LES SÉRIES QUE J'AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : nada.
 

ET EN 2010 ?

Je termine avec 2010, mais en fait pour le reste, ce sera plus en détails dans mon bilan des anime de 2010. J'aurais également bien voulu rajouter un avis des fans japonais sur cette décennie, mais en jetant un œil à un topic déjà créé sur 2ch sur le sujet et vu comme ça se contentait en majorité de dire que le moe c'est le mal absolu, je me suis dit que j'allais peut-être éviter de traduire leurs messages (d'un autre côté, c'est 2ch).

 

Ce bilan de la décennie se termine donc, bilan qui fut finalement plutôt long à écrire car j'avais commencé à rédiger tout cela début décembre et que j'ai passé mon temps à souvent le remanier. Dans quelques jours devront suivre les bilans de 2010, d'abord sur les jeux vidéo puis sur les anime.

Pour finir, merci aux courageux qui auront tout lu jusqu'au bout !

OreImo
Kirino par Yoshitoshi ABe.
 

Sources, références et liens utiles :

Fanart : Super Heroine Taisen

 

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49 Commentaires sur "Anime – Bilan de la décennie 2001-2010 : suite et fin"

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Lux
Invité

« Kirino par Yoshitoshi ABe »
What is this I don’t even

NiKi
Invité

DONC Haruhi n’est pas provocateur du boum des ranobe car il est apparu en plein milieu de celui-ci.

J’anticipe ceux qui savent pas lire un graphique

lpfManiak
Invité

encore un article intéressant, plus que la première partie à mon sens. C’est agréable que quelqu’un de calé nous fasse le point.

Kyoshi
Invité

« 2008 :LES SÉRIES QUE J’AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES :

… rien pour cette fois. »

Tsssk, Kara no Kyoukai ! :D

Très beau bilan, en tout cas. C’est intéressant de voir chaque année passée en revue, et j’ai beaucoup apprécié le graphique sur l’évolution des adaptations/oeuvres originales.

Tabris
Invité

J’applaudis d’abord le travail effectué pour collecter toutes ces infos, ça a du être long et chiant :p

Le début de la baisse des contenus originaux semble corrélée au moment de l’explosion de la bulle, ce qui est une réaction compréhensible pour protéger le marché sur le court terme. Cependant, il faut voir maintenant quel va être le déclencheur pour faire repartir ces séries, et ne plus dépendre uniquement des adaptations.

et in before : Drig qui dit que 2006 est le début de la fin.

Ludo
Invité

merci pour ce bilan très instructif. Chapeau pour le récap par année !

Michiyo
Invité

Merci pour ces deux bilans, ils étaient vraiment très intéressant. :)

Corti
Invité

Merci pour ce résumé particulièrement intéressant. Au moins, on aura enfin une base avant de partir dans des débats. Et finalement, y’a quand même masse de trucs matables quoiqu’en pense les anti-moe.

Faust
Invité

Effectivement, billet très instructif. Le graphique confirme ce que je pensais sur la diminution drastique d’œuvres originales…

brotch
Invité

Article passionnant et très dense, que j’archive au côté de son prédecesseur. Je suis persuadé que ce travail statistique et analytique servira en beaucoup d’occasions.

Merci !

FFenril
Invité

Exelen. Je ferai ce que tu veux. Nomme une bonne série qu’il est honteux que je n’aie toujours et je promets de vite la voir. ALORS S’IL TE PLAIT POUR L’AMOUR DE DIEU ET DE TOUS LES SAINTS, FULL METAL PANIC TE TEND LES BRAAAAAAS ;_____;

Si necessaire, je suis prêt à lancer un nouveau projet comme pour Gundam 0080 !

Tetho
Invité

Choc ! Mariem n’a vu ni Eureka, ni FMP! Que croire après une telle révélation ?
(Et Last Exil aussi devrait être dans tes priorités)

FFenril
Invité

Sinon, maintenant que j’ai fini avec le cri du coeur, bel article, plein de trucs que je devrais voir aussi :)

Amrith
Invité

> « Et finalement, y a quand même masse de trucs matables quoiqu’en pense les anti-moe. »

L’écrasante majorité d’entre eux concentrés dans la première moitié de la décennie, c’est-à-dire avant que le moe ne devienne systémique.

neokenji
Invité

Dans la série navet/truc honteux de 2005/2006, la trilogie des films de Zeta Gundam pourrait aussi avoir une très bonne place. Je n’ai pas les chiffres en tête mais il me semble qu’ils avaient plutôt bien fonctionné en terme d’entrée en plus.

Sinon, je rejoins FFenril : mate FMP, c’est un ordre, en priant pour qu’on ait une nouvelle saison :D

Rukawa
Invité

attends, ta MAL est plus longue que la mienne, OK.
mais dans les anime que t’as honte de pas avoir vu, j’en ai vu facile les 3/4.
tu préfères donc voir les daubes que les anime de qualité (ou pas parce que Stellvia tu peux t’en passer).

merci d’avoir cité tenshi na konamaiki, un anime dont le but est d’être drôle mais que les moephile ne materont jamais parce que c’est moche.
Je viens de me rendre compte que j’ai oublié de le citer dans les anime drôles, lors de mon commentaire du 29 décembre 2010 @ 16 h 23 min dans le dernier bilan.
j’ai vraiment honte de moi. sérieusement.

Moegaku est simplement le meilleur anime de 2008 :(

Inuki
Invité

Déjà bravo pour le travail de recherche. Bel article sur l’évolution de l’animation japonaise depuis 2000 en tout cas.

Ensuite c’est vrai que tu vises l’epic fail avec toutes les séries que t’as pas vu ^^ (surtout que tu les traînes depuis un bon moment). Bref pour bien démarrer cette nouvelle décennie tu devrais essayer de rattraper ça ;).

PS : 2ch critique le moe et Yui est élu meilleur perso de 2010 au Japon >_<.

Rukawa
Invité

han t’as pas vu Hanada Shounenshi non plus en 2002 ! Honte à toi !
et honte à moi de l’avoir également oublié aussi.
2002 a vraiment été une année où on savait être drôle, yavait les Jungle Guu DX également …

Natth
Invité

Excellent bilan pour un article très riche, comme le précédent :)
Sinon, j’ai moi aussi trouvé l’année 2006 très fournie, sans doute plus que les autres années. Je n’ai d’ailleurs pas pu choisir entre .hack//Roots et Bakumatsu K.I. comme titre préféré. En fait, je me rends compte que j’ai raté pas mal de choses avant 2008, mais je devrais trouver le temps pour les regarder maintenant.

cyberpenpen
Invité

Tu aurais peut-être dû également faire un graphique montrant le pourcentage occupé par chaque catégorie dans le total des œuvres de chaque année, pour relativiser la quantité de séries évoluant avec le temps : si cela ne change pas grand chose pour les adaptations de romans et de light novel, pour celles de VN/SN/dating sim/eroge et pour les suites, on constate par contre que la courbe des adaptations de manga reste à peu près stable et que celle des séries originales fait une franche dégringolade. Le graphique obtenu donne ceci (en reprenant tes catégories et tes chiffres) : http://i.imgur.com/RWpOR.jpg

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