Avec un peu de retard, voici la suite et fin de mon bilan de la décennie au niveau de l’animation japonaise, avec un billet un peu plus long que le précédent.

Pour commencer, je ne savais pas trop au départ comment réellement aborder cette deuxième partie sans que cela ne devienne trop indigeste. Résumer dix années d’animation japonaise est un exercice difficile parce que cela demande aussi un gros effort de mémoire : j’ai donc opté pour le choix le plus simple, c’est-à-dire dresser un bilan année par année, en faisant ressortir quelques événements de l’industrie de l’anime ainsi qu’une poignée de titres qui m’auront personnellement marquée (dans le bon et le mauvais sens).

Mais avant cela, revenons sur quelques tendances de cette décennie, en commençant par l’origine des adaptations : quelle est la proportion d’œuvres originales par rapport aux adaptations de mangas, de jeux vidéo, etc., et combien de suites débarquent chaque année ?

 

Nia (Gurren Lagann) x Lina (Slayers)

Adaptations et suites à foison

Il y a plusieurs manières de répertorier les anime d’une décennie, comme par exemple les classer par genre, mais j’ai trouvé bien plus parlant de les classer par adaptations, et ce uniquement pour les séries diffusées régulièrement à la télévision. J’ai surtout voulu faire ressortir l’originalité d’un anime : s’agit-il d’un concept original ne se reposant sur aucun fandom, ou bien d’une suite ? S’agit-il d’une adaptation de light novel, de visual novel, ou bien d’un remake d’une ancienne série ?

Pour certains titres, ça a été un casse-tête de les classer dans telle ou telle catégorie (notamment lorsqu’une série est tirée d’une machine de pachinko…). Par exemple, si un manga est adapté en anime pour la première fois, je l’ai classé dans « adaptation de manga » ; si une suite basée sur ce même manga est créée, elle est classée avec les suites et autres spin-offs, et non dans les adaptations de manga. J’ai également fait de même pour les light novels et les adaptations de visual novel. Pour certains titres, difficile de trancher lorsqu’il s’agit d’un projet « média mix » décliné en trois supports (jeu vidéo, anime, manga) quasiment tous sortis en même temps ; dans ce cas-là, j’ai choisi le média pour lequel il a été pensé en premier.

Au final, classer les anime suivant leur origine m’aura permis de voir quelles étaient les tendances année par année. Comment est-on passé d’une trentaine d’anime originaux en 2001 à seulement une dizaine en 2010 ? Et inversement, comment est-on passé d’une dizaine de suites à plus d’une trentaine à la fin de la décennie ? J’ai donc là aussi essayé de représenter tout cela sous forme de graphique, toujours en me servant de la base de données de Anime News Network mais aussi du Wikipedia japonais, très complet.

Graphique - adaptations suivant le support d'origine

Et au passage, voici une version alternative de ce graphique (merci à Cyberpenpen !) qui met en avant le pourcentage qu’occupe une catégorie par rapport au nombre total d’œuvres diffusées chaque année, afin d’avoir quelque chose de plus exact étant donné la quantité variable de titres diffusés annuellement :

Graphique - adaptations suivant le support d'origineGraphique - adaptations suivant le support d'origine (pourcentages)

Que peut-on tirer de tout cela ? Tout d’abord, que le nombre de suites n’aura cessé d’augmenter, au profit des anime originaux et des adaptations de manga. Les adaptations de light novel et de visual novel en séries TV auront elles aussi augmenté petit à petit au fil des années, mais ce n’est que vers 2005 et 2006 que l’on peut voir une hausse bien plus nette ; depuis, le chiffre est resté assez constant.

Si l’on cumule les chiffres de séries tirées de visual novels et de light novels (hors romans), qui ont connu un véritable boom dans les années 2000, cela donne 22 séries en 2010 contre seulement 2 en 2001. Ce chiffre atteint 29 en 2006 : s’il a légèrement augmenté au fil des années, 2006 est l’année où il a explosé. 2006 est également l’année où le plus grand nombre de nouveaux anime aura été diffusé à la télévision japonaise (pas moins de 150), mais c’est aussi à partir de ce moment-là que le nombre d’anime diffusés par an a commencé à diminuer.

Si les séries se reposant plutôt sur le fan service ecchi arrivaient surtout par le biais des OAV, elles étaient encore en minorité à la télévision au tout début de la décennie. Petit à petit, elles ont pris une place de plus en plus importante ; cela a tranquillement commencé vers 2003 où des séries comme Ikkitousen, Tenjou Tenge, Green Green ou encore Lime-iro Senkitan ont fait leur apparition. C’est entre 2005 et 2006 que l’on peut noter une nette augmentation, avec l’arrivée plus importante des adaptations de light novels et de visual novels, bien que la majorité des séries dites « fan service » soient des adaptations de manga.

Finalement, le plus inquiétant reste quand même la nette augmentation de séries sans véritable prise de risque : le nombre de suites et autres séries dérivées d’un même univers n’aura cessé d’augmenter, et c’est en 2010 que l’on obtient pour la première fois un nombre de suites supérieur au reste de la production. Un problème que je ne trouve pas très rassurant aux côtés de celui du trop grand nombre d’anime produits chaque année, adaptant parfois trop vite un titre, et de la pénurie de staff que cela peut entraîner.

 

La montée en force du fandom féminin

La montée en force des « fujoshi »

Pour en terminer avec ces quelques réflexions sur les tendances marquantes de cette décennie, j’aimerais ajouter un mot sur le phénomène des fujoshi. Les fujoshi, c’est donc le terme très péjoratif par lequel on désigne les fans de sexe féminin, et plus précisément les fans de BL (Boy’s Love) et de yaoi (pour les hommes fans de ces œuvres, on utilise le terme « fudanshi »). Et cette décennie, j’ai trouvé qu’il y a quand même eu une nette augmentation de séries animées destinées à ce public, car mis à part quelques rares séries TV, notamment à la fin des années 90, la majorité de titres de ce genre sortaient auparavant par le biais des OAV. Si certaines séries des années 80 et 90 ayant un nombre de personnages masculin relativement élevé (Captain Tsubasa, Saint Seiya…) étaient déjà détournées par les fans à travers bon nombre de doujinshi, les séries ne visaient pourtant pas ce public.

Au fil du temps, des séries à la base dédiées à un public masculin ont finalement fini par attirer une très grosse portion de femmes, et les exemples de ce type de séries sont nombreux : si dans le années 90 je trouve que Gundam Wing a été assez marquant à ce niveau-là (et, dans une moindre mesure, Evangelion à travers le personnage de Kaworu), pour cette décennie je retiendrais Gundam Seed mais surtout Gundam 00, sans oublier Prince of Tennis, Fullmetal Alchemist, Code Geass, D.Gray Man, Hitman Reborn, Death Note… Ces séries étant pour la plupart de purs shōnen, certaines n’ont pourtant pas attendu leur adaptation en anime pour devenir également populaire auprès de la gent féminine. Des anime s’amuseront également de cela avec leurs personnages masculins à des degrés moindre, comme par exemple Suzumiya Haruhi no Yuuutsu avec Kyon et Itsuki (même si le fan service pour filles est surtout mis en avant dans le jeu vidéo Suzumiya Haruhi no Tomadoi sur PS2) et surtout Kuroshitsuji avec Ciel et Sebastian, mais là encore les exemples sont vraiment nombreux.

Les années 2000 auront également vu naître davantage de séries qui, enfin, ne mentent pas sur le public visé. Que ce soit Loveless en 2005, Suki na Mono wa Suki Dakara Shōganai!! en 2005 également, Gakuen Heaven en 2006, Junjou Romantica en 2008 ou encore Togainu no Chi en 2010, ces séries ne sont qu’une poignée d’exemples d’un genre qui se sera rapidement démocratisé. Y compris jusque dans les anime dits « mainstream ».

Je prends par exemple le cas de Durarara!, très populaire auprès des jeunes femmes, et dont l’anime aura tellement gagné une image de série pour fujoshi (les goodies de Durarara! dans les boutiques Animate se trouvent à côté des goodies de séries destinées aux filles et autres reverse-harem) que même sur des sites comme Nicovideo et 2ch, beaucoup de fans japonais pensent réellement qu’il s’agit à la base d’une série pour fans de yaoi, ce qui m’a au début vraiment surprise… Et il en est de même pour d’autres anime qui marchent bien plus auprès de la population féminine, comme Sengoku Basara ou encore Ookiku Furikabutte.

N’oublions pas non plus les reverse-harem, adaptés le plus souvent de visual novels et de jeux de drague : des séries comme Angelique, Harukanaru Toki no Naka de ou encore Hakuouki sont de purs représentants du genre. Et si ce type d’anime adapté d’otome games commence lui aussi à devenir de plus en plus présent à la télévision japonaise, seul l’avenir nous dira s’il prendra réellement de l’importance dans la décennie à venir.

 

Death Note

Rétrospective

Pour terminer ce bilan de la décennie, voici donc un bref récapitulatif de ces dix dernières années avec quelques événements en vrac arrivés dans le monde de la japanimation, ainsi qu’un avis personnel sur des séries qui m’ont marquée, en essayant de me limiter pour chaque catégorie. Ce sera donc un bref aperçu de la décennie plutôt personnel !

 

2001

  • ÉVÉNEMENTS DE L’ANNÉE : du côté du cinéma, 2001 se démarque par sa multitude de films d’animation : Millenium Actress, Cowboy Bebop – Knockin’ on Heaven’s Door, Metropolis, Princesse Arete, A Tree of Palme… Sans oublier Le Voyage de Chihiro, qui a alors battu cette année-là tous les records du box-office japonais. On peut également noter que le 1er octobre 2001 est le jour où le maintenant très célèbre Musée Ghibli a enfin ouvert ses portes.
  • COUPS DE CŒUR & SURPRISES : pas vraiment de « gros » coup de cœur pour 2001, à part peut-être Hikaru no Go (je préfère le manga) ou encore Noir. Je note quand même le glauque et bizarre Cat Soup, un film d’animation de trente minutes que j’ai vraiment beaucoup apprécié mais qui n’est pas à mettre entre toutes les mains. Du côté des surprises je retiens la série Cosmic Baton Girl Comet-san, ou comment remettre au goût du jour une magical girl des plus classiques. Une série agréable à suivre, dans la même veine qu’un Sally la Petite Sorcière (Mahou Tsukai Sally) et qui n’est malheureusement pas très connue en dehors du Japon.
  • PRIX DU NAVET : difficile de choisir, mais Tales of Eternia – The Animation, adaptation originale du RPG du même nom, pourrait bien remporter la palme aux côtés de Sister Princess, une adaptation d’un light novel qui a donné naissance à plusieurs jeux de drague du même nom.
  • LES SÉRIES QUE J’AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : il y a bien Fruits Basket que je n’ai pas vu, maisje ne suis pas vraiment fan du manga original…

 

2002

  • ÉVÉNEMENTS DE L’ANNÉE : 2002 a notamment vu naître la Tokyo International Animation Fair, le grand rendez-vous de l’industrie pour présenter les nouveautés en terme d’anime. Quant à l »utilisation du numérique dans l’animation japonaise, elle aura permis de faire connaître Makoto Shinkai, qui signe cette année-là Voices of a Distant Star. 2002 est également l’arrivée de l’anime de Naruto, ce qui est loin d’être anodin.
  • COUPS DE CŒUR & SURPRISES : si j’ai adoré Les 12 Royaumes, mon anime préféré de 2002 et qui est également l’un de mes coups de cœur de la décennie est Princess Tutu, dont le seul défaut est son titre ridicule. Une série qui est une véritable déconstruction des contes de fée, et que je considère un peu comme le Utena des années 2000. Je retiendrai aussi Cheeky Angel / Tenshi na Konamaiki parmi les petites surprises de 2002 : un anime plutôt laid au scénario pour le moins original (un Génie échappé d’un livre magique donne un corps de fille à un garçon, qui grandira en une adolescente très populaire tout en gardant son caractère très masculin et désirant redevenir un garçon), mais que j’avais vraiment beaucoup aimé pour son côté rafraîchissant. On pourra également relever de nombreux titres cette année qui auront plus ou moins fait parler d’eux comme RahXephon, Chobits, Larme Ultime, Ghost in the Shell: Stand Alone Complex, Witch Hunter Robin, .Hack//Sign, Gundam Seed ou encore Les Ailes Grises.
  • PRIX DU NAVET : cela se joue entre Spiral ~ Suiri no Kizuna et Samurai Deeper Kyo. Je choisis tout de même Spiral, un anime qui avait de bonnes idées mais est peuplé de personnages énervants. Sans oublier son générique de début, qui casse littéralement les oreilles.
  • LES SÉRIES QUE J’AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : je n’ai toujours pas vu Azumanga Daioh (j’ai en revanche lu le manga, que j’aime beaucoup) et Full Metal Panic! (pas taper).

 

2003

  • ÉVÉNEMENT DE L’ANNÉE : pour fêter les 40 ans du manga de Tetsuwan Atom / Astro le petit robot, mais aussi le « véritable » anniversaire d’Astro (qui est né le 7 avril 2003), un nouveau remake est donc diffusé cette année-là. Astro devient également résident officiel de la ville de Niiza dans la préfecture de Saitama cette même année (à l’instar de la famille de Shinnosuke de Crayon Shin-chan et des sœurs Hiiragi de Lucky Star).
  • COUPS DE CŒUR & SURPRISES : il y a eu des anime plutôt sympas en 2003 comme Ashita no Nadja, Air Master, Gunslinger Girl, Uninhabited Planet Survive, Kino no Tabi ou encore Chrno Crusade. J’ai de mon côté beaucoup aimé Scrapped Princess pour son scénario, ainsi que Wolf’s Rain malgré ses quatre épisodes résumés en plein milieu de la série. Pour le coup de cœur de l’année, je choisis Fullmetal Alchemist : j’avais adoré malgré les différences avec le manga. Au niveau de la meilleure surprise, le très agréable Kaleido Star, sur le monde du cirque et du spectacle, gagne haut la main car je ne savais absolument pas sur quoi j’allais tomber en regardant le premier épisode.
  • PRIX DU NAVET : tiens, 2003 c’est l’année de Tsukihime, l’anime qui n’existe pas. Alors pour le navet de 2003, je vote pour... E’S Otherwise. Un titre générique avec des personnages navrants et un scénario qui l’est tout autant.
  • LES SÉRIES QUE J’AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : je n’ai toujours pas vu Last Exile, mais je ne suis pas sûre de vraiment accrocher… idem pour Texhnolyze. Sans oublier Planetes, Uchuu no Stellvia et Gungrave. Et puis j’aimerais bien regarder Divergence Eve aussi, si j’arrive à surmonter son chara-design que je trouve immonde.

 

2004

  • ÉVÉNEMENTS DE L’ANNÉE : 2004, c’est l’arrivée de grosses franchises dont les succès commerciaux ne sont plus à démontrer : Bleach, Pretty Cure ou encore Keroro Gunsou. Du côté des séries nocturnes pour otaku, c’est surtout l’arrivée de Mahou Shoujo Lyrical Nanoha qui est à retenir. 2004 est également l’année de la disparition de Mitsuteru Yokoyama, mangaka qui avait donné naissance à des titres qui seront devenus des classiques au Japon (Mahou Tsukai Sally, Tetsujin 28…).
  • COUPS DE CŒUR & SURPRISES : beaucoup de titres intéressants sont sortis cette année, d’autant plus que c’était assez varié : Yakitate! Japan, Maria-sama ga Miteru, Hi no Tori, Gantz, Beck, Rozen Maiden, Tweeny Witches… Si j’ai beaucoup aimé Gankutsuou et Samurai Champloo, du côté des OAV j’ai apprécié l’adaptation de Tales of Phantasia ou encore le très étrange Portrait de la Petite Cosette. Mais ma série préférée de l’année est sans conteste Paranoia Agent, que j’ai vraiment adorée de bout en bout.
  • PRIX DU NAVET : il y a eu un truc très mauvais cette année-là : Legend of Duo, une série de douze épisodes de quelques minutes à la réalisation minimaliste et bourrée de plans fixes. Il y a aussi Elfen Lied que je n’ai pas vraiment aimé et que je trouve même mauvais, mais pour des raisons différentes.
    • LES SÉRIES QUE J’AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : j’aimerais bien regarder un jour Genshiken, Fantastic Children et surtout me mettre pour de bon à Monster. Et pourquoi pas School Rumble aussi, qui a l’air très populaire (mais est-ce que je vais aimer ?).

     

    2005

    • ÉVÉNEMENTS DE L’ANNÉE : 2005 est surtout l’année où le marché de l’animation a connu un véritable boom, et l’une de ses causes est peut-être liée au phénomène Densha Otoko en 2004. C’est aussi en 2005 que le Tokyo Metropolitan Museum dédie une exposition à la culture otaku, et qu’une étude établit « l’industrie otaku » comme un marché de niche (d’une valeur totale de 411 milliards de yens !).
    • COUPS DE CŒUR & SURPRISES : une année riche, mais par pure nostalgie je retiens surtout la version 2005 de Glass no Kamen, qui adapte enfin le manga du 1er au 42e volume, ce dernier étant encore en cours de publication. Il y a également eu des titres très sympas voire même très bons comme Mushishi, Akagi, Air, Eureka Seven, Aria, Jigoku Shoujo, Kamichu! ou encore Emma – A Victorian Romance. La meilleure surprise reste pour moi Mushiking – Mori no Tami no Densetsu, d’autant plus qu’au départ je pensais que ça allait être une série avec des gamins qui font des combats avec des insectes. Alors qu’en fait, pas du tout.
    • PRIX DU NAVET : j’aurais pu citer Cluster Edge, mais c’est plus générique que réellement mauvais. Mais le titre de navet de 2005, je le donne sans hésitation à Mars of Destruction, un « truc » indéfinissable et tellement mauvais qu’il aura même obtenu la moyenne la plus basse de tout le site MyAnimeList, qui est pourtant connu pour être plutôt généreux à ce niveau-là.
    • LES SÉRIES QUE J’AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : je vais dire Basilisk et Honey and Clover (j’ai lu le manga, en revanche).

     

    2006

    • ÉVÉNEMENTS DE L’ANNÉE : globalement, 2006 fut une année importante car c’est celle où le plus grand nombre de nouveautés a été diffusé cette décennie. Jamais les fandoms n’auront été aussi vivants qu’en 2006, que ce soit avec Haruhi, Death Note ou encore Code Geass. Et 2006, c’est également la naissance du célèbre Youtube japonais : Nico Nico Douga.
    • COUPS DE CŒUR & SURPRISES : difficile de faire un choix car il y a beaucoup de séries que j’ai appréciées cette année : Higurashi no Naku Koro ni et son ambiance gore, le shoujo parodique Ouran Koukou Host Club, Death Note malgré sa deuxième partie bien en-deçà… Sans oublier Ergo Proxy, Black Lagoon, Welcome to the NHK, Kemonozume ou encore Nana. Mais mon coup de cœur va à Suzumiya Haruhi no Yuuutsu que j’ai vraiment aimé pour son aspect parodique mais aussi et surtout pour son côté science-fiction, malheureusement plus en retrait ; je garde d’ailleurs de très bon souvenirs des discussions enflammées sur certains forums anglophones au sujet de nombreuses théories fumeuses sur l’anime et la réelle identité de ses personnages. Au niveau de la meilleure surprise, c’est très difficile de faire un choix mais je retiendrais Saiunkoku Monogatari, série politique qui rappelle un peu Les 12 Royaumes, et qui est assez étonnamment très populaire auprès des grand-mères japonaises.
    • PRIX DU NAVET : comme 2006 fut une année très riche en anime, il est donc logique de trouver également un nombre tout aussi impressionnant de navets. C’est simple, 2006 compte le plus grand nombres de séries que je considère comme étant les pires de cette décennie. Outre Gakuen Heaven qui m’a souvent fait exploser de rire, je retiens également Marginal Prince avec ses personnages qui poussent la chansonnette en plein milieu d’épisode en se déshabillant sous la pluie pour monter qu’ils sont tristes, le catastrophique Glass no Kantai avec ses combats à l’épée qui font exploser les vêtements et ses personnages qui jouent de l’harmonica dans le vide spatial… Mais la cerise sur le gâteau reste bien entendu Gundoh Musashi, mon petit chouchou au niveau des pires anime jamais créés.
    • LES SÉRIES QUE J’AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : et je n’ai toujours pas vu en entier Simoun.

     

    2007

    • ÉVÉNEMENTS DE L’ANNÉE : 2007 est l’année où une certaine série va devenir un phénomène économique de grande ampleur : Lucky Star. Le sanctuaire de Washinomiya, dans la préfecture de Saitama, devient alors le lieu de pèlerinages de très nombreux fans. 2007 est également une année assez mouvementée avec son lot d’incidents plus ou moins importants, dont la démission d’un des co-fondateurs de la Gainax suite à une polémique liée à Gurren Lagann. Et puis 2007, c’est aussi l’année du fameux nice boat, suite à la non-diffusion du dernier épisode de School Days sur plusieurs chaînes de télévision à cause de son contenu un peu trop sanglant.
    • COUPS DE CŒUR & SURPRISES : parmi les anime qui m’ont vraiment marquée cette année il y a Baccano!, Dennou Coil et Gurren Lagann. Difficile de choisir lequel j’ai préféré, je serai incapable de trancher car chacun a ses qualités propres. Mais le plus original des trois est sans conteste Dennou Coil, et comme c’est aussi le moins populaire, je le conseille vraiment à ceux qui ne l’auraient pas encore vu. Quant à la meilleure surprise, je choisis Baccano!, une série que je n’attendais absolument pas au tournant et qui m’aura fait connaître le Studio Brain’s Base. Globalement, 2007 était une année très sympa, et probablement ma préférée de la décennie : on a notamment eu droit à Darker Than Black, Seirei no Moribito, Terra e, Claymore, Bokurano, Mononoke, Sayonara Zetsubou Sensei, Kaiji, Clannad, Ghost Hound, Shugo Chara… Oui, il y a quand même eu du lourd, cette année-là.
    • PRIX DU NAVET : il y a bien l’anime de Devil May Cry, joliment réalisé mais sans action (un comble) ainsi que celui de Master of Epic, l’adaptation pas terrible d’un MMO. Mais le prix du navet, je l’attribue à Wellber no Monogatari, une série assez pathétique et bourrée d’incohérences qui aurait pu être sympa, mais qui au moins était assez drôle à suivre.
    • LES SÉRIES QUE J’AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : l’adaptation de Nodame Cantabile, mais je dois être la seule à ne pas avoir aimé le manga… :’)

     

    2008

    • ÉVÉNEMENTS DE L’ANNÉE : Doraemon est officiellement nommé ambassadeur de l’animation japonaise. Je note aussi le retour de Yatterman trente ans plus tard, mais à part cela, rien ne m’aura vraiment marquée en 2008, même au niveau de la production des anime.
    • COUPS DE CŒUR & SURPRISES : outre Mouryou no Hako, l’autre anime que je retiens est Kaiba, qui m’a vraiment touchée et pour lequel j’ai eu un gros coup de cœur. Je n’oublie pas non plus Bounen no Xam’d, le très reposant Natsume Yuujinchou et le post-apocalyptique Casshern Sins. En 2008 j’ai également bien aimé Spice and Wolf, Skip Beat, Clannad After Story, Michiko to Hatchin, Macross Frontier, Itazura na Kiss et Nijuu Mensou no Musume. Quant à la meilleure surprise, c’est sans conteste One Outs, qui est très similaire à Kaiji sauf qu’il s’agit ici d’un anime sur le thème… du base-ball.
    • PRIX DU NAVET : on a eu droit à une (très) mauvaise adaptation du jeu de drague pour filles Neo Angelique, mais pour le navet de l’année je vais dire sans hésiter… Moegaku*5. Même si c’était drôle.
    • LES SÉRIES QUE J’AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : rien pour cette fois, l’honneur est sauf.

     

    2009

    • ÉVÉNEMENTS DE L’ANNÉE : on notera le décès de Fujio Akatsuka, qui avait entre autre créé la série de magical girl Himitsu no Akko-chan, plus connue en France sous le nom de Caroline. C’est également cette année-là que Kyoto Animation nous livre son plus beau troll, avec son fameux arc de la version 2009 de Suzumiya Haruhi no Yuuutsu qui aura fait couler beaucoup d’encre : Endless Eight.
    • COUPS DE CŒUR & SURPRISES : j’ai beaucoup aimé le tragique Tokyo Magnitude 8.0, un anime qui a été aussi l’un de mes gros coups de cœur de 2009. Au niveau des bonnes surprises je pourrais citer Bakemonogatari, mais au final je retiens surtout le très sympathique Kemono no Souja Erin, que l’on doit à l’auteur de Seirei no Moribito. Sans oublier Higashi no Eden (dommage que les films gâchent un peu l’expérience), Full Metal Alchemist Brotherhood, Phantom: Requiem for the Phantom, Guin Saga, Cross Game ainsi que le très inégal Umineko no Naku Koro ni.
    • PRIX DU NAVET : il y a Akikan, cette histoire de canette qui prend l’apparence d’une jeune fille dès qu’on en boit une gorgée, mais ça serait trop facile. Alors dans un tout autre registre, je vais citer Shangri-La, ou comment une série qui a débuté en parlant de réchauffement planétaire et d’économie a fini par dévier vers le clonage et la mythologie japonaise. La série est plutôt bien réalisée et la bande son sympa, mais dommage que le reste ne suive pas, le pire étant la fin avec ses plot twists complètement tirés par les cheveux.
      • LES SÉRIES QUE J’AI HONTE DE NE PAS ENCORE AVOIR REGARDÉES : nada.

    Et la dernière année de la décennie, dans tout cela ? Et bien rendez-vous dans mon bilan des anime de 2010 !

     

    Kirino - Yoshitoshi ABe
    Kirino par Yoshitoshi ABe

    Le mot de la fin

    Ce bilan de la décennie se termine donc, bilan qui fut finalement plutôt long à écrire car j’avais commencé à rédiger tout cela début décembre et que j’ai passé mon temps à souvent le remanier. Dans quelques jours devront suivre les bilans de 2010, d’abord sur les jeux vidéo puis sur les anime. Pour finir, merci aux courageux et courageuses qui auront tout lu jusqu’au bout !

    Sources, références et liens utiles :

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47 Commentaires
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Lux
Lux
10 janvier 2011 18 h 07 min

« Kirino par Yoshitoshi ABe »
What is this I don’t even

NiKi
10 janvier 2011 18 h 15 min

DONC Haruhi n’est pas provocateur du boum des ranobe car il est apparu en plein milieu de celui-ci.

J’anticipe ceux qui savent pas lire un graphique

lpfManiak
lpfManiak
10 janvier 2011 18 h 24 min

encore un article intéressant, plus que la première partie à mon sens. C’est agréable que quelqu’un de calé nous fasse le point.

Tabris
10 janvier 2011 18 h 50 min

J’applaudis d’abord le travail effectué pour collecter toutes ces infos, ça a du être long et chiant :p

Le début de la baisse des contenus originaux semble corrélée au moment de l’explosion de la bulle, ce qui est une réaction compréhensible pour protéger le marché sur le court terme. Cependant, il faut voir maintenant quel va être le déclencheur pour faire repartir ces séries, et ne plus dépendre uniquement des adaptations.

et in before : Drig qui dit que 2006 est le début de la fin.

Ludo
10 janvier 2011 18 h 56 min

merci pour ce bilan très instructif. Chapeau pour le récap par année !

Kyoshi
Kyoshi
10 janvier 2011 19 h 46 min

Très beau bilan, en tout cas. C’est intéressant de voir chaque année passée en revue, et j’ai beaucoup apprécié le graphique sur l’évolution des adaptations/oeuvres originales.

Michiyo
10 janvier 2011 21 h 18 min

Merci pour ces deux bilans, ils étaient vraiment très intéressant. :)

Corti
10 janvier 2011 21 h 20 min

Merci pour ce résumé particulièrement intéressant. Au moins, on aura enfin une base avant de partir dans des débats. Et finalement, y’a quand même masse de trucs matables quoiqu’en pense les anti-moe.

Faust
10 janvier 2011 22 h 04 min

Effectivement, billet très instructif. Le graphique confirme ce que je pensais sur la diminution drastique d’œuvres originales…

brotch
brotch
10 janvier 2011 22 h 48 min

Article passionnant et très dense, que j’archive au côté de son prédecesseur. Je suis persuadé que ce travail statistique et analytique servira en beaucoup d’occasions.

Merci !

FFenril
10 janvier 2011 23 h 35 min

Exelen. Je ferai ce que tu veux. Nomme une bonne série qu’il est honteux que je n’aie toujours et je promets de vite la voir. ALORS S’IL TE PLAIT POUR L’AMOUR DE DIEU ET DE TOUS LES SAINTS, FULL METAL PANIC TE TEND LES BRAAAAAAS ;_____;

Si necessaire, je suis prêt à lancer un nouveau projet comme pour Gundam 0080 !

FFenril
10 janvier 2011 23 h 39 min

Sinon, maintenant que j’ai fini avec le cri du coeur, bel article, plein de trucs que je devrais voir aussi :)

Amrith
Amrith
10 janvier 2011 23 h 47 min

> « Et finalement, y a quand même masse de trucs matables quoiqu’en pense les anti-moe. »

L’écrasante majorité d’entre eux concentrés dans la première moitié de la décennie, c’est-à-dire avant que le moe ne devienne systémique.

neokenji
neokenji
11 janvier 2011 0 h 00 min

Dans la série navet/truc honteux de 2005/2006, la trilogie des films de Zeta Gundam pourrait aussi avoir une très bonne place. Je n’ai pas les chiffres en tête mais il me semble qu’ils avaient plutôt bien fonctionné en terme d’entrée en plus.

Sinon, je rejoins FFenril : mate FMP, c’est un ordre, en priant pour qu’on ait une nouvelle saison :D

Rukawa
11 janvier 2011 0 h 05 min

merci d’avoir cité tenshi na konamaiki, un anime dont le but est d’être drôle mais que les moephile ne materont jamais parce que c’est moche.
Je viens de me rendre compte que j’ai oublié de le citer dans les anime drôles, lors de mon commentaire du 29 décembre 2010 @ 16 h 23 min dans le dernier bilan.
j’ai vraiment honte de moi. sérieusement.

Moegaku est simplement le meilleur anime de 2008 :(

Inuki
11 janvier 2011 0 h 13 min

Déjà bravo pour le travail de recherche. Bel article sur l’évolution de l’animation japonaise depuis 2000 en tout cas.

PS : 2ch critique le moe et Yui est élu meilleur perso de 2010 au Japon >_<.

Rukawa
11 janvier 2011 0 h 13 min

han t’as pas vu Hanada Shounenshi non plus en 2002 ! Honte à toi !
et honte à moi de l’avoir également oublié aussi.
2002 a vraiment été une année où on savait être drôle, yavait les Jungle Guu DX également …

Natth
Natth
11 janvier 2011 0 h 23 min

Excellent bilan pour un article très riche, comme le précédent :)
Sinon, j’ai moi aussi trouvé l’année 2006 très fournie, sans doute plus que les autres années. Je n’ai d’ailleurs pas pu choisir entre .hack//Roots et Bakumatsu K.I. comme titre préféré. En fait, je me rends compte que j’ai raté pas mal de choses avant 2008, mais je devrais trouver le temps pour les regarder maintenant.

Tetho
11 janvier 2011 0 h 37 min

(Last Exil aussi devrait être dans tes priorités)

cyberpenpen
cyberpenpen
11 janvier 2011 0 h 51 min

Tu aurais peut-être dû également faire un graphique montrant le pourcentage occupé par chaque catégorie dans le total des œuvres de chaque année, pour relativiser la quantité de séries évoluant avec le temps : si cela ne change pas grand chose pour les adaptations de romans et de light novel, pour celles de VN/SN/dating sim/eroge et pour les suites, on constate par contre que la courbe des adaptations de manga reste à peu près stable et que celle des séries originales fait une franche dégringolade. Le graphique obtenu donne ceci (en reprenant tes catégories et tes chiffres) : http://i.imgur.com/RWpOR.jpg